30 nov. 2017

Les Bannis et les Proscrits, tome 1 - Le Feu de la Sor'cière



              Par une nuit fatale, dans le merveilleux pays d'Alasea frappé par une malédiction, trois mages firent un ultime acte de résistance, sacrifiant tout dans l'espoir de préserver le bien. Cinq cents ans plus tard, au jour anniversaire de cette nuit sinistre, une petite fille hérite d'un pouvoir perdu depuis longtemps. Mais avant qu'elle puisse comprendre son terrible don, le Seigneur Noir lance ses monstres ailés pour la capturer et lui rapporter la magie embryonnaire qu'elle détient. Fuyant les hordes des ténèbres. Elena est précipitée vers une issue terrible... et vers la compagnie d'alliés inattendus. Formant avec eux une bande de parias et de hors-la-loi, elle va tenter de combattre les forces implacables du mal et de secourir un empire autrefois glorieux...


     Pourquoi ce livre ? On m’a proposé de sortir le livre de ma PAL sur le topic du challenge Lire ensemble et, sachant qu’il s’empoussiérait sur ma liseuse depuis des lustres, je n’ai pas résisté à la tentation de l’en sortir.

       Je dois dire que je ne suis pas déçue par ce premier tome, qui remplit parfaitement son rôle introductif sans omettre de glisser quelques péripéties et rebondissements permettant de mettre l’eau à la bouche tout le long de l’œuvre.
       Avant tout je souhaiterai m’arrêter sur l’introduction de ce premier tome. Je trouve que présenter l’intrigue telle une histoire déroulée par un conteur, mais à l’écrit, fut un excellent choix. Ce dernier devient personnage à part entière, et incarne sans aucun doute la figure de l’auteur mais je trouve que c’est parfait pour immerger le lecteur dans l’histoire.
       Celle-ci est nettement plus banale. Après un prologue où la magie occupe les devants de la scène, Elena, jeune paysanne au physique de garçon, se retrouve encombrée d’un étrange pouvoir qu’elle ne maîtrise pas. Sa maladresse et son inexpérience attirent l’intérêt du Mal à l’état pur et la conduire à perdre un à un les membres de sa famille. Déracinée, perdue, la jeune femme va se débattre dans ses démons pour s’extirper de ces derniers. Son but ? Contrôler le feu destructeur de son pouvoir et venger les membres de sa famille. Mais avant cela, il faudra franchir les nombreux obstacles qui jonchent sa route.
       Ce tome recèle beaucoup d’actions et de rythme, une fois la mise en contexte effectuée. Si cela donne du souffle dans la première moitié de l’intrigue, je dois dire que cela commence à devenir redondant dans les dix derniers pour cents où l’action ne se renouvelle pas suffisamment. Elle déborde trop d’énergie, y’a de la bonne volonté mais cela conduit également à donner l’impression d’un gros brouillon mal fini, que l’auteur ne savait pas trop comment épiloguer alors il a voulu se lâcher. J’ai trouvé cela un peu dommage, d’autant plus que les dernières pages contrastent par leur grand calme et l’inactivité des personnages. Ceci dit, les tous derniers mots du fameux conteur sont plus que prometteurs pour la suite, et je dois dire que je suis curieuse de découvrir ce que cette grande compagnie hétéroclite nous réserve.

       Un dernier point qui m’a légèrement déçu : l’absence totale de description. D’accord, l’auteur se concentre sur les personnages, les actions, qui ils sont, leur place dans la société. Cela apporte une bonne vision de l’univers dans lequel on évolue, ce qui n’est pas mauvais en soi. Néanmoins il est difficile de visualiser les paysages traversés par les différents groupes car on ne nous donne aucun détail à se mettre sous la dent. De plus, cela aurait apporté des nuances à l’univers, l’approfondissant par la richesse de la description – d’autant plus que la plume se prête plutôt bien à cela.

       Les personnages sont nombreux et variés, permettant d’offrir plusieurs strates d’attachements ou de rejets. Elena appartient à la classe des personnages qui m’agacent. Inconstante et incohérente, elle apparaît comme fragile et désespérée à certains moments et forte, déterminés à d’autres. Quelques explications tentent de justifier ces changements d’humeur sur la fin de l’œuvre mais je ne suis pas tellement convaincue par cette facilité : pour moi, c’est une fillette aux portes de l’adolescence, pas suffisamment mature pour affronter ce qu’elle endure et cela se ressent dans son comportement, ses choix, etc. Je dois dire que je ne comprends pas comment ses compagnons, notamment Er’ril, n’ont pas pensé à coller quelques tartes bien senties.
       Er’ril, justement, est un personnage torturé comme je les aime. Bien loin d’incarner les meneurs de groupe sans peur, celui-ci affronte ses démons depuis plusieurs centaines d’années et cela se ressent dans ses décisions. Il ne sait plus qui croire, quoi penser de tout cela, il remet en cause tout ce en quoi il a cru, bref il connaît une évolution mesurée mais cohérente, et son sort comptait beaucoup à mes yeux.
       J’ai beaucoup aimé la race des si’lura. Plus connus sous le nom des métamorphes, on est amené à suivre deux des membres de cette race, des jumeaux maudits par la témérité de l’un : le loup Fardale et l’humain Mogween. La malédiction repose sur la faute du dernier. En tant que jumeaux, ils étaient condamnés à se transformer lorsque l’autre effectuait la métamorphose, ce qui n’était pas du goût de Mogween. Trouvant un moyen de briser ce carcan, il l’a opéré et les deux membres sont à présent coincés sous leur forme actuelle. Là encore, entre l’attachement opérée envers le loup et la complexité des remords de Mogween, prêt à tout pour réparer sa bévue, il y a de quoi faire.
       L’œuvre est riche d’autres personnages, à savoir Nee’lahn, Méric, Kral, Tol’chuk. Nymphes, elfes, montagnards, ogres, autant de diversités permettant les conflits, les rebondissements. Chacune des races proposent une civilisation différentes avec sa propre culture, ses propres croyances, le tout étoffé. Vraiment appréciable.
       En ce qui concerne les forces obscures, j’ai grandement apprécié la figure du vieillard (je ne peux révéler le nom sans spoiler). Ce fut une révélation tombée plus que tôt que prévu, mais cette surprise fut agréable et l’explication apportée claire et acceptable. Enfin, cela entraîne une évidence dont je me serai bien passée en milieu de tomes, le genre de détails que j’aime découvrir en fin de saga (ou tout du moins pas avant le deuxième ou troisième tome), or là je devine aisément ce qu’on apprendra par la suite et je suis déçue de ne pas avoir cette surprise plus loin. Hormis cela, les personnages sont méchants sans tomber dans le stéréotype du genre, c’est plutôt agréable.

       La plume est agréable à lire, elle a cette légèreté qui permet d’avaler une grande quantité de pages sans qu’on ressente un quelconque ennui ou désintérêt à un moment donné. Pour un roman qui compte plus de 550 pages, j’ai trouvé que c’était un bon point positif.



     Ce fut une bonne découverte pour un premier tome, avec un gros point positif sur la mise en scène du texte en lui-même. Le récit est convenu pour de la Fantasy et l’action tourne en rond sur la fin, pourtant on se prend de sympathie pour la plupart des personnages – héroïne mise à part. La fin donne particulièrement envie de se pencher sur la suite. Je continuerai avec plaisir cette saga.


15/20




Les autres titres de la saga :
1. Le Feu de la Sor'cière
2. Les Foudres de la Sor'cière
3. La Guerre de la Sor'cière
4. Le Portail de la Sor'cière
5. L'Etoile de la Sor'cière
- saga terminée -



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