11 juil. 2015

Des souris et des hommes



Synopsis :

            « Lennie serra les doigts, se cramponna aux cheveux.
- Lâche-moi, cria-t-elle. Mais lâche-moi donc. Lennie était affolé. Son visage se contractait. Elle se mit à hurler et, de l'autre main, il lui couvrit la bouche et le nez. - Non, j'vous en prie, supplia-t-il. Oh, j'vous en prie, ne faites pas ça. George se fâcherait. Elle se débattait vigoureusement sous ses mains... - Oh, je vous en prie, ne faites pas ça, supplia-t-il. George va dire que j'ai encore fait quelque chose de mal.
Il m'laissera pas soigner les lapins. »



Mon avis :

            Toujours dans ma volonté d’approfondir mes connaissances des œuvres dictes classiques, je me suis lancée dans celui-là puisque j’ai eu la bonne surprise de le découvrir dans la bibliothèque de ma sœur (sûrement acheter pour le secondaire, car ce n’est franchement pas son genre de lectures habituel). C’est parti !

            J’ai eu beaucoup de mal à accrocher au récit et, pour être franche, je n’ai jamais réellement été emballée par l’ensemble. Je l’ai seulement fini parce que je me suis forcée de le faire, me répétant que ce serait intéressant pour ma culture générale, à utiliser dans une dissertation ou autre. Mais l’intérêt s’arrête là.

            La mise en forme du texte ne m’a pas du tout convaincue. La narration est des plus basique, va droit au but sans prendre le temps de détailler, de nuancer, de décrire, etc. C’est l’époque de l’Amérique en quête d’expansion, de richesses, de puissance, l’époque des paysages sauvages et atypiques. Pourquoi ne pas s’attarder à les décrire, ne serait-ce que quelques lignes ? De même, quand un personnage prend la parole, c’est que par « il dit », « il demande », « il dit », etc… C’est très rébarbatif et, moi qui déteste les répétitions, je fus rapidement lassée, voire ennuyée par ces termes.
            Dans le même style, les dialogues sont également très courts, ils vont droit au but et c’est extrêmement dérangeant parce que l’attention se concentre exclusivement sur le peu d’histoire mis en avant, si bien que cela devient rapidement long à lire… Je comprends que ce soit un style d’écriture, qui répond sûrement à des normes prescrites à l’avance, mais je ne trouve pas ce genre de règles très attachant, malheureusement.

            Les personnages sont, à l’instar du récit, très plats. Mis au service du propos de leur auteur, ce dernier ne leur prête aucune personnalité, aucune profondeur. De chacun (et je ne parle là que de George et son ami Lennie), on ne connaît que le passé récent, le présent (encore heureux) et leur sorte de projet qui tient plus du doux rêve que d’un projet concret. Ne cherchez pas de l’émotion dans cette œuvre, vous n’en trouverez malheureusement aucune.
            On découvre toutefois George, homme intelligent qui « se coltine » un compagnon de route simple. Dû à un accident, Lennie s’est vu perdre sa mémoire et seules quelques paroles de George lui restent en tête, comme le souligne avec surprise ce dernier à un moment du récit. Lennie est toutefois doué d’une force brute impressionnante, ce qui va d’ailleurs engendrer tous les problèmes jalonnant l’intrigue.

            La fin devrait apparaître comme des plus surprenantes et des plus cruelles, même si je ne vous dirai pas en quoi. Malheureusement, en raison d’une platitude tout au long de la lecture, je ne me suis pas sentie concernée par les diverses péripéties survenues et je n’ai donc rien ressenti, si ce n’est un léger effroi.

            Finalement, si je réfléchis bien, la seule chose que je retiens de ce livre, c’est le propos de l’auteur, qui sous-entend que les plus faibles et les plus différents de la norme sociale sont évincés. Mais l’idéaliste que je suis à mes heures perdues n’aiment pas trop cette interprétation et froncent même du nez.

            En conclusion, un récit qui me restera en travers de la gorge, en raison de l’absence de saveurs et d’émotions. Les personnages n’ont aucun caractère, la narration est plate, restreinte, seule la fin mérite une petite attention mais l’intérêt s’arrête là. Cela ne m’engage pas à lire d’autres œuvres de John Steinbeck, malgré sa renommée dans la littérature américaine.



2 commentaires:

  1. Bonsoir,

    Je viens de découvrir ton blog en cherchant sur Livraddict des avis négatifs des Souris et des Hommes. Je tiens à laisser un commentaire car mon ressenti est tout à fait opposé au tien et je souhaite m'expliquer brièvement.
    Je trouve, à l'inverse de ce que tu exprime, que les personnages ont un fond et une texture tout à fait palpable, notamment George et Lennie (les autres beaucoup moins je te l'accorde). Par leurs caractères tout à fait différents et complémentaires je me suis énormément attachée aux deux protagonistes que je trouve extrêmement touchants.
    Je t'avouerai que la plume de Steinbeck est plutôt simple mais à mon goût élégante et surtout - et c'est je crois le plus important - efficace.
    J'ai été très touchée par la fin de ce roman même si je me suis faite spoiler le dénouement quelques minutes avant de le terminer... et je garde un très bon souvenir de cette lecture.
    En tout cas, je tiens à préciser que je l'ai lu en anglais (je ne sais pas si c'est ton cas) et par conséquent, le style est sûrement différent de la version traduite. Je suis contente d'avoir découvert un avis différent du mien, c'est très enrichissant.

    J'espère en tout cas que tes lectures sont meilleures que celle que tu as vécu avec Steinbeck, je suivrai ton blog avec grand plaisir.
    Bonnes découvertes, Margaux.

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    1. Bonjour !

      Déjà, je te remercie pour ton commentaire complet, cela fait plaisir de voir quelqu'un rebondir sur les avis des autres, et comme tu le dis si bien c'est enrichissant.
      Pour te dire, j'ai tellement peu adhérer au livre que je ne me souviens pas vraiment des détails...

      Je me rappelle toutefois de la plume, qui en disait le minimum et conservait une certaine froideur, et c'est sûr qu'elle est par conséquent efficace, vu que Steinbeck ne s'attache pas aux détails.
      Pour les personnages, je n'avais pas réussi à les apprécier. En relisant ma chronique, j'ai vu qu'il n'y avait "aucun travail, aucune profondeur" mais en fait si, mais c'est tellement différent de nos livres contemporains qu'on n'adhère pas forcément à ce fameux travail, et c'est ça qui fait que je n'ai pas m'y attacher...

      Après, non, je l'ai lu en français, et peut-être que j'aurai ressenti différemment dans la langue originale (mais comme j'ai un anglais moyen, je ne suis pas sûre ^^).
      Quant aux spoils, c'est vrai que c'est chiant quand ça arrive, surtout quand on est bien happé par le livre...
      Merci pour tout en tout cas, cela fait vraiment extrêmement plaisir ! =)

      Belles lectures à toi aussi !

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