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14 avr. 2017

La Septenaigue, tome 3 - Fils de l'Ombre, première partie




" Ma mère connaissait tous les récits contés au coin du feu d’Erin. Assemblés autour de l’âtre, les villageois l’écoutaient en silence après une longue journée de travail et s’émerveillaient des tapisseries qu’elle tissait de ses mots. " Ainsi Liadan, fille cadette de Sorcha des cygnes, entame-t-elle son récit. Une génération a passé au domaine de Septenaigue. Elle a hérité de sa mère le talent de guérisseuse et le don de voir et d’entendre les esprits de la forêt. Il lui incombera d’affronter un destin douloureux pour préserver de la ruine sa famille, son domaine, son enfant à naître et peut-être aussi l’amour interdit qu’elle a découvert en chemin.

2 févr. 2016

La Septenaigue, tome 2 - Soeur des Cygnes, seconde partie

Synopsis :

            Au domaine de Septenaigue, au cœur de la forêt, vivait une fratrie de sept enfants dont Sorcha, la benjamine, était la seule fille. Leur mère était morte, leur père toujours en campagne militaire contre les Britons. Mais un jour il décida de se remarier...
Ainsi commence l'aventure de Sorcha. De l'Irlande aux côtes britanniques, une longue et douloureuse épreuve l'attend pour sauver ses frères d'une cruelle malédiction. Inspirée d'un conte de Grimm, Sœur des cygnes est une fantasy médiévale irlandaise, mais aussi le récit poignant des années de formation d'une jeune fille de caractère.

Mon avis :

            Après l’agréable surprise de la première partie de cette saga (si on oublie quelques petits bémols), il était impensable que je n’enchaîne pas rapidement avec la suite. Et fort heureusement, ma bibliothèque avait la suite !

            Si je parcours rapidement la chronique sur le premier tome, je me rappelle de ma petite difficulté à rentrer dans le gros de l’intrigue. Et c’est avec joie que j’ai pu constater que cet aspect négatif a complètement disparu avec cette seconde partie ! En effet, nous retrouvons d’emblée Sorcha, Red et ses compères dans un univers qui nous est à présent familier, si bien que nous savons à quoi nous attendre.
            Je me souviens également qu’au début de ce tome, l’absence de rappels m’avait positivement marquée. En effet, cela n’entraîne aucune coupure avec l’intrigue. Mais cela implique également d’avoir une bonne mémoire sur l’histoire du tome précédent (même si on ne peut pas dire que ce soit très compliqué de retenir les caractéristiques du peu de personnages).

            Nous retrouvons donc Sorcha et Red au domaine de ce dernier, ou de Lord Hugh puisque tel est son titre. Toujours plongée dans sa quête personnelle, la jeune femme refuse d’émettre le moindre son, au grand dam de l’entourage du noble, déjà accablé qu’il est ramené une sauvageonne dans leur domaine si civilisé et tranquille. Sorcha devra pour ainsi dire lutter pour se faire accepter, ou au minimum respecter.
            Toutefois, il ne faut pas croire que l’intrigue se prête à une platitude sans borne. L’auteur pique sa trame de petits évènements qui vont confondre le réel (un réel très réaliste, mouhahaha) avec le fantasque des légendes irlandaises.
            Ce tome est également l’occasion de sourire, rire, pleurer, donnant l’impression d’avoir une place à part entière aux côtés de Sorcha et Red, suscitant des émotions fortes par le seul biais des maux et des péripéties.
            Quelques rebondissements parsèment également ce tome afin d’en relever son intérêt, c’est vraiment un plaisir de se laisser happer par cette aventure reposante et sauvage, même si l’issue de tout cela reste très prévisible.
            En parlant de l’issue, on peut dire que la fin suscite à elle seule son lot d’émotions contradictoires et rien que pour elle il faut se forcer à tout lire (quoique je dise forcer mais je ne suis pas certaine que ce soit très difficile de se laisser porter sur cette vague poétique). Comme je le précisais précédemment, certains aboutissements sont prévisibles, mais d’autres m’ont profondément surprise et attristée, ne m’attendant pas à une telle force de persévérance de la part de Sorcha tout au long de ces deux premiers tomes pour finalement une telle fin… Je ne regrette pourtant pas cette fin et je suis même plutôt contente de ce retournement de situation.

            Mon seul regret concernant l’intrigue (et le tome en entier, si je ne m’abuse) portera sur l’absence de référence à Lady Oonagh une bonne partie du livre alors qu’elle est tout de même à l’origine de tout… Si je conçois que le flot de rappels gâcherait la lecture, que Sorcha y pense de temps à autres dans ses ruminations ne seraient pas un mal non plus. Mais bon, je cherche la petite bête, je le reconnais !

            Comme j’ai pu l’insinuer précédemment, les personnages ne font pas foule dans ce second tome, l’auteur préférant sûrement la qualité à la quantité.
            Sorcha grandit progressivement, se transformant bien malgré elle en jeune femme. Rattrapée par le temps, elle se dévoue corps et âme à la tâche qui lui fut administrée. La liberté dans l’éducation de son peuple et les expériences suivies en ont fait une femme sauvage et forte, mais les réflexions intérieures la présentent comme une jeune femme apeurée et apporte une nouvelle forme d’émotions, car le lecteur ne peut pas rester indifférent au ressenti de notre jeune héroïne.
            Et puis il y a Red, cet homme si discret qui n’hésite pas venir en aide aux plus démunis, appliquant une justice neutre mais équitable sur son domaine. Son comportement protecteur et les pensées de Sorcha quant à un possible sortilège des Fées laissent planer le doute tout au long du récit, pourtant le dénouement final apporte vraiment une touche touchante à l’ensemble de ces péripéties, d’autant plus quand cela survient en pleine mélancolie.
            Il m’est impossible d’évoquer Red sans passer un petit temps sur son oncle Richard, le puissant seigneur qui orchestre les raids sur la côte sauvage où se situe Septenaigue. Puissant, oui, mais aveuglé par une soif de pouvoir qui le rendra dangereux à multiples reprises pour Sorcha, suscitant son dégoût et sa crainte de rester seule avec lui.
Enfin les frères, bien que très absents une majeure du livre, apparaissent dans ce tome comme des ingrats incapables de récompenser les efforts éprouvants de leur sœur en acceptant son choix. Ils m’ont vraiment fait grimacer, mais je persiste à me dire que beaucoup auraient réagi ainsi, donc cela confère une cohérence réaliste.

            Le style d’écriture n’a fort heureusement pas évolué. Il possède toujours ce mariage étonnant de langueur et de vivacité que prêtent parfois les plumes composant les légendes d’antan. On se laisse porte sur le style onirique de Juliet Marillier, et l’approche de la fin m’a laissée comme un pincement au cœur, car je savais qu’arriver le moment où je devrais refermer le livre…

            Il est impensable que je termine cette chronique sans m’arrêter sur la sublime couverture. Avec ses tons chaleureux et les personnages représentés, j’ai passé plusieurs minutes les yeux rivés sur cette couverture avant d’entamer ma lecture. D’ailleurs, je trouve que les deux se partagent une certaine connivence, ce pourquoi je trouve que les éditions de L’Atalante ont fortement bien choisi !

            Finalement, cette chronique est plus courte que la précédente parce que les défauts se sont effacés pour ne laisse place qu’à l’envoûtement des mots.


            En conclusion, envolés les défauts de la première partie, ce second tome gagne en assurance et en émotions, grâce à des personnages plus vrais que nature et à une intrigue aux multiples rebondissements. La plume onirique de l’auteure porte le texte à merveille, et c’est vraiment un plaisir de se perdre sur les bords des côtes des Britons. Un indéniable coup de cœur pour chef d’œuvre !






Les autres titres de la saga :
2. Soeur de cygnes, deuxième partie
4. Fils de l'ombre, deuxième partie
5. Enfant de la prophétie, première partie
6. Enfant de la prophétie, deuxième partie
- Saga terminée -

5 janv. 2016

La Septenaigue, tome 1 - Soeur des Cygnes, première partie


Synopsis :


            Au domaine de Septenaigue, au cœur de la forêt, vivait une fratrie de sept enfants dont Sorcha, la benjamine, était la seule fille. Leur mère était morte, leur père toujours en campagne militaire contre les Britons. Mais un jour il décida de se remarier...
Ainsi commence l'aventure de Sorcha. De l'Irlande aux côtes britanniques, une longue et douloureuse épreuve l'attend pour sauver ses frères d'une cruelle malédiction. Inspirée d'un conte de Grimm, Sœur des cygnes est une fantasy médiévale irlandaise, mais aussi le récit poignant des années de formation d'une jeune fille de caractère.

Mon avis :

            C’est par un pur hasard que ce livre a atterri entre mes mains. Croisé au détour d’une errance parmi les étagères de ma bibliothèque municipale, je fus paradoxalement intriguée par le résumé qui filtre très peu de détails. De plus, j’ai trouvé la première de couverture sublime si bien que cela me suffit à l’emprunter.

            Le début m’a paru difficile à appréhender. Nous sommes directement propulsée au cœur de la famille centrale de l’œuvre, avec pour personnage principal Sorcha, jeune fille entrant dans l’adolescence. Or, la narration de l’œuvre et la manière de l’auteure à évoquer des événements ayant lieu sur plusieurs années d’intervalle sur un nombre restreint de pages m’a quelque peu embrouillée les esprits.
            De plus, l’histoire, la véritable intrigue de ce récit, est vraiment longue à démarrer. Si l’auteure prend le temps d’évoquer chacun des personnages afin que le lecteur soit plus à même de se familiariser à eux, voire de s’attacher à eux, ce choix narratif possède une incidence directe sur l’intrigue puisque celle-ci ne démarre réellement que vers le milieu du volume. Personnellement, cela ne m’a pas tant dérangée que cela, je trouve que cela change des récits où tout s’enchaîne trop rapidement (non, non, je ne fais pas du tout référence aux Gardiens de l’océan d’Irène Salvador, dernière déception en la matière), d’autant plus qu’il prodigue l’impression d’une fantasy légère et posée, mais je sais que cet aspect lent peut en rebuter plus d’un, surtout quand on n’est pas habitué à ce genre du roman.
            Il faut pourtant savoir qu’une fois l’intrigue lancée, il est difficile de résister aux aventures que Sorcha doit subir. Certes, les épreuves subies paraissent bien courantes dans ce genre de livres, tout est assez prévisible. Seulement, l’auteure exprime cela dans un lexique et avec une plume tels que le lecteur ne peut que se laisser bercer par l’ensemble de l’œuvre. Et puis les épreuves, quoique familières, n’en restent pas moins cruelles, si bien que nous ne pouvons rester dénués de tout sentiment à l’égard de la pauvre fille.
           
Ce récit est également empreint d’un profond réalisme. Malgré le caractère fantastique de la présence de fées ou de mythes celtiques, ces détails forment une touche secrète, comme fondus dans le décor. Ainsi, ceux qui ne sont pas familiers de ce genre, ou qui n’aiment pas trop se pencher dans les genres de l’Imaginaire, peuvent très bien apprécier une telle intrigue.
La fin est assez brutale, elle se termine en une sorte de chute, de façon à imposer la lecture du second tome pour en apprendre davantage sur ce que va subir Sorcha aux côtés des compagnons auprès desquels elle a échoué. Enfin, je tourne ma phrase comme si c’était péjoratif, mais je suis sincèrement conquise par la tournure des événements et ai vraiment envie de découvrir la suite sans attendre !

Je ne saurai trop conseiller aux amoureux des échanges verbaux de passer leur chemin. En effet, les dialogues n’ont pas leur place dans ce récit très discret et descriptif, psychologique, comme si l’auteure souhaitait économiser toute parole superflue. Le texte se construit ainsi en des paragraphes structurés en gros bloc, avec très peu d’espaces, si bien qu’il ne faut vraiment pas craindre une lecture lente, quoique plaisante.
De plus, je fus également rebutée quant au choix de Juliet Marillier d’imposer une vision interne de l’intrigue. En effet, le récit se voit et se vit au travers de Sorcha, et je trouve que cela limite le ressenti des sentiments à un unique personnage, alors que les différents points de vue auraient pu rendre compte de la cruauté de telle ou telle situation avec plus de puissance. Un petit détail qui ne gêne en rien la lecture, mais cela a valu d’échapper au trône du coup de cœur.

Les personnages sont peu nombreux pour un livre de cette trempe car l’atention reste centrée sur la famille de Sorcha, soit ses cinq frères aînés, son père et sa nouvelle épouse.
Sorcha est une jeune fille qui en impose par son caractère. Loin d’être timide et introvertie malgré le comportement dédaigneux de son Père à son égard, Sorcha a su développer une maturité et un altruisme époustouflant pour son jeune âge. Si on a du mal à voir à quelles fins seront utiles ses potentiels, les multiples épreuves qu’elle traversera renforceront son courage et la force de sa volonté. Si la manière de l’évoquer peut donner une impression de frigidité, la jeune fille n’en reste pas moins attachante et le lecteur vit ses difficultés au même titre que le personnage.
Les frères sont un peu plus discrets. Que ce soit Liam, Cormack, Conor, Diarmid et Finbar, aucun ne prend réellement le pas sur les autres dans l’intrigue, excepté le dernier en raison de son jumelage avec Sorcha. En effet, ces deux-là sont jumeaux et ont donc développé entre eux un lien télépathique fort, ancrant ainsi le récit dans une petite touche de fantastique bienvenue. Si les quatre autres possèdent également ce don, ce dernier reste plus discret que chez Finbar, rendant celui-ci particulièrement intéressant.
Leur Père est tout autant discret mais ses maigres apparitions le décrivent comme un homme autoritaire, ancré dans les traditions de la tribu. Il faut défendre les terres et combattre les Britons pour agrandir le territoire, voilà le but de sa vie et la destinée de sa progéniture. De quoi le rendre repoussant en faisant de lui un anti-héros plus que flagrant. Cela permet également de comprendra que le mal viendra de lui, même si c’est indirectement puisque ce sera par le biais du mariage que les problèmes arriveront. Et cela ne manquera pas, puisque Lady Oonagh se révèle être une sorcière à la soif de pouvoir. Mais comment se venger de la terrible malédiction qu’elle lancera et l’éliminer ? C’est ce que Sorcha et ses cygnes devront apprendre…

La plume de Juliet Marillier est extrêmement poétique. Je ne sais pas vraiment comment l’évoquer sans dénaturer la force de sa plume… Elle sait donner l’impression que son texte s’ancre dans une certaine langueur tout en le rendant vivant. Je crois que le plus marquant dans un livre semblable, c’est qu’il fourmille de plusieurs mythes celtes évoques par Sorcha, mais il forme à lui tout seul une sorte de mythe, une légende qu’on apprécie pour son réalisme et sa dureté justement réaliste.


            En conclusion, si j’ai ressenti une petite difficulté à m’immiscer dans cette intrigue longue à venir, la suite de l’œuvre m’a confortée dans ma persévérance et je fus vraiment conquise par ces personnages attachants et cette légende qui prend forme sous nos yeux. La plume de l’auteure a également remporté un grand succès, ce fut une lecture reposante et ressourçante.




Les autres titres de la saga :
1. Soeur de cygnes, première partie
4. Fils de l'ombre, deuxième partie
5. Enfant de la prophétie, première partie
6. Enfant de la prophétie, deuxième partie
- Saga terminée -