23 mai 2021

Du roi je serai l'assassin




Andalousie, XVIe siècle. Alors que Charles Quint règne sur une Espagne réunifiée et catholique, Sinan et sa soeur jumelle Rufaida, musulmans convertis, sont envoyés par leur famille à Montpellier pour échapper à l'Inquisition qui sévit à Grenade. Mais les deux enfants tombent dans une France embrasée par les guerres de Religion. Un récit mêlant histoire et fantasy.



Un grand merci aux éditions ActuSF pour ce partenariat !

Pourquoi ce livre ? Entre Royaume de vent de et de colères et La Guerre des trois rois, j’avais vraiment envie d’en apprendre plus sur la vie d’un certain personnage et j’ai bondi de joie lorsque j’ai appris la sortie de Du roi je serai l’assassin.

Je ressors pourtant de cette lecture avec le sentiment d’avoir le cul entre deux chaises, sans savoir si j’ai profondément aimé ou si je reste sur un sentiment un peu amer. Ma note traduit bien mal ce ressenti, je le reconnais, parce que j’aime tellement l’univers, le travail, la plume de l’auteur que mon parti pris m’entraîne forcément vers une note élevée. Elle aurait simplement pu l’être bien plus encore.

Ce récit se consacre à Sinan, cet enfant devenu trop vite adulte et qui a le sentiment de porter bien mal ce prénom. De la violence paternelle à la frustration de voir sa communauté asservie par le pouvoir, Jean-Laurent Del Socorro dresse un panel de sujets tous plus durs les uns que les autres. Au milieu de tout ça, trois enfants, frère et sœurs, doivent grandir en apprenant à se protéger les uns les autres.

Ce qui me frustre et me met à l’aise tout à la fois, c’est que j’attendais une telle histoire où on découvrirait le moindre détail dans la vie de ce personnage permettant de comprendre comment il a pu en arriver là. C’était intéressant, je ne le nie pas. Paradoxalement, je trouve que ça prend trop de place dans l’intrigue. Par rapport à Royaume de vent et de colères, on est plus dans le passé que dans le futur. On découvre énormément de choses, mais rien qui assure une intrigue rythmée. C’est surtout le récit d’une triste introspection… et je n’y étais pas préparée.
Malgré cette gêne, j’ai grandement apprécié d’être le témoin de l’évolution entre les liens fraternels, qui forgent énormément la personnalité de Sinan, tout comme les rencontres effectuées sur son chemin, qui comptent dans ses décisions.

La fin est géniale et c’est aussi pour elle que ma note atteint le 15. Un petit peu d’action, de lien avec les autres œuvres, puis on arrive à un moment touchant, malgré la délicatesse de leur situation. J’ai eu un petit pincement au cœur, preuve que je ne suis pas restée indifférente, hermétique à leur histoire commune.

Comme je l’insinuais d’entrée de jeu, je suis vraiment contente d’avoir replongé dans le style d’écriture de l’auteur. C’est une touche fraîche et élégante qui ne se départit pas de cette simplicité qui la caractérise. C’est aussi léger que la présence du fantastique, et c’est pour cela que j’affirme que cette lecture peut intéresser un public habituellement pas attiré par de la littérature de l’imaginaire.



Ce n’est pas une lecture en demi-teinte car j’y ai réellement pris du plaisir, toutefois je suis surprise qu’elle ait engendré de la frustration devant un passé qui prend énormément de place dans ce roman. Je ne cache pas que l’ensemble reste intéressant pour comprendre comment Sinan a changé de nom et est devenu ce qu’il est dans d’autres romans. Et puis le tout est servi avec une plume fluide et charmante, de sorte que la lecture légère fasse un parfait équilibre avec les thèmes plus durs. Foncez si vous aimez cet auteur, en revanche je ne conseille pas de commencer par celui-là pour votre première incursion dans sa bibliographie.



15/20




Les autres titres de la saga :
1. Royaume de vent et de colères
2. La Guerre des trois rois
3. Du roi je serai l'assassin
- saga en cours -


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