Les AnimauxVilles, gigantesque cités biologiques et conscientes, capables de défi er les lois de l’espace-temps, ont permis à l’humanité de coloniser l’espace. Mais celle-ci s’est divisée en quatre rameaux, et entre ces factions que trop de choses séparent, la guerre menace d’éclater. Face à ce danger, un AnimalVille tente de tracer une autre voie et invite les rameaux à assister ensemble à un spectacle unique : la mort par supernova d’une étoile binaire. Leurs représentants seront-ils à la hauteur de cet événement cosmique ? Et quelles seront les conséquences de ces retrouvailles ?
Pourquoi ce livre ? Cela fait des années qu'il traîne dans ma PAL numérique. Je m'étais décidée à l’acheter lors de sa sortie aux éditions Mnémos, dans un écrin que je trouve magnifique, en m'imaginant que cela accélérerait le processus. Que nenny. Le livre a encore traîné. Il a présent lu… et va probablement quitter mes étagères.
Je n’ai pas accroché à Étoiles mourantes. Du tout. Et le problème, c’est que je suis bien en peine d'expliquer les raisons.
Le format de l'ouvrage est assez hybride. D’abord fix-up, il devient ensuite véritable roman, une fois que les personnages se rassemblent pour l’intrigue commune, le point de départ de tous les points de vue.
Dans tout ça, découvrir les personnages dans leur environnement propre, avec des communautés variées et une mise en contexte unique, est un excellent choix pour se familiariser à leur personnalité et à ce qui conduit à leurs décisions. Pour autant, ce choix amène aussi une certaine paresse. Étant donné que je m'étais attendue à ce que ce soit un fix-up tout du long, je ne me suis pas entièrement investie si bien qu’une fois dans l’intrigue principale liée à la fameuse mort des étoiles, je ne me sentais pas totalement concernée par ce que je lisais.
Ce one shot est également un roman que je classifierais dans le genre de la hard-SF. Parfois nous avons un sujet très populaire dans le sens social du terme, avec des idées, une variété d’humanoïdes et une inclusivité que je rapprocherai à ce que peut produire Becky Chambers, un soupçon de modernité en sus pour cette dernière. C’est-à-dire que parfois c’est très simple à lire et c’est alors plus facile de se sentir concernée par l’intrigue et de s'attacher aux personnages. À l’inverse c'est parfois barbant avec des dialogues dont le sens m’echappait totalement et un enchaînement de rencontres et de péripéties qui ne m’atteignaient tout simplement pas. C’est comme si les mots ne s'imprègnaient pas dans mon esprit. C'est très désagréable de lire plus de la moitié de l'ouvrage en essayant le sentiment que la portée globale du texte nous échappe complètement.
Et pourtant, dans tout ceci, j’ai beaucoup aimé l'épilogue. Je suis incapable de dire comment nous sommes parvenus à une telle fin, à une telle tournure des évènements, cependant j'apprécie le ton qui formule ici l’espoir et la mixité.
Comme j’ai pu l’insinuer auparavant, je ne me suis pas attachée aux personnages. Le format fix-up a permis de présenter un tableau assez approfondi de chacun d’eux. Toutefois le côté rébarbatif de découvrir quatre protagonistes plus tous les personnages secondaires gravitant autour d'eux a fini par faire en sorte que je les confonde malheureusement tous, allant jusqu'à oublier les compétences et origines de chacun - hormis Tacamac et Erythrée, chacun m’ayant particulièrement marquée dans leur récit respectif. Je ne peux même pas me cacher derrière l’excuse de la fatigue car j'étais en parfaite forme lors de la lecture de ce roman…
Le truc d'écrire un récit à quatre mains, c'est qu’on se demande quelle est la part de l’un et celle de l'autre. Dans la première partie où les récits de chacun se succèdent, j'étais à même de dire qui a écrit quoi, connaissant bien le style d’Ayerdhal - un de mes auteurs francophones préférés, pour rappel. Pour autant c’est plus édulcoré dans la seconde moitié et je me demandais comment l’art de chacun a pu prendre sa place.
Quoi qu’il en soit, c’est un style à la fois soutenu et exigeant, que je ne considère pas à la portée du premier venu. Je considère avoir un bon niveau, ayant fait des études de lettres, ce ne fut pourtant pas évident à comprendre et à suivre. Cela dit, la ou les plumes restent agréables.
Cela faisait longtemps que ça ne m'était pas arrivée, je suis obligée de reconnaître que je suis déçue, et que je suis déçue d'être déçue. C’est un récit trop exigeant s’inscrivant dans la hard-SF, avec de multiples personnages aux origines, à l’environnement et à la socialisation variés. Les deux auteurs sont des précurseurs sur pas mal de points avec cet ouvrage, cependant je ressors insensible devant le poids de leurs idées.
10/20
Étoiles mourantes d'Ayerdhal & Jean-Claude Dunyach, Mnémos, p.
Couverture par Scott Uminga





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