8 nov. 2022

Entrevue choc avec un vampire




Dans un salon illuminé de chandeliers, un vampire super bien coiffé force le journaliste d'une radio locale à écouter l'interminable récit de sa vie. Comment deux siècles plus tôt, il fut séduit par un inconnu d’une beauté très supérieure à la moyenne, et emporté dans un tourbillon ébouriffant de mort et de passion. De La Nouvelle-Orléans aux Carpates : plongez dans un périple parsemé de personnalités toxiques, de multiples contrariétés et de lamentations métaphysiques hyper profondes, sur les traces mythiques de Ceux Qui Peuvent Bronzer !



Un grand merci aux éditions ActuSF pour ce partenariat !

Pourquoi ce livre ? Plusieurs raisons m’ont conduite à vouloir lire ce livre. D’abord j’ai découvert Vincent Tassy en début d’année avec Apostasie, que j’ai adoré, et j’avais envie de le retrouver dans une nouvelle lecture. Ensuite, j’ai récemment découvert Morgane Caussarieu avec Vertèbres, son dernier roman paru en solo et conseillé par mon libraire préféré. Je suis un peu plus mitigée sur cette lecture, et j’étais curieuse de voir ce que son imaginaire allait créer autour du mythe vampirique. Enfin, je n’ai jamais lu Anne Rice mais j’ai vu plus à plusieurs reprises Entretien avec un vampire et je me demandais de quelle façon cette parodie allait détourner l’histoire originelle. Ca fait un paquet de raisons, toutafé.

Entrevue choc avec un vampire est donc une parodie, ce qui inclut une bonne dose d’humour sous diverses formes, comme le comique de répétition, l’humour noir et une pointe de cynisme, quelques références détournées et beaucoup de décalé. D’emblée on plonge dans une lecture fun et divertissante, barrée et légère. Autant dire qu’on est loin de l’ambiance vampirique gothique à la Dracula de Bram Stoker, ce qui n’est pas un mal : un moyen détourné de profiter de l’ambiance d’Halloween sans se faire peur !
C’est un récit de où les mythes s’affrontent. Les auteurs revisitent le mythe vampirique mais ne se privent pas pour remodeler le mythe biblique de façon assez magistrale, toujours dans un certain délire d’hémoglobine. J’ai eu un peu plus de mal à y croire mais je me suis bien amusée malgré tout.
Au final, ma note ne touche pas le perfect en raison d’un manque de consistance dans l’intrigue. D’accord, on a un personnage qui raconte ses mémoires à une victime supplémentaire avant qu’elle ne serve de probable plat de résistance. On a quelques rebondissements et un style vivant qui tient en haleine, mais on ne sait jamais vers quoi on se dirige et, en refermant le livre, je n’ai pas eu le sentiment que l’intrigue avait un réel objectif, un projet plus grand que la simple barre de fun. C’est pour cette raison que je considère cette lecture comme un excellent antidépresseur, un excellent divertissement, avec un goût d’inachevé.

J’ai adoré suivre les aventures truculentes du vampire principal. Je n’ai pas envie de vous spoiler son prénom, ce serait vous retirer un éclat de rire… Sachez néanmoins que sa façon de raconter sa vie éternelle le rend à la fois amusant et horripilant. Comme je le disais, la narration rend le style vivant, on a presque l’impression qu’il s’adresse directement au lecteur, au lieu de sa victime.
En revanche, je ne me suis pas totalement attachée aux personnages. Le personnage principal n’a pas vraiment de qualité si ce n’est qu’il est divertissant, j’ai donc pris plaisir à découvrir sa vie passée mais je ne me suis pas attachée et encore moins apitoyée sur son sort. Etant donné la façon dont il dépeint les personnages qui le façonnent puis qu’ils rencontrent au fil de ses pérégrinations nocturnes, je ne peux pas dire qu’on puisse s’attacher à qui que soit, pas même à la victime. Cela dit, la façon de raconter tout ceci, avec quelques insinuations sur l’issue de la relation, a suscité une certaine curiosité à chaque fois pour chacun d’eux. Et Richard m’a beaucoup amusée par sa folie toute masculine, sa dépendance à l’autorité maternelle.

Ce qui est étrange dans ce récit, c’est que je n’ai pas eu le sentiment de retrouver la poésie du style de Vincent Tassy ni la plume brute de Morgane Caussarieu. J’ai eu le sentiment de flotter dans un entre deux, notamment dû à la forme du récit. Ce n’est pas une narration à proprement parler, c’est davantage un entretien longue durée entre deux personnages. C’est donc très vivant, détaillé, avec de l’émotion et un langage assez courant. C’est un style parfait pour quelques punchlines et pour rendre la lecture plus addictive. En tout cas ça a matché pour moi !



Je me suis beaucoup amusée avec cette lecture, idéale pour la période d’Halloween sans subir le grand frisson le long de l’échine. C’est drôle grâce à divers procédés, très léger, un entretien très rythmé entre un vampire et sa future victime. Je ne me suis pas ennuyée une seconde, même si je déplore un petit manque de consistance dans l’objectif du récit. Peu importe, c’est une lecture divertissante et intelligente, bourrée de références, comme il en faut une fois de temps en temps.



16/20




2 commentaires:

  1. J'ai vu peu de retours sur ce roman (deux ou trois, avec le tien) mais je suis bien emballée. Je relirai d'abord l'original, mais celui-ci est bien noté dans ma liste ;)

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    1. Je n'ai pas lu d'Anne Rice, seulement vu le film avec Brad Pitt et Tom Cruise, ce qui suffit déjà pour comprendre les références et bien se marrer :)

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