24 déc. 2016

Zalim, tome 1



         
  Un royaume d’un autre monde, ressemblant fort à notre Norvège, est en proie à la guerre. Il invoque un démon pour l’aider à gagner, qui choisit alors un hôte humain inconnu. Cet hôte oublie son identité humaine à chaque fois que le démon se réveille et le possède, et n’a plus conscience de ses actes.
Qui est l’hôte ? Dans quel camp est-il ? Va-t-il réussir à prendre le dessus sur le démon pour le maîtriser ?


            

      Je tiens tout d’abord à remercier la Team Livraddict et les éditions Scrinéo pour ce partenariat. Cette maison d’édition fait aujourd’hui de mes chouchous et j’admets avoir bondi de joie lorsque j’ai vu ma sélection. Donc vraiment, merci !

       Le prologue fut un préambule délicieux. Simple et concis, il en divulgue suffisamment pour donner envie de se jeter sur le livre sans trop en dire non plus, que nous puissions découvrir petit à petit les secrets de cette nouvelle intrigue.
       Comme l’informe la quatrième de couverture, ce premier tome nous rapporte le conflit perpétuel entre deux pays voisins : Arensdaal et Rakeshin, le premier l’emportant toujours sur le deuxième. Pourtant, une fois n’est pas coutume, le second prend cette fois-ci la main, s’adaptant à la stratégie des armées d’Arensdaal, et ces dernières se voient confrontées à des reculs de plus en plus fréquents. Faisant fi des ordres de son souverain, le Premier ministre Ederinn Maley endosse la décision de réveiller le Monstre, dans l’espoir de sauver son royaume auquel il se voue corps et âme d’une invasion de plus en plus poussée. Suppliant la créature d’intégrer son corps, le démon Zalim aura un but tout autre. Et une toute autre victime.
       En parallèle, nous assistons aux scènes de carnage dudit monstre dans les deux troupes ennemies. Il ne subsiste parmi les survivants que terreur et tremblement, réaction suffisante pour indiquer le poids de l’horreur que son ombre apporte, d’autant plus qu’il ne différencie guère l’appartenance à tel ou tel pays de ses victimes. Toutefois, les scènes de carnage ne sont pas à proprement parler décrites, si bien qu’elle ne choquera pas un jeune enfant, ce qui est très bien.
       Dans l’ensemble voilà le topo sur l’intrigue en elle-même, décrite très objectivement.
      
       De façon plus personnelle, j’ai vécu une impression de facilité tout au long de ma lecture. Sans perdre de vue que ce premier opus se destine à un jeune public, je fus déçue de n’être surprise par aucune révélation ou retournement de situation. Tout venait au moment opportun, permettant une lecture fluide bienvenue, pourtant j’ai regretté ce trop plein de facilités et ne rêvait que d’une chose, que le récit se complexifie par bien des manières !
       De plus, les deux tiers du livre se déroulent de manière assez légère et lente, quand les cinquante dernières pages accélèrent le rythme d’une façon quasi excessive. Ca m’a laissé l’impression que l’auteure souhaitait en mettre plein la vue avant la fin de manière à donner l’envie de lire la suite. Je reconnais que ça fonctionne, mais j’aurai souhaité un peu plus de discrétion.

       Les relations font également étalage de facilités déconcertantes. Entre un roi détesté de tous par sa couardise et des princesses aimées de tous pour leur hardiesse et leur gentillesse, ce premier volume a multiplié les clichés du genre, raison pour laquelle je ne le conseille qu’à un public jeune.
Nous découvrons donc deux princesses avec Elyana et Kaia, la deuxième ayant été adoptée par la reine Ellinor, deux personnalités prises entre leur rang social et leurs envies d’intervenir dans le conflit. Si elles sont très proches dans leur relation, leur physique les oppose totalement, ce qui fait là encore très stéréotypé. Elyana est une jeune femme de dix-sept à l’aspect fragile. Elle aurait traversé une grande période précaire liée à de multiples maladies, pourtant c’est bel et bien une jeune femme forte qui est ressortie de toutes ces épreuves. A l’instar, Kaia est une jeune femme qui s’est renforcée par l’absence d’amour qu’elle a subi du fait du rejet du roi Yalmar, qui était contre l’adoption de cette jeune fille à la peau noire.
Le roi Yalmar, puisqu’on en parle, est pathétique et faible. Pas fait pour régner, il a accédé au trône par le mariage. Or, depuis la disparition de sa bien-aimée Ellinor, il n’a fait que se ramollir et rejeter ses charges royales en se cachant dans les replis de sa graisse. Quand on réfléchit, son Premier ministre est davantage prédisposé à régner. Par sa force de caractère et son esprit de stratège, il a toutes les qualités pour subvenir au besoin et à la sécurité du royaume. Mais comme dans toute Fantasy jeunesse qui se respecte, les rôles et caractère sont invertis.
A côté de cela, les personnages foisonnent, ce qui est un bon point positif. Carina Rozenfeld ne se cantonne pas à présenter les personnages du camp que l’on soutient mais également ceux de l’armée ennemie, comme le général Egil ou encore le soldat Aksel. Ou même Jad, ce grand baraqué qui ne rêve que de rentrer chez lui.

Sur les relations de couple, je dois dire que les surprises hantent la prévisibilité. Tout d’abord, je suis déçue par certains coups de foudre qui n’ont rien  à faire là. En revanche, la relation entre Kaia et un tiers fut une véritable bouffée d’air et je fus profondément heureuse que ce lien intervienne dans le récit. C’est une chose moins courante et même s’il n’est pas permis d’en dire plus, ça a contribué à relever la note finale !

La plume est quant à elle enchanteresse. Sans aller jusqu’à la qualifier de sublime, elle offre un potentiel agréable et permet une lecture fluide et tranquille, distillant du plaisir dés qu’on pense à ouvrir le livre. Toute en douceur et en poésie, elle fait passer un excellent moment. Et j’aime ça !

       En conclusion, un premier tome en deux teintes. Certaines facilités, dans l’intrigue ou les relations, ont gâché cette découverte quand quelques petites surprises et la plume contribuent à relever le niveau. Dans l’ensemble, j’ai passé un bon moment et je le recommande aux jeunes lecteurs férus de Fantasy. De mon côté, j’essaierai de lire la suite, même si je n’en fais pas une priorité.


14/20




Les autres titres de la saga :
1. Zalim
- saga en cours -


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