27 oct. 2016

Juste la fin du monde





           Le fils retourne dans sa famille pour l'informer de sa mort prochaine.
Ce sont les retrouvailles avec le cercle familial où l'on se dit l'amour que l'on se porte à travers les éternelles querelles.






         Lu dans le cadre de mes cours, cette pièce de théâtre contemporaine fut à l’origine du dernier film du même titre de Xavier Dolan. Ne l’ayant pas (encore) vu, je ne pourrais faire une comparaison entre l’œuvre littéraire et son adaptation cinématographique…

       La caractéristique principale de la pièce concerne bien entendu le non-dit. Dés le prologue, le lecteur apprend la mort annoncée du personnage Louis qui s’en retourne chez les siens pour l’apprendre à sa famille.
Le théâtre de Lagarce concerne aussi l’absence de communication, l’incommunicabilité de la société pourtant si petite. Il subsiste un aspect dérangeant dans la lecture de cette pièce qui fait qu’on va jusqu’au bout pour savoir si le dialogue finira par passer. Passera-t-il ? A vous de le lire pour le savoir…
Le théâtre de Lagarce est le théâtre de la sinuosité, de la déstructuration des normes. Aucune didascalie, des phrases formées de proposition revenant toujours à la ligne, ça aussi a le don de gêner la lecture, octroyant cette impression que ça n’en finira jamais. Les personnages pensent quand ils parlent, corrigent par eux-mêmes une faute de français, discutent et discutent sans jamais écouter Louis, qui restera finalement le seul à si peu parler.

Louis. Le personnage discret de la famille. Hormis les indications en début de pièce, difficile de le connaître, de l’étiqueter.
Sa mère, bourgeoise qui vieillit et qui perd toute notion du temps, à tel point qu’on pourrait dire qu’elle a vécu dans un autre monde.
Antoine, le frère cadet, râleur devant l’éternel, des crises qui cachent mal une âme souffrante.
Et Susanne, celle qui rêvasse d’une situation meilleure où Louis ne repartirait plus.
Le plus dérangeant dans cette histoire domine dans la représentation de la réalité. On retrouve les caractéristiques d’une famille commune, la nôtre. C’est dur à lire, mais la visée du dramaturge est également difficile à percevoir.

Le style est lui complexe. Les mots sont simples, mais la construction des phrases et de la pensée plongent l’ensemble dans une perplexité totale.

     En conclusion, si la pièce se lit vite, il faut savoir prendre du recul pour ne serait-ce que tenter de comprendre la visée du dramaturge. Si ça peut-être intéressant à étudier, je vois mal lire et découvrir ce genre de pièces par moi-même dans le cadre d’une lecture loisir. Ce fut une expérience enrichissante mais j’espère qu’elle restera unique !


13/20

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