8 juin 2026

La Quête onirique de Kadath l'Inconnue




Une fois de plus, Carter s'approcha de la balustrade... Maintenant, jour et nuit, il ne pensait qu'à cela : retrouver la Cité du couchant, la Cité des Dieux anciens. Seule Kadath l'inconnue pourrait lui donner un moyen de l'atteindre, mais il fallait d'abord arriver jusqu'au désert glacé. Ni les mers déchaînées, ni les montagnes aux mille pièges, ni quelque créature, si monstrueuse fût-elle, ne pourraient le détourner de son but. Randolph Carter n'était pas homme à reculer. Car ce voyage était une véritable quête. En savoir plus sur ce monde oublié, c'était aussi en apprendre un peu plus sur lui-même. Quitte à vivre les pires des épreuves...



Pourquoi ce livre ? Cela fait un moment maintenant que je parcours la bibliographie de cet auteur. Cela fait un moment également que cette œuvre a rejoint ma PAL puisqu’elle y est entrée en 2014. Ça picote ! Douze ans plus tard, je me suis enfin attaquée à cette œuvre plutôt méconnue du grand maître de l’horreur (il partage le trône avec M. King).

La Quête onirique de Kadath l’Inconnue fut très facile à lire, presque plus facile que des textes plus réputés comme L’Appel de Cthulhu ou encore Les Montagnes hallucinées. H. P. Lovecraft est célèbre pour ses longues descriptions plantant une ambiance gothique et un décor glauque, voire horrifique. Ce n'est pas vraiment le cas ici. Les descriptions concernent davantage les créatures que Carter rencontre dans son aventure. D’ailleurs, j’ai été étonnée que certaines soient des êtres maléfiques qui vont, à l’inverse de l’image qu'ils renvoient, aider le personnage dans sa quête pour trouver Kadath.

C’est un voyage onirique, le titre n'a fait aucune tromperie sur la marchandise. C'est une quête étrange qui m’a rappelé rapidement ma lecture du premier tome du Cycle des Princes d’Ambre de Roger Zelazny, par ce côté très brouillé, flou, ce sentiment que c’est à la fois court et interminable, comme un kaléidoscope de personnages.

Comme souvent avec cet auteur, je n’ai pas vraiment retiré de plaisir dans cette lecture. Cependant je reconnais une fascination pour sa façon de mettre en place son univers. La lecture est fluide, de sorte qu’on perçoit à quel point il a travaillé son intrigue de bout en temps pour qu’il n’y ait plus qu’à dérouler. Seuls les passages entre les différents endroits de ce continent m’ont laissée dans le flou, je ne comprenais pas forcément comme les êtres passent de l’un à l’autre - hormis pour les voyages en bateau, évidemment.

À l’image de ce détachement pour l’intrigue, Carter est un personnage très déterminé dans sa quête. Sans que cela ne le rende antipathique pour autant, je ne me suis pas attachée à lui. Lovecraft construit parfaitement son univers et les créatures qui y cohabitent, en oubliant d’approfondir l’humain qui traverse cet abîme horrifique.

Si j’ai bien aimé le voyage, l’aboutissement de celui-ci fut des plus étonnants, créant une surprise que je n’avais pas vu venir. Connaissant l'auteur, je m’attendais à une fin sinistre avec un Kadath en allégorie de la cruauté. Eh bien… je vous laisse découvrir de quoi il en retourne ! Pour ma part je fus sidérée, et j’ai énormément apprécié le changement de registre créé par Lovecraft.



Je pensais avoir peu de choses à dire sur ce titre mais je dois bien reconnaître que quelques arguments me sont venus avec facilité. Lovecraft change dans ce roman à la limite de la novella sa manière de créer un univers, se concentrant avant tout sur ses créatures et leurs manières d'être. La fin bouleverse également ses codes de manière tout à fait délectable. Dommage que je ne me sois pas plus sentie investie aux côtés de Carter, c'est bien là le seul défaut que j’ai noté. Cela reste dans l’ensemble une bonne lecture.


14/20

La Quête onirique de Kadath l'Inconnue de H. P. Lovecraft, J'ai Lu, 156 p.
Traduit par Arnaud Mousnier-Lompré, Couverture par Richard Guérineau


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