3 mai 2018

Blackwing, tome 1 - La marque du corbeau




       Sous son ciel brisé, la Désolation est une vaste étendue de terre ravagée, née quand la Machine, l’arme la plus puissante du monde, fut utilisée contre les immortels Rois des profondeurs. Au cœur de ce désert, grouillant de magie corrompue et de spectres malveillants, les Rois et leurs armées attendent leur heure…

Pour Ryhalt Galharrow, la Désolation n’a pas de secrets. Chasseur de primes aguerri, il est chargé de retrouver une femme aux pouvoirs mystérieux, qui semble avoir mis au jour un inquiétant secret. Jadis, cette femme et lui se connaissaient bien. Voilà qu’ils se redécouvrent au milieu d’une conspiration qui menace de détruire tout ce qui leur est cher, et qui pourrait mettre un terme à la trêve fragile de la Machine…


Je tiens tout d’abord à remercier la plateforme NetGalley et les éditions Bragelonne pour ce partenariat.

Pourquoi ce livre ? Ca s’est décidé sur un coup de tête. J’affectionne particulièrement les éditions Bragelonne pour la littérature de l’imaginaire, leur ligne éditoriale est assez classique dans les intrigues qu’elle propose mais ça reste efficace. Et puis le résumé promettait de la post-apocalypse, chose que je n’avais pas lue depuis un bout de temps. Les conditions étaient réunies pour que je craque, et je n’ai donc pas hésité.

Dans l’ensemble je fus charmée par cette lecture. L’intrigue est basique, c’est avant tous les personnages et les quelques rebondissements qui offrent une originalité.

On découvre donc un pays dévasté par la Désolation, cet horizon désertique, sableux, sauvage, dans lequel se cachent des créatures plus horribles les unes que les autres, des créatures gouvernées par six hauts rois décidés à exterminer la race humaine. Evidemment, ces derniers ne se laissent pas faire, c’est là qu’on découvre notre protagoniste, qui revient de sa mission en Désolation. Sa verve cynique donne le ton très rapidement, ainsi qu’un style à la première personne, qui permet d’accéder aux pensées et par conséquent à plein de données en même temps.
Le retour vers la cité fait naître d’emblée une certaine tension qui nous est transmise par l’appréhension des personnages. Ces derniers passent par des recoins dangereux dont ils n’ont pas l’habitude, les répliques cinglantes et la démarche hésitante de chacun d’eux tendent à accroître le suspens. Et en réalité, cela se déroule ainsi tout au long de notre lecture, jusqu’à la fin. L’atmosphère est lourde, pesante, on suffoque bien malgré nous dans cette moiteur, on s’imagine aisément les terres désolées, les cités détruites, et Valengrad, qui fait face stoïquement à la Désolation. Les hommes reviennent tremblotants de la ligne de guet, prêts à se vider entièrement dans l’alcool et les femmes pour oublier l’horreur. Tous, sauf Ryhalt Galharrow, dont on navigue les pensées, qui accepte les missions à la pelle pour rembourser ses dettes. Et, dans un enchaînement parfait, l’intrigue progresse, foulant les impasses, rebondissant sans arrêt et ce même jusqu’à la fin.
Cette fin vient bien rapidement. Certaines choses étaient totalement prévisibles, mais certains retournements de situation offrent une surprise totale pour équilibrer l’ensemble. Je ne fus pas extrêmement fan du deus ex machina, j’ai trouvé ça un peu facile. Pourtant, l’effet va amener une surprise supplémentaire bienvenue, on va enfin comprendre ce qui se passe réellement autour de la Machine, cette arme qui a effrayé l’ennemi pendant deux décennies, on va comprendre comment la ville et les Sans-Nom, ces entités à l’égal des dieux, fonctionnent et cohabitent réellement.

J’évoque très succinctement les détails car le livre compte moins de quatre cent pages, finalement c’est plutôt court et je ne veux rien spoiler. Mais j’ai aimé la plupart des ingrédients qui lient cette intrigue. L’ambiance est géniale, c’est peut-être le meilleur dans ce premier tome. Comme je le disais, nous sommes réellement oppressés tout au long de notre lecture, c’est un effet désagréable qui sied à merveille aux personnages. Ces derniers ont un tempérament comme on s’y attend dans un tel environnement : hostiles, cyniques, désespérés. Et puis les éléments s’emboîtent bien, s’enchaînent à merveille, la tension s’insinue brutalement et enfle sournoisement… Cela faisait une paire de mois qu’une parution de Bragelonne ne m’avait fait autant d’effets.

 Les personnages incarnent la grande force du roman. Hostiles et indépendants, ils sont en parfait accord avec l’atmosphère des paysages. Je voulais employer le terme d’osmose à la place d’accord, mais quand on connaît les tenants et aboutissants de l’intrigue et de son décor, on ne peut pas dire que ce soit si posé. Bref, Ryhalt nous étant dévoilé à la première personne, il est très facile de s’attacher à lui malgré son tempérament impétueux et teigneux. C’est surtout sa façon de s’exprimer qui m’a plu, il ne mâche pas ses mots, il s’assume et assume ce qu’il pense, n’allant jamais jusqu’à mentir, sauf si cela peut servir un de ses plans. Accompagné d’une Nenn qui ne mâche pas non plus ses mots et d’un Tsota aigri, l’auteur a mis en place un trio de choc que l’on craint de perdre à plusieurs reprises !
Dans les autres personnages appréciables se situe Dantry, un jeune noble qui sert les desseins de sa sœur, Ezabeth. J’ai eu plus de difficultés à m’acclimater à cette dernière, elle se cache derrière son objectif, elle en devient salope (désolée du mot mais c’est tout à fait cela), le genre de personnes égocentriques qui me rebutent au plus haut point. Enfin, je dis égocentrique mais ce n’est pas tout à fait cela, elle se fiche complètement des autres, sa mission passe avant tout. Certaines péripéties font évoluer les tempéraments des uns et des autres et la toute fin a changé mon regard sur cette noble.
Les complots fomentés par certains donnent l’impression que le mal rôde partout, pourtant la fin est une belle claque de ce côté puisque l’on se rend compte que le gouvernement n’est pas réellement ce qu’on croyait. Je ne vous en dirais pas plus pour ne pas révéler trop de détails et pourrir votre lecture, mais le revirement fut des plus appréciables !

Le style d’écriture est lui aussi en accord avec l’ambiance. Sans être dur à lire, le vocabulaire est soigneusement choisi pour rendre compte de la dureté et de l’hostilité de cet univers.



     Un premier tome qui dépasse allègrement la fameuse étiquette de simple introduction. Entre actions et enjeux politiques, le rythme s’équilibre et alterne les moments de tension et d’essoufflement. Les personnages ont également une verve et une assurance appréciable, la plupart des principaux sont attachants malgré leur hargne, j’ai vraiment adoré voyager dans la Désolation à leurs côtés. En somme c’est une très bonne voire une excellente lecture, je la recommande pour un premier pas dans la Dark Fantasy, ou même pour des initiés. En attendant, j’ai hâte d’avoir le second tome en mains !



16/20




Les autres titres de la saga :
1. La marque du corbeau
- saga en cours -


4 commentaires:

  1. Il faudrait que je le tente à l'occasion.

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  2. J'arr^te pas d'en voir des bons retour de celui-là, ça me titille ! et ça faisait longtemps qu'un bragelonne ne m'avait pas fait envie ^^

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    1. Je dois dire qu'en ce moment j'ai délaissé un peu les Bragelonne aussi mais je suis contente d'être tombée sur celui-là, il est vraiment très bien ! Connaissant tes goûts, y'a moyen qu'il te plaise aussi ;)

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