19 juil. 2017

La Passe-miroir, tome 3 - La Mémoire de Babel



             Thorn a disparu depuis deux ans et demi et Ophélie désespère. Les indices trouvés dans le livre de Farouk et les informations livrées par Dieu mènent toutes à l'arche de Babel, dépositaire des archives mémorielles du monde. Ophélie décide de s'y rendre sous une fausse identité.



        Quelle ne fut pas ma joie de tenir entre les mains, dès le jour de sa sortie, ce troisième volet tant attendu. Bon, je ne l’avais pas acheté, j’étais stagiaire en librairie, le plaisir se liait à la frustration mais j’ai finalement pu le lire, je ne vais pas me plaindre !

       On retrouve une Ophélie complètement à côté de la plaque. Après deux-trois ans éloignés de l’Arche des Mirages, de retour au bercail familial, la jeune fille n’a d’autres choix que de subir les réflexions de sa mère sur son quotidien vide de sens. Le Musée n’est plus, et Ophélie ne fait que penser, et craindre, à Thorn, volatilisé dans la nature. Sans nouvelle depuis leur dernière entrevue, la maladroite sait qu’il faudra gagner l’arche de Babel, lieu vu dans un flash qu’elle a révélé à son compagnon juste avant leur séparation.
       De là, ça démarre fort. Le lecteur est très rapidement plongé dans le bain, on retrouve tous les aspects qui nous ont plus jusqu’à présent : efficacité, drôlerie, maladresse, et les personnages haut en couleur qui se mettent plus ou moins en avant. Christelle Dabos ne perd pas de temps à mettre en place de nouveaux fragments de son univers, que ce soit à propos des Arches et des pouvoirs liés à chacune, mais également sur un nouveau moyen de transport et j’en passe. L’imagination est la clé de cet univers et l’auteure la manipule à foison avec merveille.
       Oui, mais l’affaire se corse quant à l’intrigue véritable. Une fois atterrie sur Babel, Ophélie peine à gravir les échelons pour atteindre son but. Sur une Arche où tout semble transparent mais est en vérité opaque, les obstacles se multiplient là où on s’y attend le moins, ralentissant les recherches et annihilant tout espoir. Ophélie souffre, on souffre avec elle. Et moi je m’ennuie. Mon ressenti est probablement lié à mon vécu en parallèle de cette lecture, mais j'avais un profond besoin de m’évader avec cette lecture, or elle me rappelait sans cesse les déboires de l’université, si bien que je me sentais plus prisonnière de mes états d’âme qu’autre chose.  Le fait qu’Ophélie galère n’a rien arrangé (c’est probablement cette proximité entre le personnage et moi–même qui me donne une opinion si négative du livre, ce qui m’agace réellement car tout était là pour faire de ce livre une excellence).
       J’ai également trouvé que cela manquait de rebondissements et de surprises. Certes, il y en a mais il faut patienter jusqu’aux vingt derniers pour cents du livre, soit environ cent pages, pour les rencontrer, ce qui est loin du compte des Disparus du Clairdelune, le second tome de la saga.
       A l’inverse, la fin bascule trop abruptement. Tant de lenteurs auparavant et tout d’un coup les événements s’enchaînent, j’ai même peiné à suivre bien que mon intérêt était décuplé. Il m’est devenu difficile de lâcher le livre pour connaître le fin mot de l’histoire.
      
Voilà, en résumé je suis déçue de ma lecture car elle ne m’a pas fait voyager et vibrer comme je l’espérais tant, mais je présume que ce défaut provient avant tout de mon état d’esprit et non pas du livre en lui-même. Je déconseille de réellement tenir compte de mon avis, si vous passez avant de l’avoir lu.

Les personnages gagnent en profondeur. On découvre une Ophélie différente, plus frêle et fragile encore que dans les précédents tomes où sa maladresse la propulsée dans les rangs des personnages délicates. Malgré les obstacles, les douleurs, les désillusions, la jeune femme fera d’une persévérance qui frise la stupidité. Ophélie est un personnage fort que je ne suis pas prête d’oublier.
De manière générale, j’ai détesté tous les personnages de Babel hormis Elisabeth et Blasius. La première est tellement obsédée par sa tâche qu’on ne peut que compatir à son statut, et Blasius est identique au tempérament d’Ophélie avec sa maladresse, sa peine et sa solitude. Il apporte également l’occasion d’évoquer l’actualité, ce qui n’est pas un mal (surtout ce sujet-là).
Je fus désappointée de ne pas voir davantage les têtes de Thorn, Berenide, la Marraine et surtout Archibald (qui parvient toujours à m’arracher un sourire lors de ses petites apparitions). Ce sont des personnages d’envergure que l’on a suivi avec plaisir dans les deux premiers tomes, je suppose que ma déception vient également de leur absence quasi-totale.

La plume est toujours aussi géniale. D’une fluidité sans limite, elle véhicule avec douceur les émotions poignantes que peuvent ressentir les personnages. Si l’intrigue fut déplaisante par certains côtés, cela ne m’a pas empêché d’avoir l’impression d’être lovée dans un cocon quand j’ouvrais le livre et ce grâce à la puissance et à la tendresse de cette fameuse plume. Rien que pour elle, j’achèterai les livres pour relire encore et encore cette saga (parce que oui, pour le moment j’emprunte, c’est moins cher).



La formulation va sembler étrange mais je suis déçue d’être déçue. Après le fameux coup de cœur du second tome, je m’attendais à quelque chose de vraiment puissant et je suis totalement restée sur ma faim, à vainement attendre une intrigue intense et des rebondissements de folie. Ca reste très sympathique à lire, et les incertitudes gangreneuses d’Ophélie sont très réalistes, renforçant notre attachement. Ce ne fut néanmoins pas suffisant pour me donner autant de plaisir que je l’aurai souhaité. Il n’empêche que je demeure très curieuse de découvrir le fin mot de cette folle aventure.


15/20




Les autres titres de la saga :
3. La Mémoire de Babel
- saga en cours -

4 commentaires:

  1. Le tome 1 a été un monumental coup de coeur !! *_*
    J'ai tellement envie de lire le second volume !
    Au fait, c'est dommage que ce soit une déception, il y a pourtant de bons avis dessus...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Héhé, oui, le tome 1 est génial mais le coup de coeur pour moi fut sur le second tome, bien plus complet !
      Pour ce troisième opus, je pense surtout que je n'étais pas dans l'état d'esprit adéquat pour l'apprécier. Et il se destine plus comme un tome de transition entre les deux premiers et le dernier. L'action se fait attendre, les révélations ne sont pas énormissimes... J'ai quand même bien aimé et j'ai hâte, tout en appréhendant, de découvrir la fin des aventures d'Ophélie !

      Supprimer
  2. Je comprends ce que tu ressens car mon plaisir à lire le tome 3 a été moindre que celui du tome 2. Cependant, je l'ai apprécié quand-même. C'est purement un tome de transition, on y apprend finalement assez peu de choses.
    Concernant la fin qui bascule rapidement, c'est un schéma que suit Christelle Dabos depuis le premier tome. J'ai remarqué qu'elle était très forte à ce jeu-là :-) !
    Allez, prenons notre mal en patience en attendant le tome 4.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je suis contente de voir que je ne suis pas la seule à avoir moins apprécié le troisième tome. Quand je vois tous les coups de coeur dans les avis recensés sur Livraddict, je me dis que je suis passée à côté de quelque chose... Mais oui, tome de transition où quelques détails aiguisent notre curiosité, mais sans plus. Ce fut très frustrant en fait, on attend que quelque chose se passe mais l'action reste distante un bon moment.
      On prend le mal en patience et on espère que la série finira en apothéose ;-)

      Supprimer