30 oct. 2015

Le Pacte des Marchombres, tome 3 - La Prophétie




Synopsis :

« L'ouverture est le chemin qui te conduira à l'harmonie.
C'est en s'ouvrant que le marchombre perçoit les forces qui constituent l'univers.
C'est en s'ouvrant qu'il les laisse entrer en lui.
C'est en s'ouvrant qu'il peut espérer les comprendre. »




Mon avis :

            La fin de cette aventure en Gwendalavir approche, et on commence à avancer comme à regret dans cet univers riche de découvertes et de promesses. D’un autre côté, il fut difficile de résister aux derniers pas aux côtés d’Ellana… raison pour laquelle j’en suis à poster cette chronique, d’ailleurs !
            Cela dit en passant, l’ensemble de cet avis risque d’être un flot de spoil donc les curieux qui n’auraient pas encore eu la bonne idée de tomber dans la marmite des tomes précédents feraient mieux de passer leur chemin. (Et on ne pourra pô dire que j’aurai pô prévenu !)

            Si l’on doit situer cette œuvre dans l’univers gwendalavirien, les deux premiers tomes du Pacte des Marchombres ont lieu avant les deux sagas concernant Ewilan. Si la fin du second tome laisse présager un parallèle entre les deux univers dans ce troisième tome du Pacte, ce dernier va plus loin puisqu’il rapporte la vie d’Ellana quelques années après la victoire face à la créature Amour. Des années qui furent bien mouvementées…

Le début est tout simplement incompréhensible. Alors que nous avions quitté une Ellana heureuse, épanouie, libre, dans le précédent tome, voilà qu’elle se retrouve dans cette position fâcheuse, rapportée avec tellement d’émotions et de « souffrances » par le Maître des Mots que le lecteur se voit incapable de refreiner son angoisse, voire des larmes pour les plus sensibles d’entre eux (*cache les trois paquets de mouchoirs vides*).
            Souffrance. Qu’elle soit physique, mentale, palpable et immatérielle, c’est cette émotion qui deviendra le fil conducteur de l’histoire, qu’elle concerne Ellana ou d’autres personnages. Il ne faut pourtant pas tomber dans l’idée que cette souffrance tombe dans l’obsession macabre, car ce serait se leurrer sur le pouvoir de l’auteur. En effet, ce dernier a eu l’intelligence d’agrandir l’intérêt de son récit par une alternance des temps, insérant de nombreux flashbacks, sous forme de souvenirs, pour permettre à son lecteur de faire le lien entre les aventures d’Ewilan et le moment présent où Ellana se retrouve blessée contre un arbre. Un meilleur moyen de faire monter la pression et le suspens pour connaître le fin mot de l’histoire, mais également de jongler avec l’émotion de son public, nous faisant passer de l’angoisse à la joie, de la joie à l’émerveillement, de l’émerveillement à la tension, de la tension à l’angoisse. Des larmes aux rires, des rires aux larmes. En d’autres termes, dans ces six cents pages on ne fait que revivre et comprendre les termes émotion et sensation.
            Ce tome, par l’intermédiaire de la rétrospection, permet également d’étoffer l’apprentissage de Salim, devenu un personnage à part entière, plus central (et beaucoup moins lèche botte d’Ewilan). Cela permet également à Pierre Bottero d’indiquer les similitudes et les variations dans l’apprentissage d’un marchombre, qui quoique ressemblant restera unique. L’Anh-Ju, le Rentaï, des étapes de son évolution qui ne sont pas sans rappeler celles d’Ellana (et du coup, on a envie de recommencer la saga ! Cercle vicieux, bouhouhou…).
            Le clin d’œil au sujet du monde des Petits est également l’occasion de verser sa petite larme. Oukilip et Philipip n’ont pas changé, restés insouciants et innocents malgré les ravages du temps. Et pourtant… Pourtant, ils avaient tout prévu. Et l’émotion revient, envahit le lecteur au triple galop.
            Je n’ai pas trop envie de m’attarder sur la fin, le combat final opposant Chaos à la Lumière. Si ce dernier nous offre enfin la réponse quant au nombre exact de marchombres, ça n’en est pas le plus important ici. Le plus important, c’est l’union de différents peuples, différentes civilisations rivales dans la tradition, mais qui s’allieront pour soutenir Edwin dans sa quête de vengeance (voilà voilà, vous en savez assez pour avoir l’eau à la bouche sans que j’ai besoin d’en dire plus sur l’intrigue !).

            Vous l’aurez compris, cette rétrospection permet un retour de nombreux personnages, vivants ou disparus, vus dans les sagas d’Ewilan ou dans les deux précédents tomes.
            Ellana évolue grandement dans ce tome-ci. Elle que l’on connaissait rebelle cynique, droite et fidèle, une battante à qui la simple idée de tuer pour le plaisir révulse, la voilà qui se dévoile sous un nouveau jour, entraînée par un esprit de vengeance. Prête à abandonner en début d’œuvre, c’est finalement le goût de la vengeance qui l’emporte sur sa faiblesse. Par ses émotions elle devient plus humaine, plus accessible, plus à la portée de son lecteur. Mais au fond, elle reste la même, une femme hors pair et juste.
            Salim est également mis en valeur dans ce tome. Lui qui apparaissait toujours dans l’ombre d’Ewilan, au point de passer pour un « gentil petit toutou », le voilà ici plus mature, plus évolué, plus solitaire également, bien que son attachement pour la jolie blonde aux yeux violets soit toujours d’actualité. Que cela soit du à un vieillissement ou aux progrès sur la voie marchombre, le rendu est vraiment agréablie à lire, si on compare aux sagas sur Ewilan.
            Cette dernière change également. Elle nous apparaît moins sûre d’elle, plus fragile à cause de la fluctuation de son don. Si cela contraste grandement face à ses sagas pour m’avoir fait tiquer à plusieurs reprises, cela n’en reste pas moins discret et on comprend facilement que l’auteur a voulu amoindrir son potentiel pour laisser plus de place aux capacités des autres. Effet réussi !
            Enfin Edwin, guerrier incommensurable. S’il ne faisait déjà pas très humain précédemment au vu de son potentiel, il nous apparaît ici vraiment comme une machine à tuer avec son désir de vengeance et sa volonté de retrouver ce qu’il a perdu… D’un autre côté, la douleur auquel il doit faire face l’humanise tout autant qu’Ellana, lui qui laissait peu de place à ses sentiments auparavant, ou du moins qu’il les cachait.
            Ce tome est également l’occasion de laisser place à Sayanel, personnage discret qui s’était davantage effacé lors de la trahison de Nillem. Je ne veux pas en dire beaucoup sur lui, mais c’est un personnage auquel j’accroche énormément si bien que je fus heureuse de le retrouver dans ce tome. De plus, c’est grâce à lui que l’aventure marchombre a commencé, il fallait bien qu’il fasse acte de présence de pour clore le chapitre et tourner la page (si je puis dire).

            Passons au style à présent. Mais que pourrais-je révéler de plus que je n’aurai pas déjà dit ? Le style de Pierre est de retour, toujours plus fort, au plus proche de la fluidité, la simplicité, au service de l’émotion et de la discrétion.
            Je suis tombée amoureuse de sa plume, je crois qu’aucune autre plume ne me fera jamais autant rêver et voyager que la sienne. Le penser est cruel, le clamer haut et fort tient du masochisme, mais c’est comme ça…

Un dernier grand merci au Maître des Mots, et on tourne cette fameuse page…
Pour y revenir.
Bientôt.

En conclusion, de l’émotion, de la rétrospection, de l’action. On passe par plusieurs états dans ce dernier volet, que ce soit la joie à la tristesse, de l’émerveillement à l’angoisse. Et toujours cette légèreté de la plume qui nous emmène au plus profond de notre émotion. On ne peut pas rester insensible à ces angoisses, ces pertes et ces retrouvailles. Le Pacte des Marchombres est la saga plus aboutie de l’œuvre de Pierre, et ce dernier tome est une de ses plus belles perles. Un coup de cœur, indéniablement.





"- Tu crois qu’elle reviendra cette fois ?
- Tu veux dire qu’elle reviendra pour de bon ?
- Oui, qu’elle reviendra pour de bon.
- Euh… ça je ne sais pas, en revanche je sais autre chose. Quelque chose que toi aussi tu sais.
- Et c’est quoi que tu sais et que je sais aussi ?
- Elle ne nous a jamais quittés."

Dialogue entre Oukilip et Philipip

Les autres titres de la saga :
1. Ellana
2. L'Envol
3. La Prophétie
- Saga terminée -

4 commentaires:

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    1. Oui, une des meilleures que j'ai pu lire ;)

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  2. Bouhuhuhuhuhu :'(
    *trop d'émotions*
    Non, sérieusement, lire ta chronique m'a rappelé teeeeeeellement de choses. J'ai pleuré toutes les larmes de mon corps avec cette trilogie, je me souviens :D J'ai relu le tome 1 d'Ewilan il n'y a pas longtemps, peut-être devrais-je continuer et me faire une relecture des 3 trilogies. Mais le problème, comme tu le dis, c'est qu'une fois ce tome fini, on a envie de retourner au début :D

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    1. Ahah, oui, l'envie comme l'émotion sont là ! ;)
      Je ne sais pas comment tu fais pour résister à la tentation de lire les autres tomes ! Moi si je commence, je m'arrête plus =D

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