4 juin 2015

Shutter Island

Synopsis :

            Nous sommes dans les années cinquante. Au large de Boston, sur un îlot nommé Shutter Island, se dresse un groupe de bâtiments à l'allure sinistre. C'est un hôpital psychiatrique pour assassins. Le Marshal Teddy Daniels et son coéquipier Chuck Aule ont été appelés par les autorités de cette prison-hôpital car l'une des patientes, Rachel Solando, manque à l'appel. Comment a-t-elle pu sortir d'une cellule fermée à clé de l'extérieur ? Le seul indice retrouvé dans la pièce est une feuille de papier sur laquelle on peut lire une suite de chiffres et de lettres sans signification apparente. Oeuvre incohérente d'une malade ou cryptogramme ? Progressivement, les deux policiers s'enfoncent dans un monde de plus en plus opaque et angoissant, jusqu'au choc final de la vérité.

Mon avis :

            Croisant sa route à tout hasard sur les étagères de la bibliothèque municipale, cet emprunt a fini en lecture commune avec Randall, pour une œuvre bien plus intéressante que la dernière !
            Je tiens d’abord à préciser que je connais l’histoire par l’adaptation qui a découlé de cette œuvre, mais le vague souvenir qu’il m’en restait m’a permis de garder le suspens à son comble jusqu’à la fin.

            Et pour cause, dés le début nous pénétrons dans une atmosphère sombre et angoissante, propice à l’enquête menée par les deux marshals Edward Daniels et Chuck Aule. Il s’agit de retrouver une patiente qui a disparu, mais le réel sujet de leur présence évolue au fil du récit, et le lecteur est tenu en haleine jusqu’aux dernières rebondissements, dernières révélations ayant lieu aux toutes dernières pages.
            Il faut tout de même savoir que des indices sur les ultimes révélations jalonnent la narration, comme dans tout thriller qui se respecte, et, si je suis contente d’en avoir noté certains, certains me sont tout de même passés au-dessus, si bien que la surprise fut totale, à la fois plaisante et écœurante.
           
Le décor abrupt et naturellement sauvage donne le ton et accentue la noirceur de l’intrigue. Tout est prompt à laisser une sensation dérangeante d’enfermement, de claustrophobie, plongeant le lecteur dans un certain état d’esprit que j’ai eu plaisir à ressentir (suis-je folle ?). N’étant pas une adepte des thrillers et romans noirs, je ne saurai comparer avec d’autres titres, mais tout ici est maîtrisé à la perfection.

            Les personnages sont assez différents, entre Edward Daniels autour duquel plane une ombre mystérieuse qui se délite progressivement au fil du récit, et Chuck Aule qui paraît d’emblée sympathique et très extraverti. Si l’un amplifie la noirceur du livre par son sérieux et sa réflexion, le second permet d’apporter une touche de lumière et d’humour qui ne sont tout de même pas de refus.

            Le style est entraînant, bien que fort simple. L’auteur n’insère pas de suspens à chaque fin de chapitre, mais je ressentais pourtant l’envie et le besoin de poursuivre ma lecture pour connaître la suite des péripéties (et pour preuve, lire un thriller en deux jours, c’est un exploit pour moi).

            Mais au-delà de l’enquête, qui ne sert finalement que de toile de fond, l’auteur dresse un bilan catastrophique des agissements pendant la guerre mais aussi après cette dernière. Evoquer le procès de Nuremberg, où il fut rédigé une clause comme quoi les expériences sur un être humain sont interdites est un bon rappel dans ce genre de récits. Ainsi, l’auteur critique et dénonce de genre d’agissements, qui ont finalement encore aujourd’hui lieu…
            Le débat sur la folie est également très intéressant mais je préfère ne pas en parler ici pour ne pas spolier ceux qui ne connaissent pas encore…

            J’ai conscience que cette chronique ne rend pas hommage à l’œuvre que c’est, alors je ne peux que vous dire de tester pour vous en faire votre propre avis. De mon côté, je fus si enchantée par cette lecture et ce qu’elle implique que je me ferai un plaisir de découvrir deux autres titres majeures de Dennis Lehane, entre autre Mystic River et Gone, Baby, Gone.


            En conclusion, un thriller bien inspiré au décor sombre, angoissante, à la limite de la claustrophobie, et avec une enquête qui progresse et se complexifie au fur et à mesure de la lecture. Les personnages tendent vers une accentuation de la tension ou au contraire à l’alléger par l’humour et l’empathie. Les derniers rebondissements sont vraiment surprenants pour qui n’a pas vu le film. Un coup de cœur, tout simplement.


4 commentaires:

  1. "J’ai conscience que cette chronique ne rend pas hommage à l’œuvre."
    Je ne suis pas d'accord avec toi, ta critique donne au contraire envie de plonger dans le livre, moi qui ai vu le film, mais il y a bien longtemps où mes souvenirs sont un peu évanescents, ça me donne envie de le redécouvrir à travers le livre.
    Merci

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    1. Peut-être qu'après ta lecture, tu t'apercevras que ma chronique n'est pas à la hauteur du livre, mais merci :)
      Je suis bien contente de voir que t'ai envie de le lire, j'espère que tu ne seras pas déçue

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  2. J'ai vu le film que j'ai vraiment beaucoup aimé et hésitais à découvrir le livre. Je ne suis pas très thriller mais tu m'as convaincue à le lire :)
    En tout cas, j'ai découvert ton blog récemment, j'aime beaucoup ! Bonne continuation ! :)

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    1. Je ne suis pas thriller non plus mais celui-ci est vraiment prenant, et le film est très fidèle donc ça permet de te faire une opinion de ce que tu vas avoir :)
      Merci =) Bonne continuation à toi aussi ! :)

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