27 mars 2026

Les Archives de Roshar, tome 3.5 - Éclat de l'Aube




Après la découverte d'un vaisseau fantôme dont l'équipage est présumé mort après avoir tenté d'atteindre l'île d'Akinah cachée au coeur d'une tempête, Navani Kholin envoie une expédition pour s'assurer que l'île ne soit pas tombée entre les mains ennemies. Comme les Chevaliers Radieux volant trop près de la zone se retrouvent soudain vidés de leur Fulgiflamme, le trajet doit s'effectuer par la mer.Rysn Ftori, propriétaire d'un navire, a perdu l'usage de ses jambes mais a gagné la compagnie de Chiri-Chiri, femelle larquin dont on pensait l'espèce éteinte et qui se nourrit de Fulgiflamme. Cependant, l'animal est malade, et le seul espoir de le guérir réside dans le foyer ancestral des larquins : Akinah. Avec l'aide de Lopen, Marchevent anciennement manchot, Rysn doit accepter la quête de Navani et s'aventurer au coeur de la dangereuse tempête dont nul n'est jamais revenu vivant...



Pourquoi ce livre ? En terminant le premier cycle des Archives de Roshar, je me suis sentie comme orpheline, avec le besoin impérieux de… recommencer la lecture depuis le début. Ne voulant pas céder, je me suis plutôt tournée vers un spin-off, histoire de rester dans la nouveauté.

Il faut savoir que si ce spin-off peut se lire après la fin du premier cycle, comme je l’ai moi-même fait, Brandon Sanderson y fait référence à quelques reprises dans Vent et Vérité. Autant dire que je me suis sentie à la fois bête et frustrée de ne pas avoir lu ce roman à part en temps voulu, cela m’aurait évité tout sentiment négatif, tout comme les effets de spoil. C’est d’ailleurs pour ça que je ne suis pas d'accord avec le commentaire en quatrième de couverture qui invite à ouvrir la porte de Roshar par ce roman. Déjà parce que cela spoile une partie des tomes précédents, au point de supprimer tout effet de surprise des premiers volumes, tout en plongeant le lecteur dans un océan d’incompréhension : l’auteur ne prend pas son lecteur par la main, il ne va rien réexpliquer pour rendre l’approche plus facile. Il faut être à l’aise avec les termes techniques propres à l’univers.

Éclat de l’Aube ouvre un petit chapitre sur deux personnages que l’on connaît, sans qu'ils aient été tant creusés dans l’arc principal. Suite à un contrat avec Navani Kholinar, reine des Alethis, une marchande étrangère emmène son équipe et quelques Marchevents sur les traces d’un trésor mystérieux, caché puis oublié sur une île inatteignable. Les signes de malédiction se multiplient alors qu’ils s’en approchent, suscitant de vives émotions de toute part. Doivent-ils continuer ? Qu’ont-ils à perdre ou à gagner à tout risquer ?

C’est un roman court pour du Sanderson. Le rythme est très bien maîtrisé, avec des échanges qui permettent de creuser la politique entre les différentes civilisations. La tension et l'intensité enflent progressivement et atteignent leur apogée dans les cinquante dernières pages. Au milieu de tout cela, un personnage apporte la note d’humour pour rendre l'atmosphère plus légère. Tout est parfaitement dosé pour que cela coule de source et qu’on plonge dans l’univers sans aucune lutte.

J’ai adoré cette lecture parce qu’elle offre l’occasion de creuser un peu plus l’univers en découvrant une énième espèce étrange et la nature de l’Eclat de l’Aube. Et encore, l’assertion n’est pas totalement vraie pour cette dernière car Sanderson s’amuse à entretenir une part de mystère.

La fin est précipitée. Cela résonne surtout avec le fait que cet univers me manque déjà, que je ne suis jamais repue de lui, si bien que j’en veux toujours plus. Cela reste une fin convenable, avec une nette évolution des personnages et un approfondissement certain des différentes intrigues, que ce soit à l'échelle humaine ou à celle du Cosmère.

J’ai adoré les personnages. On a découvert plus intimement Rysn, cette héritière de marchande qui possède des forces et des fêlures. J’ai beaucoup apprécié voguer en sa compagnie car elle a une belle façon de penser et de ressentir, depuis son handicap.
Retrouver Lopen assurait des moments loufoques et je ne fus pas déçue. Entre son parler, sa langue acerbe et ses taquineries, c’est un personnage qui ne peut que me plaire. Cependant lui aussi connaît une belle évolution et la leçon qu’il apprend à la fin est essentielle à chacun.



Je le dis et le répète : c’est une bonne porte d’entrée pour se familiariser au style de Sanderson mais je ne recommande pas du tout de commencer à découvrir Roshar par ce spin-off car c’est se retirer tout plaisir de la découverte des premiers opus !
Pour les habitués du Cosmère, c’est un vrai bonbon qui creuse la géographie de Roshar, qui crée de nouvelles intrigues à venir et qui complexifie l’intrigue de certains personnages. D’une plume (et traduction) fluide, on vogue sur les océans en quête d’un trésor dont on perçoit à peine la nature. C’est drôle et tendre, plein de belles réflexions sur les valeurs humaines. Et cela donne diablement envie d’attaquer le second cycle - à paraître en VO dans les prochaines années…


18/20

Éclat de l'Aube de Brandon Sanderson, Le Livre de Poche, 305 p.
Traduit par Mélanie Fazi, Couverture par ...




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