18 janv. 2018

Six of Crows, tome 1



           Ketterdam : une ville grouillante de malfrats où tout s’achète si on y met le prix. Ce principe, personne ne l’a fait autant sien que Kaz Bekker, dit « les Mains Sales ». Quand le voleur se voit offrir une mission impossible mais qui le rendra riche, il réunit son équipe : un soldat assoiffé de vengeance, un tireur d’élite accro au jeu, un jeune fugueur des beaux quartiers, une espionne défiant les lois de la gravité, et une Grisha aux puissants pouvoirs magiques. Six dangereux hors-la-loi seuls capables de sauver le monde – s’ils ne s’entretuent pas avant...


Pourquoi ce livre ? Soyons clair, tout le monde dans mon entourage plus ou moins proche me conseillait d’attaquer de diptyque sans plus tarder. J’ai mis plusieurs mois pour me décider mais j’ai fini par céder à leurs exigences.

D’un point de vue global, j’ai bien aimé cette nouvelle saga Young Adult sur fond de Fantasy. J’ai tout de même ressenti une légère déception arrivée en bout de courses, je vous expliquerai la raison dans le déroulé classique de cette critique.

Le début commence directement dans l’action. Deux gangs s’affrontent verbalement, cela permet de poser le cadre de l’intrigue mais également de définir les personnages que nous nous apprêtons à suivre. Doublé cet effet par une première trahison révélée sur le fil, et des acteurs dans l’ombre, y’a de quoi plaire au plus récalcitrant ! L’ambiance est sombre, mystérieuse, les rues sont peu certaines de nuit comme de jour, il peut sembler difficile de s’immerger correctement dans un pareil environnement mais je vous assure que tout se fait en douceur.
Les choses se gâtent progressivement. Dirtyhands, ou Kaz de son prénom, est débauché pour une des affaires les plus délicates qui soient. Un homme aux compétences d’alchimistes développées est enlevé afin qu’il révèle le secret de sa nouvelle drogue. A Kaz de monter une équipe fiable et compétente pour sortir l’alchimiste de ce pétrin.
Bien entendu on s’attend à ce que rien ne se déroule comme prévu, qu’il y aura quelques anicroches et bon nombre de rebondissements. Je fus déçue de ce côté-là. Certes, les personnages prennent des coups au passage et on a peur pour ce qui attend certains d’entre eux. Mais ce n’est pas pour autant qu’ils ont eu beaucoup de bâtons dans les roues.
La fin se parsème de quelques rebondissements, mais ce n’est pas suffisant à mon goût pour relever l’intérêt. En revanche, la toute fin promet de bonnes petites choses pour l’intrigue du second tome ! Je ne me jetterai pas dessus mais je le lirai un jour, c’est certain.

Les personnages incarnent la grande force de ce premier tome. Chacun possède sa propre personnalité, on s’attache ou non (mais le plus souvent le oui l’emporte). Et puis les relations entre eux se développent d’abord avec parcimonie, comme on s’y attend dans une intrigue évoluant dans les bas-fonds de la société, puis plus hâtivement alors qu’il faut faire face aux multiples obstacles au cours de la mission.
Kaz gère son petit monde tel un chef d’orchestre ses musiciens. C’est carré, sévère, mais l’ordre et l’efficacité règnent dans l’équipe. Hormis cela, le personnage se dévoile par petits pas, d’abord mystérieux on entrevoit des pans de son enfance. Ceci explique cela, l’horreur resserre la gorge du lecteur et on comprend le climat sec de ce jeune homme de dix-sept ans qui en paraît quarante.
Inej (prononcé « Ineige », ahah), surnommée le Spectre, est mon personnage préféré. Sûrement parce qu’elle me rappelle Ellana du Pacte des Marchombres (qui restera toujours mon héroïne fétiche !). A la fois douce et déterminée, il réside en elle une part de mystères, une histoire sombre encore une fois, qui a façonné sa personnalité au même titre que Kaz a façonné sa réputation (à elle, et pas seulement à lui). Ses mouvements sont vifs, sa lame acérée, elle est crainte dans tous les mauvais quartiers. Et ça m’a beaucoup plu !
Matthias, Jesper. Je trouve qu’on n’en sait pas suffisamment sur ces derniers et ça me chagrine profondément, surtout pour Jesper, à la fois discret et incisif. C’est plus différent avec Matthias, d’abord parce qu’on en apprend un peu plus, ensuite parce qu’il devient très vite agaçant lorsqu’il côtoie Nina. Ah, sacré Nina… Je n’ai pas du tout adhéré à ce personnage, qui peut passer des larmes à une détermination dangereuse en quelques secondes. J’ai trouvé que c’était le personnage le plus brouillon de tous – mais ce n’est pas difficile vu que les autres sont maîtrisés à la perfection. Concentrée sur ses problèmes relationnels avec Matthias, elle efface tout le reste de son champ de vision et c’est insupportable.
Hormis cette dernière, les personnages sont géniaux, les bons comme les méchants – ces derniers ne foisonnent pas non plus, ou du moins ne paraissent pas exécrables au premier abord. Là-dessus c’est un bon point, qui nous change des classiques Young Adult.

La plume, sans être mémorable, offre également des instants de plaisir avec une lecture fluide. Elle plonge d’emblée dans cette ambiance sombre, sans que cela n’atteint négativement le lecteur.


     J’ai terminé le livre y’a de cela cinq jours, j’ai écris la chronique sur deux jours et une vérité me surprend. Kaz et sa bande me manquent déjà. Je ne pensais pas que ce serait possible mais le fait est là, malgré moi je me suis attachée à leur caractère bien trempé, à leur relation, leur passé et leurs espoirs. L’intrigue manque de convictions, notamment par les obstacles surmontés avec trop de facilités. Mais la plume efface ces points négatifs en posant l’ambiance avec légèreté. J’ai hâte de les retrouver, et j’essaierai de lire l’intrigue plus tôt que prévu. 

16/20




Les autres titres de la saga :
1. Six of crows
2. La cité corrompue
- saga terminée -


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