29 nov. 2025

Imriel, tome 1 - L'Héritier de Kushiel




Imriel est le fils adoptif de Phèdre, l’Élue de Kushiel. Enlevé, torturé et réduit en esclavage lorsqu’il n’était qu’un enfant, Imriel est aujourd’hui prince du sang. À la Cour où se trament mille conspirations, nombreux sont ceux qui souhaitent sa mort – de peur qu’il n’ait hérité des dons maléfiques de sa véritable mère, Melisande.
Alors qu’il approche de l’âge d’homme et que s’éveillent en lui des désirs de plus en plus vifs, Imriel en vient à partager leurs craintes et se trouve piégé au coeur d’une trame de meurtres et de manipulations où il devra faire face au plus grand des défis : découvrir sa véritable nature.



Pourquoi ce livre ? C’est une évidence. J’ai succombé aux charmes de Phèdre, héroïne de la première trilogie de l’univers Kushiel. J’ai cherché longuement ce second cycle, qui n’est plus édité depuis un moment. Quand je suis tombée sur les trois tomes en bouquinerie y'a de ça quelques années déjà, j’ai cru que c'était Noël avant l'heure ! Il était temps que je reprenne ma découverte de cet univers enchanteur, pas si éloigné que ça du nôtre…

Comme je m’en doutais, L'Héritier de Kushiel se veut le digne successeur du premier cycle. Il faut donc compter sur un premier tome frustrant par son côté purement introducteur, envoûtant pour la rondeur de son verbe et le parfum qu’il renvoie - pas seulement dû aux vieilles pages !

C’est très introducteur, oui. Trop peut-être. Après une légère contextualisation, le rythme ne décolle pas d’un iota sur le premier tiers et l'évolution est moindre sur le second. Autant dire que ce n'est pas une série que je recommanderais en guise de porte d’entrée à la fantasy.
Le rythme ne décolle pas, pourtant à aucun moment je me suis ennuyée. Ce premier tome fait le lien entre les grandes lignes du passé d’Imriel, cet enfant qui a grandi trop vite et malgré lui, et son entrée dans l'âge adulte, avec tout ce que cela peut entraîner comme questions et conséquences. Car il ne faut pas oublier que le jeune homme est prince : s’il ne gouvernera probablement jamais sur le trône de Terre d’Ange, il occupe une belle place dans la course au trône - ce qui ne l'intéresse pas.

C’est un tome introductif et introspectif. Imriel se cherche. Son passé tortueux l'empêche de devenir l’homme qu’il souhaiterait être, tout en prenant pour modèle un homme à l’art inaccessible. Imriel porte le poids de sa descendance, que ce soit son sang de Shahrizai ou son éducation par Phèdre de Montrêve. J’ai bien aimé la façon dont il décide de quitter le nid afin de se forger ses propres ailes, son propre destin.
Le dernier tiers est beaucoup plus mouvementé et j’ai ressenti de la peur, ventre noué, avec un délice certain. C’est la preuve que je me suis attachée aux personnages et que je crains pour leur vie autant qu’eux-mêmes. D'ailleurs, je suis choquée de constater à quel point l’univers gagne encore de l’ampleur, par l’entrée en matière de cette guilde qui tire toutes les ficelles. Je suis curieuse de creuser la question sur le lien avec Imriel !
Je regrette simplement cette fin un peu précipitée, après tant de circonvolutions, ce qui me donne l’envie de me précipiter sur la suite. Je me la réserve pour début d’année prochaine.

J’ai adoré les personnages. Découvrir Phèdre et Joscelin par les yeux d’Imriel fut un bonheur sans fin - enfin si, il a eu une fin, en tenant compte des décisions du prince. Plus encore, j'avais peur de ne pas réussir à m'attacher à ce nouveau héros alors que ce fut aussi facile que d’enfiler un vêtement. Sa propension à vouloir faire le bien et son physique d'angelin le valorisent et lui confèrent du charisme, sans qu’il en perde sa naïveté, son innocence.
A côté de ça, je ne pouvais qu'adorer le Barbarus Eamonn, pour qui j’ai serré les fesses fort fort fort. C’est l'ami qu’on souhaiterait tous avoir : fidèle, drôle, compréhensif. Je n’oublie pas Alais, Sidonie, Lucius (même si les débuts furent difficiles, j’ai eu du mal). Très choquée de voir le retour d’un ancien parmi les anciens, d'autant plus que ça dépend d’une forme de magie qui n'avait pas été évoquée jusqu'à maintenant. Peu importe, j’ai beaucoup aimé !

Jacqueline Carey a un don pour écrire ses histoires et nous transposer dans son univers. C’est une écriture poétique, sensible, qui a pourtant évolué par rapport à celle de Phèdre. Plus masculine, en dépit des émotions partagées sans pudeur. La traduction rend honneur à tout ceci, les mots roulent sur la langue. C’est un cocon douceur, qu’il est bien difficile de quitter.



Digne successeur du premier cycle, ce premier tome se veut ardu et introductif. On apprend à connaître le personnage central et on regarde les pions se mettre en place. C’est lent, mais cela rend l'évolution des uns et des autres crédible. À aucun moment je me suis ennuyée, tant je me remplissais de ces mots si beaux et de ces personnages si justes. J’ai d’ailleurs craint pour la vie de certains et mon coeur s’est serré à plusieurs reprises. Pas de doute qu’ils me manquent déjà et qu’il me tarde de replonger en Terre d’Ange…


18/20

L'Héritier de Kushiel de Jacqueline Carey, Milady, 955 p.
Traduit par Frédéric Le Berre, Couverture par Anne-Claire Payet


Les autres titres de la saga :
1. L'Héritier de Kushiel
2. La Justice de Kushiel
3. La Grâce de Kushiel
- saga terminée -


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