11 mai 2024

Ensemble, on aboie en silence




En 2001, Thibault est diagnostiqué schizophrène. À cela, un Chevalier Lumière ne peut rien.
Sa bascule, il fallait la raconter. Et aussi la culpabilité, les traitements, la honte, les visions, l’amour, les voyages, les rires, la musique et l’espoir. Alors Thibault a accepté de livrer ses folles histoires. Et ses voix se sont unies à celle de son frère.
Contre une maladie qui renferme tous les maux, les clichés, les fardeaux, ils ont livré bataille.
À partir d’une tragédie universelle, ils ont composé un livre où douleur et mélancolie côtoient la plus vibrante tendresse.



Pourquoi ce livre ? Pour plusieurs raisons. La première, on est un couple fan d’Orelsan et des Casseurs flowters (et mon conjoint adore Bloqués. Pas moi !). On n’a jamais eu la curiosité de pousser sur ce que fait Gringe en solo (désolée). La deuxième, je travaille dans une structure qui accueille temporairement des individus polyhandicapés (dont une majorité d’autistes). J’étais curieuse de lire un témoignage intimiste sur la question. Donc j’ai offert le livre à Mister et on l’a lu ensemble, à quelques jours près.

Evidemment, je fus touchée. Ensemble, on aboie en silence porte parfaitement son titre. D’un côté, l’aîné incompris qui ne se comprend pas lui-même, qui se sent impuissant et fautif. De l’autre côté, le petit frère dont la vie bascule irrévocablement, sans aucun contrôle.

La parole est donnée aux deux, pourtant ma préférence va à celle de Guillaume. Ses mots, son mal être m’ont touchée, sa quête d’identité également. Pour autant, je ne suis pas restée indifférente au texte de Thibaud. Une poésie s’en dégage, son passage à Barcelone fut fascinant - même s’il m’a fallu du temps pour déterminer qui parlait !

Je dois dire que je m’attendais à quelque chose de moins concis dans le rapport à la maladie. Ici, tout nous est livré dans une certaine pudeur, c’est plutôt le témoignage de comment vivre avec un proche porteur de cette maladie, les souffrances que cela cause, en passant sous silence la médication et le regard des étrangers (un court chapitre évoque les réactions totalement stupides des gens).



Je suis incapable de décrire plus encore ce roman et l’émotion que cela a soulevé en moi. Sourire, mélancolie, colère, tant d’émotions pour un texte intimiste sur la quête du “moi” et du bien-être - chemin inatteignable ? On est d’accord sur un point avec Mister : c’est très beau, très touchant, mais il ne fallait pas que ce soit plus long, au risque de perdre l’objectif de ce témoignage. Je ne regrette pas de l’avoir lu et je compte bien le transmettre à mes proches.



15/20


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