D'un hiver sans fin naît l'espoir d'un printemps radieux
L'Or Ailé, de la cité immortelle, est descendu des cieux.
Seigneur ou roturier, lequel deviendra son suivant ?
Serviteur, conseiller, dévoué ou confident
Dans le labyrinthe d'Œtrange, il devra le guider
Du royaume de Ronces, aux Brumes emplies de danger.
De l'hiver au printemps, de l'obscurité à la lumière
Percerez-vous les secrets de L'Or Ailé venu sur Terre ?
Pourquoi ce livre ? J’ai découvert Vincent Tassy par hasard. Surtout happée par la couverture, j’ai commencé à découvrir l’auteur par Apostasie, un récit gothique qui revisite le mythe du vampire. Puis j’ai lu une de ses co-productions avec Morgane Caussarieu, Entrevue choc avec un vampire, dans le cadre d’un partenariat avec l’éditeur. Et, pour que la boucle soit bouclée, c’est par hasard que Diamants a atterri dans ma PAL puisque je l’ai reçu dans une box littéraire – et j’ai bondi de joie en le réceptionnant car j’avais terminé Apostasie quelques mois seulement auparavant !
Il m’aura malgré tout fallu attendre quatre ans pour le sortir de ma PAL. Le rythme de lecture peinant à se maintenir et m’étant fixée l’objectif d’avancer voire terminer au maximum mes sagas en cours, tous mes one shots ont été mis de côté. Ce mois de mai a donc vu un miracle se produire !
Diamants parle justement d’un premier miracle, celui de l’arrivée d’un ange sur les terres de Vaivre, là où se déroule la majorité du récit. L’Or ailé, également appelé Avigdor, a vu le jour et suscite à la fois fascination et convoitise. Pourtant, cet ange reste de marbre et ne recherche qu’une chose : un Laquais capable de l’accompagner en tout temps, capable de supporter le silence et les émotions les plus pures.
Tout est raconté dans le style propre à Vincent Tassy. C’est poétique, à la limite de l’onirisme, avec un style doux et une plus soutenue. La plume crée à la perfection un univers gothique, avec l’émotion des uns et des autres au cœur du récit. Ce fut passionnant à découvrir, tant par la richesse du vocabulaire que par les sentiments qui ont trouvé écho en moi. C’est sans conteste une des forces de cet auteur.
L’autre force réside dans l’intrigue aussi singulière que le style d’écriture. On ne sait pas vers que dénouement l’auteur nous dirige, dans la première moitié du récit. Nous respectons la fascination des personnages pour Avigdor, on suit avec appréhension le parcours de Mauront dans son objectif d’exister par lui-même et pour lui-même, on voit Alamasonthe dépérir lentement mais sûrement, et Dolbreuse tenter de mener ce petit monde sur le droit chemin, tant bien que mal. C’est un récit hypnotique, avec un rythme languissant et une intrigue brillant par sa discrétion.
Tout bascule vers le milieu de l’ouvrage, quand les éléments déclencheurs viennent à la rencontre de cette « attraction » singulière que représente l’ange. Ainsi naît le chaos, ainsi l’intrigue cahote et fait courir tout ce beau monde à leur perte.
C’est à ce moment-là que j’ai décroché. L’hypnotisme du style vole en éclats au fur et à mesure que le récit gagne en violence. Là, je sens un déséquilibre entre la forme et le fond et j’ai moins adhéré. Je conçois parfaitement que ce soit le style dans l’auteur se plaît à s’illustrer mais je regrette au contraire que le style n’ait pas évolué en même temps que son intrigue. Les mots restent froids, comme figés dans le marbre, là où les sangs bouillonnent face à la menace.
L’autre bémol qui m’a personnellement atteinte concerne les personnages. J’ai adoré le style, certes, cependant le détachement de ce dernier m’a empêchée de ressentir une quelconque émotion pour la majorité d’entre eux. J’ai préféré les chapitres sur Mauront, car c’est celui qui présente la personnalité la plus forte à mes yeux, et je regrette de ne pas avoir su m’attacher davantage aux deux princesses si complémentaires. Sans cela, je pense que cette lecture aurait été un coup de cœur.
C’est un beau roman (c’est uuuuune belle histooiire !) par sa forme poétique et son ambiance gothique. J’ai replongé avec délectation et fascination dans l’univers si singulier de cet auteur tristement méconnu. Malgré tout le plaisir que j’ai ressenti à cette lecture, je déplore un manque d’attachement des personnages et une plume qui ne convient pas à toutes les scènes. Diamants reste malgré tout une œuvre marquante que je recommande chaudement.
16/20
Diamants de Vincent Tassy, Mnémos, 373 p.
Couverture (peinture) : L'Ange déchu d'Alexandre Cabanel





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