1 oct. 2016

L'Ecole des Mères suivi de la Mère Confidente





           Pour vaincre le mal, faites-vous plus méchant que lui. L'homme est un loup pour la femme. Derrière le sentiment cherchez l'intérêt, derrière les mots le calcul.
A moins qu'aux ambitions parentales et aux sombres raisons d'argent l'ingénuité, les tendres rêveries du coeur, l'aspiration à un monde plus doux et plus confiant ne fassent entendre raison. 


Telle est la trajectoire parcourue par le théâtre des Lumières et dont Marivaux touche ici les deux extrêmes : la comique noirceur d'une société où, une fois les masques tombés, la morale est mise en de cruels embarras ; le mirage exquis de la vertu, du rire et du sentiment réconciliés.






         Sachez d’abord que ce livre contenant trois pièces de Marivaux : La Fausse Suivante, L’Ecole des Femmes et la Mère confidente. Je n’ai lu que les deux dernières, puis c’était une lecture pour les études et que j’ai suffisamment d’œuvres à lire pour ne pas m’en rajouter davantage !   
       De plus, je vais en faire une analyse assez succincte, ne m’en voulez pas !

       Que ce soit l’une ou l’autre des pièces, l’intrigue amoureuse est au centre de l’attention. Entre grivoiserie et rencontres en secret, les scènes cocasses se multiplient et rendent le théâtre de Marivaux des plus amusants. Cependant le sujet proche des deux pièces finit par lasser. Nous retrouvons dans les deux les mêmes personnages féminises, Angélique l’amoureuse, Lisette sa bonne et Madame Argante sa mère avec, en revanche, des hommes différents. Ce qui veut dire que nous voyons deux fois la même histoire, où Angélique tombe « éperdument » (comment cela peut-il être éperdu alors que ça lui arrive deux fois ?) amoureuse d’un jeune garçon lui aussi épris d’elle. Que ce soit de raisons familiales ou rentières, l’idylle est impossible et les comploteurs doivent redoubler d’imagination pour se voir et obtenir la personne de leurs désirs.

       Vous l’aurez compris, je fus assez déçue voire totalement perplexe de voir Angélique se prêtait à de multiples idylles. Si retrouver plusieurs fois les mêmes personnages permettait de retomber dans un environnement familier, je trouvais que cela enlevait du « cash » à l’ensemble et c’était bien dommage…

       Au sujet des personnages, j’ai peu de choses à ajouter de plus. Angélique représente l’archétype de la petite fille modèle pourrie gâtée tenue loin de la société pour préserver ma vertu. Madame Argante, sans être une mère tyrannique, emprisonne sa fille dans un cocon maternel pour que sa fille ne se laisse pas aller aux vices. Quant à la bonne, elle joue parfaitement son rôle, celui de l’entremetteuse. Que de classique donc, des choses dont nous avons l’habitude à cette époque au théâtre.

       En ce qui concerne la plume, elle est légère et facile à lire pour un auteur de cette époque, c’est donc parfaitement adapté à un public qui n’aurait pas l’habitude de telles lectures.

       En conclusion, ce recueil pourrait être excellent s’il ne présentait pas toujours la même histoire vue sous différents angles. Au moins ne me suis-je pas ennuyée…


14/20

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