25 mars 2026

Les Archives de Roshar, tome 9 - Vent et Vérité, deuxième partie




Il ne reste plus que cinq jours à Dalinar avant d'affronter dans un duel à mort le champion d'Abjection. Dans cinq jours, la bataille pour Roshar se terminera. Dans cinq jours, le destin du Cosmère tout entier changera à jamais.



Pourquoi ce livre ? Parce que Sanderson. Parce que Roshar. Parce que je rêvais et je redoutais à la fois de connaître le fin mot de ce premier cycle. À moi d'évoquer ma passion dans cet univers sans trop spoiler tout ce qui s’est passé, dans les tomes précédents et dans celui-ci.

Comme ce fut douloureux. Cette seconde partie de Vent et Vérité reprend évidemment, comme pour les précédents tomes, où nous nous sommes arrêtés. Les personnages sont tous au cœur d’une situation impossible et doivent lutter contre un ennemi, une pensée, un état de fait.

Beaucoup de lecteurs se sont plaints de la lenteur du récit, comme quoi les choses n’avanceraient pas et que le roman aurait pu être largement émincé. J’ai partagé ce sentiment un moment, sans que cela n’atteigne le plaisir d'ouvrir l’ouvrage. Puis j'ai progressivement compris que cet ultime opus du cycle avait davantage pour objectif de faire évoluer la psychologie des personnages, qu’ils soient principaux ou secondaires, pour comprendre la fin. Cela peut paraître long et fastidieux à certains. Pour moi, ce fut un à la fois délectable et douloureux, parce que cela soulève la tension due aux incertitudes. Qui survivra ? Qui mourra ? Qu’adviendra-t-il de Roshar ?

Les parties les plus frustrantes concernent celles de Dalinar, Navani et du troisième personnage qui les accompagne. C’est là où on a le sentiment que les choses évoluent le moins. En réalité, c’est la partie la plus ardue de la lecture car elles fourmillent de détails sur le passé, donnant des hypothèses et des clefs pour, peut-être, emporter ce duel de champions.
À côté de cela, j’ai adoré la partie concernant Shallan, Renarin et Rlain, justement parce que chacun lutte contre un élément clef de son existence, pour se libérer, pour avancer, pour faire progresser les mœurs. Il s’y passe plein de choses, certaines dans l’action, d'autres dans l’introspection.
Ce qui me pousse à parler de Kaladin. Quelle évolution ! Il invente un métier dans l’univers de Roshar et joue un rôle primordial pour la protection des autres. Depuis le début il a le rôle d’un meneur, je ne suis donc pas surprise par son évolution. Il n'empêche que ses paroles resteront grâces en moi un moment.

Il y aurait tant d’autres personnages à évoquer. Les Herauts, les Incréés, Sigzil, Adolin, Malice, Jasnah, Abjection et j’en passe. Ils sont tous marquants par bien des aspects. Ils m’ont appris ce qu’est le pardon (de soi ou envers les autres), ce que veut dire se dépasser. J’ai suivi leurs aventures avec grand intérêt et ils me manqueront indéniablement.

La fin est bouleversante. Très rapide, trop rapide, sans donner le sentiment d'être expéditive. Ça m’a fait l’effet d’avoir lu 9000 pages introductives et que tout commence réellement à partir du sixième volume - ce qui est bien entendu faux, mais quand même ! Mon coeur s’est serré, ma respiration s’est bloquée, j’ai pleuré, souri, été sous le choc, espéré, pleuré encore. Ce fut un concentré d'émotions. Un grand wow !

Évidemment c’est toujours aussi bien raconté. Sanderson a peut-être pris davantage son temps dans ce dernier opus du premier cycle, il n’empêche qu’on sent qu’il a tout préparé à l’avance et il a su mesurer son effet pour le rendre plus grandiose. Comme toujours, je mets un point d’honneur à évoquer la traductrice Mélanie Fazi pour son travail remarquable. C’est plaisir à lire, très visuel, très doux, cela coule comme de l’eau.



Je m'étais toujours dit qu’il était impossible de classifier l’art au point de dire que telle ou telle œuvre est la meilleure. Point final. Sanderson a réalisé l’impossible, l’a surclassé même, en détrompant cette idée. Car je pense n’avoir jamais ressenti autant d'émotions, n’avoir jamais autant pleuré, ou eu peur pour des personnages, que dans cette saga (bien entendu, pour la jeunesse, la flamme de Pierre Bottero et de ses marchombres brille toujours aussi intensément). Le rythme est lent mais c’est pour mieux faire retentir la fin. C'est beau, bien écrit, avec toujours cette note d'espoir au milieu des ténèbres. J’ai fini le livre hier après-midi. Je me sens orpheline depuis.


20/20

Vent et Vérité, deuxième partie de Brandon Sanderson, Le Livre de Poche, 789 p.
Traduit par Mélanie Fazi, Couverture par Alain Brion




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