27 oct. 2016

Les Regrets





           En 1553, le poète originaire d’Anjou se rend à Rome afin d’assister son oncle, le puissant cardinal Jean Du Bellay. Vivre entre les ruines du passé et les splendeurs du présent, c’est la promesse d’un rêve éveillé pour notre auteur nourri d’Antiquité et de civilisation italienne. Pour l’humaniste qu’il est, c’est aussi se retrouver aux sources d’une culture qui rayonne sur toute l’Europe. Pourtant, l’« étrange » séjour romain s’apparente bientôt à une descente aux Enfers et ouvre la voie aux Regrets. Alternant l’élégie, la satire et l’éloge, Du Bellay y chante sa douleur et ses ennuis. Peut-être pour mieux donner à voir son habileté poétique…






         Lu dans le cadre de mes cours, je fus agréablement surprise par cette lecture, bien que ce ne soit pas non plus une révélation.
      
       Les Regrets retracent succinctement la vie du poète Si on peut s’attendre à un flot de dégoulinant quant aux regrets de ce dernier, Du Bellay ne s’attarde pas seulement là-dessus. Il prend le temps d’évoquer des événements heureux mais également d’énumérer ses connaissances et amis renommés dans la société d’époque. De même, la fin est dédiée à l’éloge d’un personnage illustre de la royauté si bien que les genres s’entremêlent dans ce recueil.

       L’ensemble se compose de 191 sonnets (forme deux quatrains et deux tercets) avec une plume particulièrement élégante (comme toujours à cette époque-là vous direz) et accessible, ce qui m’a grandement étonné. Pour avoir lu un texte de Clément Marot, de la génération précédent celle de Du Bellay, la comparaison est sans équivoque !

       Entre comparaisons et interventions des grandes figures de la mythologie gréco-romaine et l’expression du ressenti de l’auteur, ce recueil s’inscrit forcément dans la pensée de la Pléiade, mouvement créé par Du Bellay et Ronsard pour ne citer que ces deux là.
       Dans l’ensemble, je ne le recommande pas à tout novice dans la poésie car il aurait tout du recueil aux enjeux complexes.

       En conclusion, cette poésie s’est révélée être une surprise agréable par sa facilité de compréhension et le parcours du poète retracé. Ce ne sera pas une lecture au souvenir impérissable, mais je saurai à l’avenir que ce poète n’a pas une plume aussi sèche et complexe que d’autres auteurs de la même époque.


13/20

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