17 avr. 2018

Couleurs chimères




       Il est donné à tous ceux qui s’en donnent la peine d’accoucher d’un poème. Mais pour trouver ton cœur, lecteur, quel chemin de traverse devrais-je donc emprunter ?

Comment captiver ton imaginaire et l’entraîner dans le sillage que ma plume a laissé, moi le sans-nom, surnageant dans la houle où la multitude se presse, livrant aux dieux de l’édition leurs modestes offrandes ?

Je te propose un jeu. Un jeu à trois. 

Laura, toi et moi, allons graver sur cet écho d’errance qui palpite au revers de notre ère quelques images. Les tiennes tout d’abord, celles qui ne manqueront pas de germer, au rythme de ta propre voix, en consommant ces quelques vers que je porte à tes lèvres. Celles qui s’offrent en partage ensuite, dans ce modeste ouvrage, reflets émaillés de mes mots ouvrant de nouveaux horizons aux ombres prises derrière ces strophes. 

Un jeu de miroirs, un jeu de pistes, pour colmater le temps qui passe, meubler l’attente, se retrouver loin du brouhaha de l’époque.

À toi lecteur
À nos créations oniriques
Aux ombres qui les hantent


Je tiens tout d’abord à remercier la plateforme Simplement.Pro et l'auteur Philippe Devos pour ce partenariat.

Pourquoi ce livre ? Parce que les avis que j’ai vus passer sur la blogosphère étaient extrêmement élogieux, parce que le livre est court et que je savais trouver le temps pour le lire rapidement. Parce que c’est la poésie, tout simplement.

 C’est très difficile de juger un poème ou un recueil de ces petites merveilles, tout simplement parce que c’est très subjectif, dépendant du vécu et de la personnalité de chaque lecteur. Impossible donc de juger le contenu, je n’en dirai que quelques mots simples.

 C’est magnifique. L’émotion nous traverse, nous transperce de part en part. Difficile de transcrire ce que j’ai ressenti à cette lecture… J’ai frissonné à quelques reprises sous la justesse de certains traits portés par cette plume, une vérité reproduite dans le pinceau de l’artiste graphique, Laura Hédon, qui a su reprendre l’esprit de chaque poème dans des mises en scène parfois loufoques, souvent mélancoliques.

 Cela va tomber sous le sens, mais je fus touchée par Cancer. Celui-ci ne traite pas de la maladie mais du signe astrologique – je vous rassure, tous les signes ont droit à leurs vers. Cancer m’a grandement touchée parce que je suis née mi juillet et j’ai vraiment eu l’impression que le poète composait sur moi et pour moi seule. Comme le souffle la quatrième de couverture, il y a une connivence entre le personnage et le lecteur véritablement puissante, on la perçoit dès le premier poème et elle nous suit jusqu’à la fin.
 Je fus également touchée par Nibelheim, peut-être parce que je connais la mythologie norroise, sûrement parce que l’auteur fait preuve de connaissance et rapporte l’ensemble avec une plume sensible.

 Une chose qui m’a amusée – surtout par ma bêtise – concerne deux ou trois poèmes où les vers se distinguent en deux colonnes, dans lesquelles les strophes sont en lignes décalées, de fait on ne sait pas si on doit d’abord lire colonne de gauche puis colonne de droite ou au contraire alterner gauche puis droite. D’autant plus que je trouve que les deux possibilités s’emboîtent parfaitement bien. Peut-être n’ai-je rien compris à la poésie et je me rassure comme je peux face à ma bêtise, pourtant j’ai envie de croire que c’est une des forces de la poésie ici, que les strophes peuvent se lire dans un désordre harmonieux.

 Les œuvres graphiques de Laura Hédon, comme je l’ai affirmé auparavant, sont sublimes et s’accordent à merveille avec le texte. L’artiste a su récupérer l’essence de chaque poème pour présenter, dans une assurance bienvenue, une interprétation possible de ce dernier. Je l’ai dit, c’est loufoque ou mélancolique, en tout cas l’ensemble se marie formidablement bien, et l’alliance entre les deux arts prodiguent une puissance à l’ensemble.

 Là où va ma déception se porte davantage sur le choix du papier. Je suis peut-être un peu dure envers l’ouvrage et les artistes réunis sur ce dernier, mais j’aurai préféré un papier bouffant pour sentir les aspérités sous mes doigts, cela aurait donné une sensation supplémentaire qui aurait complété le sentiment de mélancolie. Le papier lisse n’est pas un mauvais choix non plus, mais il transmet une douceur qui est loin de se ressentir sous la douleur divulguée par certains vers. Ce n’est qu’un détail de lectrice difficile, cela ne change en rien ou en peu mon ressenti global.




     Un recueil de poème qui remplit parfaitement sa mission. L’émotion est là, bien présente, enfouie au fond de nous, et les mots du poète vont creuser jusqu’à elle pour la révéler au grand jour. L’artiste peintre a su offrir sa propre sensibilité au travers d’une interprétation possible sans pour autant l’imposer… Bref, le mariage entre les deux arts offre un moment de lecture puissant.



15/20

2 commentaires:

  1. Merci pour cette découverte que je note avec plaisir, j'adore la poésie et vu comment tu parles de ce livre, il pourrait bien me plaire je pense :)

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    1. Si tu aimes la poésie lente et sensible, en effet ce recueil est fait pour toi ;)

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