31 mai 2015

Le Pacte des Marchombres, tome 1 - Ellana





Synopsis :

"- Ellana, la voie des marchombres ne t'apportera 
ni richesse ni consécration,
elle t'offrira en revanche un trésor que 
les hommes ont oublié : ta liberté.
Si tu le désires, je peux accompagner tes premiers pas.
- Que voulez-vous dire ? "





Mon avis :

            Toujours dans le cadre d’une relecture avec mon homme adoré (comment ça j’en fais trop ?), je sautillais d’envie à l’idée de découvrir à nouveau Le Pacte des Marchombres, qui met cette fois-ci en avant Ellana, personnage culte des sagas sur Ewilan. Ellana. Ellana… Que demande le peuple ? Encore plus d’Ellana, pardi !
            Rédiger un avis sur ce tome, voire sur la saga toute entière, est pourtant un exercice périlleux. La crainte de dénaturer l’œuvre, sa philosophie, le style de l’auteur, de vouloir donner envie de le lire mais en faire trop au point que les futurs lecteurs seront déçus, tout cela me fait redouter cette chronique. Mais bon, faut bien se lancer un jour…

            Il est très rare que je perde mon temps à lire une préface, même si j’ai conscience qu’elle permet d’étayer le point de vue d’un auteur ou d’un éditeur, qu’elle permet d’approfondir un sujet à peine effleurer dans le texte, de mettre en bouche pour la suite, ou que sais-je ?
Pour Ellana, il me paraissait inconcevable de ne pas lire cette fameuse préface, qui réunit les trois idées énumérées plus haut, qui permet de comprendre pourquoi Pierre Bottero s’est dirigé vers la rédaction de cette nouvelle saga. La préface fait trois pages, tiendrait sur seulement deux, mais elle suffit amplement pour faire naître des émotions contraires chez le lecteur : le sourire, les larmes. Dire que nous ne sommes même pas encore dans le vif du sujet…

Les premiers chapitres sont tout simplement sublimes. Ils nous plongent dans l’univers de Gwendalavir, empire que nous connaissons déjà si bien. Pourtant, nous voyageons dans une province assez méconnue, au nord d’Al-Far, dans les régions les plus sauvages et par conséquent les moins habitées de l’empire alavirien. Sublime  par la simplicité des mots et les émotions fortes qui émanent d’eux, par l’innocence de cette enfant de cinq ans que nous rencontrons enfin, par les promesses d’une suite splendide, par la brutalité et la cruauté. Les pages se tournent sans que l’on perçoive les mouvements, avides que nous sommes à vouloir connaître la suite sans attendre.
L’enfance de cette fillette construit progressivement sa personnalité, et la voie du marchombre, avant même qu’elle n’apprenne la signification de ce terme, était toute tracée pour elle. J’en viens même à me demander, en écrivant cette chronique, ce qui se serait passée pour elle si elle n’avait rencontré ces différents personnages qui la conduisirent vers cet avenir prometteur. Mais bon, mes pensées divergent…
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, Ellana n’a eu pas une enfance facile, même si certains personnages, pour étonnants qu’ils soient, ont contribué à adoucir la brutalité de certains événements dans sa jeune vie. Là encore, Pierre Bottero manie les émotions de ces personnages et de son lectorat avec tant de maîtrise et de facilité, on se laisse couler dans ces mots apaisants et marquants.

Pourtant, je redoutais à certains moments que quelques passages soient longs, dû à l’apprentissage d’Ellana sur la voie. Mais là encore, l’auteur nous surprend en distillant conseils et magie progressivement, sans brutalité et au moment le plus adapté pour un meilleur impact, ou une meilleure gifle. Une chose est sûre, on ne peut rester indifférent à tant de légèreté, de sagesse et d’émotions.
De nombreux événements liés à la voie du marchombre nous sont révélés ici, certes progressivement, d’une manière à la fois douce et brutale. On découvre en même temps qu’Ellana un monde nouveau, alléchant, qu’est la guilde. Difficile de ne pas évoquer plus en détails cette dernière, mais elle appartient au groupe de choses qu’il faut découvrir par soi-même.
            En revanche, il m’est interdit de parler de la voie du marchombre sans un petit paragraphe sur leur poésie. Inspirée des haïkus, la poésie marchombre se veut libre de toutes contraintes (étonnant, n’est-ce pas ?) ; les seules normes sont qu’elle s’étale sur trois vers, qu’elle se lit intérieurement et non à haute voix afin qu’elle soit plus marquante dans l’âme, et doit dégager une émotion, ou une sorte de vérité, quelque chose qui ne laisse pas indifférent. Peu importe que certains ne comprennent pas, c’est une poésie intime qui se fait seulement comprendre par les concernés. Et les différents poèmes qui jonchent le livre sont indescriptibles de beauté et de simplicité. Je me permets juste d’en glisser un ici, qui me parle énormément :

Limites sans cesse repoussée
Plaisir infini
Ecriture

            C’est dans cet univers qu’Ellana progresse, sous l’aide de son maître Jilano Alhuïn. Franche et piquante, imprévisible et impertinente, elle possède toutes les qualités pour être attachante aux yeux du lecteur. Une certaine grâce et un voile de mystère l’entourent, elle qui rebute à l’idée de se livrer, même par moment à son maître.
            Mon seul regret concerne la facilité avec laquelle elle arpente la voie mais finalement cela lui correspond bien. Elle a grandi ainsi, a toujours évolué en toute liberté dans un monde dénué de normes, elle était destinée à devenir marchombre.

            Est-ce vraiment une nécessite que je parle encore du style de l’auteur ? Une nécessité, je ne pense pas. Mais une obligation, c’est une autre paire de manches…
            Léger, subtil, marquant, je le dis et le répète, ce sont les adjectifs qui caractérisent le mieux le style de Pierre Bottero. Mais ici, dans une œuvre aussi simple et complexe, aussi belle et marquante, le style d’écriture prend tout son sens, conduit vers une seule embouchure : la quête des limites et de la liberté, facile et perpétuelle. Ce style invite tout en douceur le lecteur à arpenter la voie aux côtés d’Ellana. Ne reste plus qu’à lâcher prise et à se laisser guider.
           
            Je ne sais si Pierre Bottero a voulu glisser une petite morale dans une œuvre pareille, même si je pense que si. Mais c’est le genre de livre où chacun interprète différemment sa portée, ainsi je ne me permettrais pas de parler au nom de la majorité.
Personnellement, j’en retiendrais qu’il ne faut pas prostituer sa personnalité dans la société comme la nôtre, et tenter de garder à l’esprit notre unicité et notre goût pour la liberté, de se battre pour les valeurs auxquelles on croit, même si c’est contre l’avis de la majorité. En clair, il lutte contre le conformisme ! (Ohlala, je vais loin dans mon délire, quand même…)

Il faut savoir que pendant que je rédigeais cette chronique, le livre se tenait à mes côtés, à me narguer pour que je le reprenne en main. Je l’ai fini il y a moins d’une semaine, et déjà l’envie se fait sentir de me plonger dedans, à la quête de saveurs, d’émotions, de découvertes. De liberté. Pourquoi résister ? (« Il y a deux réponses à cette question, comme à toutes les questions : celle du savant et celle du poète… ».)

            En conclusion, une œuvre majestueuse par sa beauté, sa simplicité, son contenu marquant. Le lecteur vogue et arpente la voie du marchombre au même titre qu’Ellana, personnage clé des Ewilan dont on apprend enfin les secrets, du moins ceux qu’elle accepte de livrer. Un bijou de la littérature fantasy jeunesse, qui remporte un grand coup de coeur.
Il faut le lire, enfant comme adulte, c’est aussi simple que ça.







« La vie est une question.
La voie du marchombre est tout à la fois
La réponse du savant et celle du poète. »

Ellundril Chariakin


Les autres titres de la saga :
1. Ellana
- Saga terminée -

4 commentaires:

  1. Bonjour :)
    Etant fan d'Ellana, je me trouve obligée de laisser une trace de mon passage sur cette chronique, Cordialement.

    "Toujours dans le cadre d’une relecture avec mon homme adoré"
    HEIN ? QU'OUÏS-JE ??? MONSIEUR BOTTERO EST MON FIANCE, COMPRIS ?! JE TE PÈTE LA TETE SI TU REDIS ÇA !!!

    Hum Hum, pardonnez moi...
    Sinon moi aussi j'ai a-do-rée Ellana, et je compte lire la quête d'Ewilan une fois la guerre des clans terminé :D

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    1. Heu... :O

      Sauf que, quand je parlais de mon homme adoré, je ne parlais pas de l'auteur XD mais du gars qui arrive à me supporter au jour le jour XD
      Mais d'accord, Pierre est ton "fiancé", je te le laisse si tu veux, je me contenterai d'apprécier son personnage :P

      Les Ewilan sont en-dessous d'Ellana au niveau du style, c'est beaucoup plus jeunesse, mais ça reste génial quand même ! =)

      Bonne lecture à toi :D

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    2. Oouups :/
      J'ai dû mal lire la phrase xD

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    3. On va dire ça :P
      Ce n'est pas grave, t'en fais pas ;)

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