20 ans avant Légendes & Lattes, l’aventure commence ici…
Ça y est : la vie de mercenaire commence enfin pour Viv et avec elle, la gloire, la fortune… et le danger. Mais les choses ne se passent pas comme prévu pour la jeune orc, confiante à l’excès. À la suite d’un terrible accident, son équipe l’abandonne à Grise, une ville (bien trop) paisible.
Morose et désœuvrée, Viv rentre par hasard dans une librairie… qui va changer à jamais le cours de son existence. Et lorsqu’un mystérieux homme grisâtre fait son apparition en ville, et met en danger ses nouveaux amis, la jeune femme va devoir prendre des décisions bien difficiles.
Pourquoi ce livre ? J’ai découvert cette série tout récemment par son premier opus et j’ai tellement apprécié le moment tout doux passé que j’ai eu envie de prolonger rapidement l’instant avec ce préquel.
Sagas et Sable d’os met en scène Viv à l'âge bête où on croit savoir ce que l’on veut faire, sans se rendre compte que ce n'est pas forcément ce qui nous convient le mieux. Elle est une orc, elle est faite pour le combat, cela lui semble de devenir mercenaire auprès d’un célèbre gars. C’est aussi l'âge bête où l’on fonce dans le tas au mépris du bon sens et où on finit blessé, à rester en convalescence à l'arrière pendant que les autres poursuivent leur mission. Viv n’est pas forcément amère. Elle apprend.
Dans ce tome on commence à percevoir à quel point la jeune orc a bon fond. Au gré de ses errances dans ce village sans intérêt, sans passage, elle va s’intéresser à une vieille boutique défraichie. Très vite, elle va se sentir l’âme d’une samaritaine, à tenter de redonner vie et beauté à ce lieu que nous chérissons tous temps : une librairie !
J’ai été moins happée que par le premier opus. Peut-être n’est-ce pas dû à l’ouvrage en lui-même mais au moment où je l’ai abordé, avec une période psychiquement intense au travail. Peut-être est-ce dû au fait que l’intrigue ne porte pas sur la création d’un lieu du début à la fin mais à reconstruire un endroit qui a eu son heure de gloire et qui n’abrite à présent que des fantômes - ou des squelettes ! Fait qui, effet rebond du covid, commence à se constater dans notre réalité, en tout cas en France : les librairies vont mal et beaucoup déposent le bilan, après deux-trois années de gloire. Cela me touche forcément, ayant fait mes études là-dedans, étant lectrice depuis mon plus jeune âge.
Et puis Viv se cherche, elle aussi. A peine jeune adulte, elle vit ses peines et ses espoirs, ses certitudes et ses doutes, avec la force de la prime jeunesse. Je ne dirai pas que cela m’a ennuyée de la suivre dans sa volonté de soutenir ces habitants car ce serait mentir : j’ai continué, jour après jour, à ouvrir ce préquel avec un plaisir certain. Seulement, c’était plus facile de décrocher que pour le premier opus, que j’aurais bien gobé d’une traite.
L’intrigue est moins douce également. Étant donné les déboires pécuniaires de Salvinia et l’absence de clients, la douceur ne pouvait pas être omniprésente - elle l’est quand même, rassurez-vous. De plus, des questions liées aux armes, aux combats et aux missions en général reviennent régulièrement, de sorte que les préoccupations plus matures ont aussi leur place. Ce n’est pas choquant, puisque nous sommes dans un préquel, mais ce n’est pas ce que j’espérais.
Finalement, je me rends compte que l’intrigue autour de la menace de Varyne ne m’intéressait pas du tout. Je préférais suivre les préoccupations de la souris et de sa boutique, plutôt que suivre cette menace lointaine. Cependant, j’ai beaucoup aimé la façon dont le groupe se débarrasse du danger, sans plus de heurts que nécessaire. De plus, l’ouvrage se termine de la meilleure des façons en raccrochant les wagons avec le premier opus, de sorte que l’on croise des personnages que nous connaissons bien, et qui me manquaient énormément. Viv en a fait du chemin, depuis. L’épilogue est également l’occasion d’amorcer l’intrigue du second volume. De quoi donner l’eau à la bouche !
Comme je l’insinuais ci-dessous, je me suis moins attachée à la jeune Viv. Cependant j’ai apprécié découvrir à son rythme les différentes personnalités qui façonnent ce visage, avec Salvinia, bien sûr, mais aussi sa chouette ou encore Méli la patissière.
Je ressors de cette lecture avec le sentiment que ce préquel est moins bon que le premier opus. Viv est encore bien jeune, indécise par certains côtés et très assumée par d’autres. J’ai beaucoup aimé découvrir les autres personnages, sans pour autant m’être attachée à eux. L’intrigue m’a également moins convaincue, parce que cela résonne trop avec les déboires des librairies dans notre monde aujourd’hui. J’ai globalement aimé cette lecture, tout en ayant le sentiment que c’était une cosy fantasy moins douce. Je ne recommande pas de commencer la découverte de l’univers par celui-ci.
14/20
Sagas & Sable d'os de Travis Baldree, Ynnis, 364 p.
Traduit par Stéphanie Chaptal, Couverture par Carson Lowmiller
Les autres titres de la saga :
Hors série. Sagas & Sable d'os
1. Légendes & Lattes
2. Canailles & Couteaux
- saga en cours -
Hors série. Sagas & Sable d'os
1. Légendes & Lattes
2. Canailles & Couteaux
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