13 déc. 2017

Nos étoiles contraires



          Hazel, 16 ans, est atteinte d’un cancer. Son dernier traitement semble avoir arrêté l’évolution de la maladie, mais elle se sait condamnée. Bien qu'elle s'y ennuie passablement, elle intègre un groupe de soutien, fréquenté par d'autres jeunes malades. C’est là qu’elle rencontre Augustus, un garçon en rémission, qui partage son humour et son goût de la littérature. Entre les deux adolescents, l'attirance est immédiate. Et malgré les réticences d’Hazel, qui a peur de s’impliquer dans une relation dont le temps est compté, leur histoire d’amour commence… les entraînant vite dans un projet un peu fou, ambitieux, drôle et surtout plein de vie.


     Pourquoi ce livre ? Parce que quelqu’un a proposé une lecture commune sur un challenge et que je n’ai pas résisté à l’envie de découvrir un classique du Young Adult, d’autant plus que le film m’intéresse également mais que je préfère toujours découvrir par le livre en premier lieu.

       Bien loin du résultat moyen qu’il en est ressorti de ma lecture de Qui es-tu, Alaska ?, je fus agréablement surprise de découvrir une lecture intense, pas larmoyante pour un sous.
       On aurait pourtant pu s’attendre à du cucul à foison. Parce que Nos étoiles contraires relate l’histoire de jeunes cancéreux qui n’ont plus aucun espoir dans la vie et l’humanité. Ils vivent leur vie au jour le jour sans certitude de connaître de lendemain. Hazel Grace va pourtant rencontrer une belle surprise sur sa route, répondant au doux nom d’Augustus Water. Elle qui n’espérait plus rien du haut de ses seize ans, Gus va lui apporter foi en elle, foi en ses capacités et ses espérances. Loin de l’image actuelle de la romance où il faut des bisous mouillés, des descriptions érotiques et autres mignonneries à faire vomir (je suis entièrement subjective en disant cela *éternue*), Hazel et Augustus vont s’amouracher avec lenteur, avec esprit. C’est un amour profond, beau, pas centré sur lui-même mais sur une façon de visualiser le monde qui nous dépasse.
       Car oui, bien loin du cliché de la romance pour adolescents, ce roman développe avant tout la vision de jeunes malades qui ont encore la force de vivre pour faire vivre ce en quoi ils tiennent le plus au monde, ce en quoi ils croient. C’est certes un beau roman pour comprendre la vie des malades, réalité que l’on met souvent de côté pour rentrer confortablement dans ses chansons, c’est avant tout une leçon de vie pour ne pas oublier les fondamentaux.
       Certains points m’ont toutefois déçue. Avant tout, je suis déçue en ce qui concerne Augustus. Ce qu’il advient de lui est trop prévisible, j’ai trouvé que cela aurait plus de retentissements si nous avions eu la surprise de bout en bout. Quant à la fin, j’aurai voulu en savoir plus sur Hazel. Le dernier chapitre n’en est pas moins beau, émouvant, apportant sourire et émotion ; néanmoins j’aurai voulu tout autre chose.

       Les personnages m’ont touché. Je ne saurai dire si je suis allée jusqu’à m’attacher à eux, toutefois j’ai vécu ces moments de joie et de douleur avec eux, ce qui est le plus important.
       Hazel Grace a tout le profil des personnages féminins que j’apprécie. Elle n’attend rien de la vie, elle s’abandonne tout simplement aux jours qu’elle vit. Et puis elle évolue, elle commence à se battre, à croire en quelque chose, à s’accrocher en quelque chose. Cette évolution est magnifique. L’apothéose est magnifique. Mais la chute est douloureuse et les réactions de la jeune fille ont su m’atteindre. J’ai aimé l’accompagner, j’ai aimé son cynisme et ses échanges avec Augustus.
       Ce dernier est plein de vie et de verve. Sa vision de la vie est drôle, hilarante, simple. Il ne se tracasse pas sur certaines difficultés, il fait à la fois preuve d’un fatalisme et d’une observation simples. Enfin je ne sais pas comment l’expliquer mais ce personnage est vraiment sympathique, il a cette façon de s’exprimer et de voir les choses qui ne peuvent que plaire. Il a été malade, et pourtant il garde cette insouciance propre à ceux qui ne savent pas ce que c’est ou à ceux qui y survivent. J’ai adoré ce personnage.
       Les parents des deux familles m’ont également touché, par un certain côté. On les voit forts, on les voit s’effondrer, on les voit dans leur souffrance et leurs espoirs. La fin est belle les concernant, un message d’espoir et de dépassement.
      
       La plume n’évolue pas, semblable à Qui es-tu, Alaska ?. Elle fait preuve d’une neutralité exemplaire qui pourtant fait office de tâche dans un texte aussi émotif. Ca manquait en effet de douceur dans le déroulage du récit et des sentiments des personnages. Peu importe, la plume est fluide et rend la lecture sensiblement entraînante, à la limite de l’addiction.


     Je ressors agréablement surprise par ce roman. Loin des clichés du genre, il délivre une leçon de vie que je ne suis pas prête d’oublier. Les personnages sont forts, leur évolution dans le bon comme le mauvais sens l’est tout autant. Non, vraiment, un livre qui m’aura marqué malgré moi, et que je ne regrette pas d’avoir lu !


15/20


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