« Lennie serra les doigts, se
cramponna aux cheveux.
-
Lâche-moi, cria-t-elle. Mais lâche-moi donc. Lennie était affolé. Son visage se
contractait. Elle se mit à hurler et, de l'autre main, il lui couvrit la bouche
et le nez. - Non, j'vous en prie, supplia-t-il. Oh, j'vous en prie, ne faites
pas ça. George se fâcherait. Elle se débattait vigoureusement sous ses mains...
- Oh, je vous en prie, ne faites pas ça, supplia-t-il. George va dire que j'ai
encore fait quelque chose de mal.
Il m'laissera pas soigner les lapins. »
Il m'laissera pas soigner les lapins. »
Mon
avis :
Toujours dans ma volonté
d’approfondir mes connaissances des œuvres dictes classiques, je me suis lancée
dans celui-là puisque j’ai eu la bonne surprise de le découvrir dans la
bibliothèque de ma sœur (sûrement acheter pour le secondaire, car ce n’est
franchement pas son genre de lectures habituel). C’est parti !
J’ai eu beaucoup de mal à accrocher
au récit et, pour être franche, je n’ai jamais réellement été emballée par l’ensemble.
Je l’ai seulement fini parce que je me suis forcée de le faire, me répétant que
ce serait intéressant pour ma culture générale, à utiliser dans une dissertation
ou autre. Mais l’intérêt s’arrête là.
La mise en forme du texte ne m’a pas
du tout convaincue. La narration est des plus basique, va droit au but sans
prendre le temps de détailler, de nuancer, de décrire, etc. C’est l’époque de l’Amérique
en quête d’expansion, de richesses, de puissance, l’époque des paysages
sauvages et atypiques. Pourquoi ne pas s’attarder à les décrire, ne serait-ce
que quelques lignes ? De même, quand un personnage prend la parole, c’est
que par « il dit », « il demande », « il dit »,
etc… C’est très rébarbatif et, moi qui déteste les répétitions, je fus
rapidement lassée, voire ennuyée par ces termes.
Dans le même style, les dialogues
sont également très courts, ils vont droit au but et c’est extrêmement dérangeant
parce que l’attention se concentre exclusivement sur le peu d’histoire mis en
avant, si bien que cela devient rapidement long à lire… Je comprends que ce
soit un style d’écriture, qui répond sûrement à des normes prescrites à l’avance,
mais je ne trouve pas ce genre de règles très attachant, malheureusement.
Les personnages sont, à l’instar du
récit, très plats. Mis au service du propos de leur auteur, ce dernier ne leur
prête aucune personnalité, aucune profondeur. De chacun (et je ne parle là que
de George et son ami Lennie), on ne connaît que le passé récent, le présent
(encore heureux) et leur sorte de projet qui tient plus du doux rêve que d’un
projet concret. Ne cherchez pas de l’émotion dans cette œuvre, vous n’en
trouverez malheureusement aucune.
On découvre toutefois George, homme
intelligent qui « se coltine » un compagnon de route simple. Dû à un
accident, Lennie s’est vu perdre sa mémoire et seules quelques paroles de George
lui restent en tête, comme le souligne avec surprise ce dernier à un moment du
récit. Lennie est toutefois doué d’une force brute impressionnante, ce qui va d’ailleurs
engendrer tous les problèmes jalonnant l’intrigue.
La fin devrait apparaître comme des
plus surprenantes et des plus cruelles, même si je ne vous dirai pas en quoi.
Malheureusement, en raison d’une platitude tout au long de la lecture, je ne me
suis pas sentie concernée par les diverses péripéties survenues et je n’ai donc
rien ressenti, si ce n’est un léger effroi.
Finalement, si je réfléchis bien, la
seule chose que je retiens de ce livre, c’est le propos de l’auteur, qui
sous-entend que les plus faibles et les plus différents de la norme sociale
sont évincés. Mais l’idéaliste que je suis à mes heures perdues n’aiment pas
trop cette interprétation et froncent même du nez.






