26 oct. 2026

Le Magasin qui n'ouvre que les jours de pluie




Il paraît que le Magasin La Mousson, situé dans la ville d'Arc-en-ciel, n'ouvre que les jours de pluie.
Que pour s'y faire inviter, il faut raconter ses malheurs sur papier, et les envoyer par courrier aux gobelins qui gèrent les lieux.
Que si ces derniers vous choisissent, en échange de votre visite ils vous offriront un grand bonheur...
Serine n'aurait jamais cru recevoir son invitation pour le magasin des gobelins... accompagnée d'un mystérieux carton d'or ! Une fois sur place, escortée par un drôle de chat aux pouvoirs imprévisibles, elle va partir à la recherche de son bonheur. Et elle devra faire vite : si elle ne le déniche pas avant la fin de la saison des pluies, elle pourrait être piégée chez les gobelins pour toujours.



Pourquoi ce livre ? En toute honnêteté, ce livre a atterri sur ma liseuse uniquement parce que j'avais besoin d’un nom d'auteur commençant par Y. Ce choix remplissait ce critère tout en permettant une petite incursion dans la littérature jeunesse, ce que je n'avais pas fait depuis un moment.

Ce livre me confirme ce que je crains depuis quelques années déjà : la littérature jeunesse ne me convient plus tout à fait. J’apprécie toujours autant la légèreté du style, au moins je peux poser le cerveau à côté et profiter d'un instant à moi. Je ressors toujours frustrée du traitement du sujet.

Ça n’a pas manqué avec Le Magasin qui n'ouvre que les jours de pluie. Le départ était pourtant sympathique. Un peu à l’image du Voyage de Chihiro, Serine va être entraînée de manière surprenante mais facile dans un décor qui laisse penser que nous ne sommes plus dans le monde de notre quotidien. Des gobelins peuplent cet univers et une quête s’amorce. Réussir, c'est rentrer chez soi avec un rêve accompli. Échouer, c’est rester prisonnier des gobelins à jamais. Ainsi l'héroïne prend-elle les choses très à cœur. Accompagnée d’une sorte de compagnon gardien, qui peut l’aider dans sa quête, l'adolescente part à l'aventure, cherchant toujours plus loin le rêve qui siérait le plus à son bonheur.

Beaucoup de thèmes façonnant la vie d’adulte y passent. Le travail, la richesse, la gloire, l’insouciance des voyages, l’amour sous toutes ses formes… Je crois qu'il manque la santé pour parfaire le tableau. Cette succession de rêves étudiés, au fur et à mesure que Serine récolte des perles, entraîne un schéma répétitif assez désagréable. Elle remplit une mission donnée par un gobelin, elle obtient une perle en guise de paiement, lit le rêve qui y est enfermé, donne ses observations à son petit compagnon de route, se rend compte que ce n'est pas ce qu’elle cherche et c'est reparti jusqu'à la prochaine perle. Le ton est assez moralisateur et l’intrigue devient lassante devant tant de facilités pour obtenir les perles et ces répétitions incessantes.

Le pire dans tout ça, c'est que la fin est prévisible. C’est tellement moralisateur que le choix semble évident. Là encore, le ton m’a semblé très moralisateur, comme si le narrateur détenait la vérité pour tous les humains.

Heureusement, Sérine est une adolescente assez agréable à suivre. Discrète mais animée d’une bonne volonté, elle met du cœur à l'ouvrage pour sa quête sans perdre sa bonne humeur ou sa naïveté. Ainsi elle fait fi des différences entre humains et gobelins pour aider ceux dans le besoin, même si c'est pour obtenir quelque chose en retour. Et le comportement d’Isha est très mignon.



Je ne peux pas dire que ce soit une mauvaise lecture car le moment fut léger. Je regrette simplement le ton trop moralisateur et une intrigue qui se veut trop répétitive, entraînant une lassitude et un manque de surprise. Cependant l'ensemble offre un moment de légèreté, idéal pour accueillir l’automne en douceur.


10/20

Le Magasin qui n'ouvre que les jours de pluie de You Yeong-Gwang, Robert Laffont, 197 p.
Traduit par Kyungran Choi et Pierre Bisiou


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