1816.
Vaincu par Ludwig, Élégast, le Sorcier Empereur, est en fuite.
Afin d'éviter l'effondrement de l'Empire, Irénion Brégante a pris le pouvoir et rétabli le Consulat. Mais la menace russe s'est brusquement accentuée depuis que leur terrifiant sorcier, Vakt, a supplanté le tsar.
Irénion doit à tout prix reconstituer la Grande Armée pour empêcher les Russes et l'infâme Faction Rouge d'anéantir les troupes françaises.
Éthelinde s'efforce, quant à elle, de découvrir un moyen de refermer les bulles noires permanentes. En outre, les soupçons qu'elle nourrit au sujet de Lithian deviennent si sérieux qu'elle en vient à provoquer une confrontation, afin de faire avouer à la magesse le lourd secret qu'elle semble leur cacher depuis longtemps.
De son côté, Ludwig, de plus en plus renfermé, retrouve enfin une raison de vivre lorsqu'il comprend qu'il a une chance de ranimer l'un des anciens portails qui menaient autrefois vers l'Autre Monde. Il ne rêve que de rejoindre la reine Mab.
La menace que Vakt, Seigneur de l'Abîme, fait désormais peser sur l'humanité devient si grande que les ennemis d'hier vont devoir s'allier et même chercher de l'aide auprès de combattants singuliers...
Chacun craint que les conséquences de l'ultime conflagration qui s'annonce ne signifient rien de moins que la fin de l'humanité...
Pourquoi ce livre ? J’ai embarqué dans cette aventure dès le départ, avant même qu’elle ne soit parue, d’ailleurs, car mon auteur-libraire fait partie des amis de François Baranger et connaissait donc ce projet avant sa commercialisation ! Bref, entre uchronie et Napoléon, j’avais signé de suite ! Aujourd’hui nous voilà rendus au quatrième et dernier opus, que j’ai terminé cette nuit tellement je voulais le fin mot de l’histoire - c’est tellement rare ces derniers temps que cela montre à lui seul ô combien j’ai apprécié l’univers !
Sorcier de sang nous amène là où nous avions laissé les personnages. Dans une atmosphère toujours plus sombre, ténébreuse, désespérée, la terreur règne sur l’Europe, grignotant progressivement l’Afrique du Nord. La menace incarnée en Vakt s’allonge et gagne de l’épaisseur, du corps. L’ambiance est si finement travaillée que le lecteur ressent le même désespoir que les personnages. Jusqu’à la fin, on entrevoit aucune issue tangible, aucun adversaire de taille pour lutter contre cette abomination.
Les scènes d’horreur se multiplient. Que ce soit par l’entremise d’Uliatine, l’ancienne Comtesse devenue reine, ou par Vakt lui-même, l’auteur n’épargne aucun détail macabre. On compte ici plus d’hémoglobine que dans les trois précédents opus réunis. Cela contribue à l’ambiance austère et désespérée sans toutefois tomber dans l’excès. Même si les âmes sensibles ne seront pas épargnées par tous ces détails sanglants, c’est parfaitement bien dosé.
François Baranger n’épargne pas ces personnages. Certains vont tomber, d’autres vont avoir du mal à trouver leur place. D’ailleurs, de nouvelles têtes font leur apparition, offrant un équilibre précaire de douceur face à cette montée en puissance de la menace russe. J’ai apprécié ces deux personnages, pour le vent de fraîcheur qu’elles apportent, pour l’univers onirique dans lequel ils opèrent. C'était une surprise inattendue qui apporte son lot de nouveautés.
L’intrigue prend une tournure plus militaire et scientifique. L’ensemble se complète bien, de sorte que nous ayons l’action au même titre que les révélations. Je ne peux pas dire que je sois en accord avec l’une d’elle, dans le sens où le personnage affirme d’emblée “je ne peux pas trop en dire parce que les répercussions seraient terribles”, et au final ce même personnage évoque plusieurs choses qui pouvaient, selon moi, être évitées…
Les personnages vont me manquer, indéniablement. Je ne ressens pas le même attachement pour chacun d'eux mais on les suit depuis tellement longtemps dans leurs aventures que, forcément, les adieux sont déchirants. J’ai surtout apprécié Ethelinde et Linthian, même si Irénion et Ludwig sont intéressants également, dans des humeurs plus moroses.
Les scènes de bataille ou les décors sont décrits avec précision, de sorte qu’on s’imagine parfaitement où on met les pieds ou les différentes phases d’une bataille. On perçoit la patte de l’artiste et son côté illustrateur. Il visualise la scène et arrive à la reconstruire par les mots.
En parlant de mots, le style est toujours aussi plaisant à lire. On perçoit pleinement l’émotion des uns et des autres et l’auteur garde un ton très doux, malgré un univers très sombre. Cela se lit très facilement tant c’est fluide, et c’est aussi pour cette raison que j’ai lu ces six cents et quelques pages en un temps record !
Une bonne conclusion de saga. Certes, je n’adhère pas à tout ce qui s’y passe, notamment dans les explications scientifiques. Cependant les révélations sont pleines de sens et j’ai vécu les atrocités dues à ce sorcier de sang au même titre que les personnages - la peur de trépasser en moins. L’uchronie est vraiment bien gérée et le cadre historique donne un sens au tableau. J’ai adoré cet univers et je le recommande à tous ceux qui aiment ce genre d’aventures !
16/20
Sorcier de sang de François Baranger, Denoël, 621 p.
Couverture par François Baranger
Les autres titres de la saga :
1. Sorcier d'empire
2. Second sorcier
3. Sorcier empereur
4. Sorcier de sang
- saga terminée -
1. Sorcier d'empire
2. Second sorcier
3. Sorcier empereur
4. Sorcier de sang
- saga terminée -





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