30 mai 2026

Une très bonne hérétique




Cinq nouvelles où cinq femmes sont chacune à une croisée des chemins : dans le cadre de leur travail, de leur engagement pour la société, de leur parentalité, de leur avenir. C’est aussi banal, joyeux et déchirant que nos vies, faites de routines et de pas de côté toujours renouvelés ; mais avec des vaisseaux spatiaux.



Pourquoi ce livre ? J'ai lu tout ce qui a été traduit en français de cette autrice. Si tous n’ont pas été un coup de cœur, ou une “simple” excellente lecture, j’aime son approche de la science-fiction et sa douceur. C'était donc une évidence quand j’ai croisé son chemin sur les étagères de la médiathèque.

Une très bonne hérétique étant un court recueil de nouvelles, et la dernière nouvelle éponyme, c’est parti pour le traditionnel commentaire par titre.

J’ai adoré Dernier contact qui, avec du recul, fait le lien avec le film Premier contact, avec des rôles inversés. Ce texte est d’une simplicité confondante et diffuse beaucoup d’émotions, surtout à la fin. Les personnages sont simples, peu décrits, mais on comprend leurs décisions et leurs ressentis. J'ai mis du temps à comprendre la raison de la rencontre avec les créatures. Quand ce fut fait, j’ai pris ma lecture en pleine poire. Un petit coup de cœur. (19/20)

J’ai moins aimé La Trouffionne, l’Épée nova et les Textes tri-chantés, nouvelle que j’ai trouvée un poil trop longue. Pour autant, l'émotion passe toujours et j'ai encore une fois apprécié la fin douce-amère, sans chichi. J’ai aimé le fait que ce soit quelqu'un décrit comme une ratée qui est sélectionnée par une entité respectée, tenant presque du divin, et qui résout tous les problèmes, avec tous les risques que cela encourt (et qui sont tus, parce que ce n’est pas le sujet, ici). Pas mon texte préféré mais cela reste du Chambers. (15/20)

Chrysalide m’a touchée. Une mère accompagne sa fille sur un chemin que la femme n’accepte pas mais qui s’y plie pour respecter la volonté de sa fille. De la transhumanité et du bon sentiment. C’est une nouvelle courte mais très percutante. Les tous derniers mots vont droit au cœur. (17/20)

Le Dernier Vaisseau est pour moi une nouvelle plus quelconque, dans le sens où je n’ai pas ressenti la patte de l’autrice pendant une grosse partie de ma lecture. C’est à la toute dernière page que cela a changé, par ce choix que fait et que laisse la protagoniste. Je ne peux pas dire que je me suis ennuyée pour autant car le style reste vif et les interactions donnent un ton acidulé. Sympathique pour la fin, sans plus pour le reste (13/20)

J'ai moins aimé à Une très bonne hérétique. Pour sa défense, je ne suis pas rentrée dedans. Le personnage ne m’attirait pas et j’avais du mal à discerner et à interpréter l’emploi alterné du singulier et du pluriel. J’ai commencé à m'intéresser au moment où Mas se rapproche de Lum’Matp, la capitaine du vaisseau. La fin est toujours aussi propre, avec un joli message véhiculé. Je ressors mitigée à cause du début. (13/20)



Un très bon recueil de textes, même si je suis plus mitigée quant aux dernières nouvelles. J'ai retrouvé ce que j'adore chez Becky Chambers, à savoir des personnages forts dans leur simplicité et attachants grâce à leurs propres émotions et leurs décisions. C'est sans oublier la douceur de la plume, retranscrite dans la traduction, qui rend la lecture si fluide. Bref, même si certains textes m'ont semblé moins intéressants, je suis contente d'avoir découvert ce recueil et j'ai hâte de retrouver l'univers de Becky Chambers.


15/20

Une très bonne hérétique de Becky Chambers, L'Atalante, 105 p.
Traduit par Marie Surgers, Couverture par Nicolas Sarter


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire