Autrefois puissante cité divine capable de conquérir et d’asservir les peuples établis à sa proximité, Bulikov est tombée. Une mystérieuse catastrophe a eu lieu : le Vacillement. Les dieux protecteurs de la cité ont disparu. Bulikov a été brisée en mille morceaux. Conquise par l’Empire de Saypur, réduite à l’état d’avant-poste, la ville n’est plus que l’ombre de ce qu’elle a été. Restent toutefois visibles, ça et là, certains vestiges des miracles qui l’ont façonnée, notamment d’immenses escaliers qui mènent désormais nulle part.
Quand un historien est assassiné, l’Empire envoie enquêter une de ses meilleures espionnes : Shara Thivani. Se présentant comme une humble diplomate impériale, la jeune femme découvre l’étrange cité et commence son enquête, compliquée, dangereuse, qui touche un domaine sensible : le passé divin de certaines cités conquises par l’Empire.
Ce que Shara va découvrir dépasse, et de loin, le simple cadre d’une affaire criminelle. Les dieux de Bulikov ne sont peut-être pas aussi morts que l’Empire veut bien le croire.
Pourquoi ce livre ? Jusqu’à maintenant, j’ai toujours apprécié les livres écrits par Robert Jackson Bennett, que ce soit du thriller, de la fantasy ou de la science-fiction. A la sortie de cette nouvelle série en France – car c’est en réalité la première série qu’a imaginée l’auteur en fantasy – c’était évident que je me la procurerai. Il m’aura certes fallu un peu de temps pour sortir le joli bébé de la PAL, c’est maintenant chose faite.
Je suis contente que les éditeurs Albin Michel Imaginaire n’est pas commencé la parution des œuvres de cet auteur par cette série. Parce que si on ne s’ennuie pas lors de la lecture, le niveau est clairement en-deçà des autres œuvres, surtout si on la compare aux Maîtres enlumineurs.
Pourtant l’histoire commençait bien. Après un prologue qui promet un enjeu politique corsé et qui nous apprend le meurtre d’un personnage que l’on ne connaît pas mais qui semble important, on suit l’enquête d’une jeune femme et de son homme de mains, opposés par leurs fonctions et leurs origines mais liés par une affection sincère. Par le biais de cette enquête qui avance à pas de loup, sans qu’on comprenne l’ensemble des tenants et aboutissants, on découvre une cité anciennement protégée par des dieux, dieux qui ont été tués ou qui ont disparu voilà bien des siècles auparavant. L’architecture à moitié détruite laisse entrevoir la splendeur passée. Aujourd’hui, parler de miracles et des divinités est tabou, passible des pires peines en fonction de la gravité de l’acte.
Le rythme n’est pas efficace tout au long de l’intrigue. Cependant, pour un premier texte, l’auteur a parfaitement su doser les moments plus tranquilles des moments plus intenses, jouant de rebondissements et de quelques révélations pour toujours accrocher l’attention de son lecteur. C’est surtout pour cela que je ne parle d’aucun ennui au cours de cette lecture.
Malgré tout, je déplore un univers qui manque d’audace. Certes, c’est bien sympathique d’avoir l’élaboration d’un panthéon composé d’autant dieux que l’humanité en jugeait nécessaire, c’est bien sympathique d’avoir une enquête qui patine sans nous voir confier trop facilement les clefs pour mieux comprendre les enjeux qui se trament derrière… Cependant j’ai eu le sentiment de lire une fantasy convenue, peu originale. C’est avant tout cela qui me chagrine…
… même si les personnages m’ont également posé problème. Chacun se voit nuancé dans sa personnalité, ses actes, en dehors de la tante où son rôle était trop manichéen. Les relations paraissent sincères et j’avais envie de croire à tout cela. Cependant cela n’a pas suffi à soulever un attachement total pour eux, à un point où le sort de chacun n’a m’a pas affectée comme cela aurait dû.
D’ailleurs, la fin me confirme cette impression de ne pas avoir été totalement conquise par ce qui s’est joué sous mes yeux. Shara s’est fait la promesse de faire évoluer la politique et les mentalités, réunissant les premiers alliés, défiant les premiers ennemis. Cela semble promettre de grandes choses. J’écris cette chronique à chaud, moins d’une heure après avoir terminé la lecture de ce premier opus, et j’en suis encore à m’interroger sur le fait d’acheter ou non la suite. Je la lirai forcément car, je me répète, je ne me suis pas ennuyée et j’ai passé un bon moment. De là à relire un jour cette saga, et par conséquent acheter les deux tomes pour compléter la série, je n’en suis pas certaine.
Je pense aussi que mon ressenti est biaisé par l’effet Brandon Sanderson. Les Dieux occupent une grande place dans sa saga des Archives de Roshar, lue récemment, et celle-ci est tellement profonde, développée (en termes de pages comme d’intrigue) que Les Cités divines ne pouvaient que souffrir de la comparaison.
La Cité des Marches est une bonne introduction. L’auteur a su créer un panthéon correct sans oublier des enjeux politiques plus contemporains. On ne s’ennuie, tant il a su doser les temps plus rythmés des temps plus posés. Finalement, je reproche surtout à ce premier opus des personnages peu attachants et une fantasy qui manque d’audace. C’est une bonne porte d’entrée pour un néophyte du genre, alors que cela paraître convenu pour un habitué. Pour ma part, je vais lire la suite par curiosité et un peu de plaisir, sans cacher ma déception de ne pas être plus conquise par l’ensemble.
14/20
La Cité des Lames de Robert Jackson Bennett, Albin Michel Imaginaire, 544 p.
Traduit par Laurent Philibert-Caillat, Couverture par Didier Graffet
Les autres titres de la saga :
1. La Cité des Marches
2. La Cité des Lames
3. La Cité des Miracles
- saga terminée -
1. La Cité des Marches
2. La Cité des Lames
3. La Cité des Miracles
- saga terminée -





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