Héritier d'une lignée mortellement dangereuse, le prince Imriel est troisième dans l'ordre de succession au trône de Terre d'Ange. Pion majeur sur l'échiquier politique, il n'a guère le choix de son destin. Lorsqu'il sacrifie l'amour au devoir, les dieux eux-mêmes ne peuvent rien pour le protéger des conséquences de ses actes. En Alba, de sombres puissances œuvrent pour utiliser ses propres passions contre lui.
L'aventure l'entraînera encore plus loin qu'il ne l'avait rêvé, jusqu'à un pays déchiré par la guerre où, d'une foi ancienne, une nouvelle est en train d'éclore.
Lorsque tout sera fini, la justice divine de Kushiel se fera sentir sur la Terre comme au ciel...
Pourquoi ce livre ? Qu’est-ce que j’aime l’univers Kushiel. Ce n'est pourtant pas faute de lire les tomes consécutivement, ou de les enchaîner sur une même année. Pourtant, prendre un des volumes dans les mains, c’est sentir le frisson d'excitation, la certitude de passer un excellent moment de lecture.
Cette vérité fut une fois encore validée avec La Justice de Kushiel. Le livre a beau être épais et compter plus de neuf cents pages, je ne me suis pas ennuyée une seule seconde, à une exception près - j’y reviendrai un peu plus tard. Retrouver des noms aux sonorités connues est un vrai délice. Imriel bien sûr, mais également Phèdre et son consort, Dustan, Alais, Eamonn, Mavros et bien d'autres. Ce tome est également l’occasion de découvrir de nouvelles têtes, de nouvelles coutumes, par les aventures amoureuses du personnage éponyme.
J’ai adoré quitter Terre d’Ange pour suivre Imriel en Alba, et même au-delà. Il traverse certes des épreuves d’un tout autre genre que ses parents adoptifs avant lui, pour autant la douleur est palpable. La cruauté de son destin fend le cœur. J’ai été prise d’un tel concentré d'émotions que j’en ressors rincée, et pleinement satisfaite. Le précepte d’Elua le béni est d'aimer comme on l’entend. C’est si bon d'aimer cette saga, malheureusement trop méconnue.
J’ai le sentiment de partir dans tous les sens… c’est signe que j'ai adoré et que je ne sais pas où commencer ! Le destin d’Imriel est cruel. Étant donné son enfance, cela ne peut être que vrai. À l'âge d'être jeune adulte, on ne peut pas dire que les événements soient plus tendres avec lui. Privé de la femme qu’il aime, contraint d’accepter les arrangements politiques pour le bien de tous, obligé de vivre loin des siens et d'avoir à prouver, une fois de plus, sa valeur. C’est un tome important dans le façonnage de son identité, et j’ai très peur du chemin vu par le Maghuin Dhonn car il laisse présager un avenir plus sombre encore.
Pourtant, malgré mon amour inconditionnel pour l’univers, deux détails m’ont chiffonné. Certes, on suit Imriel à un âge où les hormones sont en ébullition, où les premiers amours ont une puissante saveur. Pour autant, sa fascination pour un personnage royal et la naissance de sa passion dévastatrice m’a fatiguée, à la longue. Cent à deux cents pages ont étalé ses élans amoureux, la douleur d’avoir à se cacher, sa frustration de se contenter d’une chair qui ne répond pas à son désir. J’avais le sentiment de tourner en rond, d'autant plus que je ne porte pas sa dulcinée dans mon coeur. Bref, ce passage aurait pu être légèrement émincé…
Par ailleurs, étant donné la teneur de l’intrigue ici, jusqu’à cette nécessité de justice, la fin me semble trop douce. Il est évident que la tempête cache des beaux jours. Et pourtant, à l’image de Talorcan, j’aurais préféré qu’Imriel respecte un peu plus la mémoire de la défunte, plutôt que de se vautrer sans complexe dans la luxure et les promesses de tendresse.
Pour équilibrer la donne, j’ai adoré la longue traque menée tambour battant (ou pas) dans la seconde moitié. C’est là que certains moments auraient dû paraître longs, dans la contemplation des paysages traversés, les embûches qui retarde la justice, ou encore l’introspection induite par la solitude. Ce sont les moments que j’ai préférés car on perçoit toute la maturité nouvellement acquise du personnage. Entouré de héros valeureux, les échanges sont fortuits et sonnent justes.
Rien à ajouter sur le style d’écriture. C’est moins délicat et imagé que le point de vue tout en sensualité de Phèdre, cela reste néanmoins plaisant à lire. Le style est beau, véhiculant un tas d’émotions et de douceur. J’en redemanderai toujours…
Une fois de plus, ce second tome passe à un cheveu du coup de coeur. Je ne peux néanmoins pas mettre de côté ma lassitude face au trop plein de complaintes sur un amour impossible et sur une fin qui ne colle pas au contenu très sombre qui précède. J’ai malgré tout passé un excellent moment en compagnie de personnages que j’adore et je prends toujours plaisir à parcourir cette plume si singulière. Je crois que je ne vais pas résister à l’appel du troisième et dernier opus bien longtemps…
18/20
La Justice de Kushiel de Jacqueline Carey, Bragelonne, 918 p.
Traduit par Frédéric Le Berre, Couverture par Anne-Claire Payet
Les autres titres de la saga :
1. L'Héritier de Kushiel
2. La Justice de Kushiel
3. La Grâce de Kushiel
- saga terminée -
1. L'Héritier de Kushiel
2. La Justice de Kushiel
3. La Grâce de Kushiel
- saga terminée -





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