17 avr. 2017

Le dernier ours



           Karen fuit.
La jeune soigneuse n'a trouvé que cette solution pour sauver Anuri, le dernier ours blanc né libre, quand il a agressé un homme au NC Zoo et qu'elle a reçu l'ordre de l'abattre. 
Karen fuit.
Elle a pris le volant d'un fourgon volé et installé l'ours à l'arrière. Afin de soustraire Anuri, son ami, son frère, aux expérimentations secrètes et à la tuerie programmée. Karen fuit.


      Choisi par Kyradieuse pour son challenge Pioche dans ma PAL, je dois dire que cette lecture me rebutait un petit peu. Je n’en étais pas à ma première découverte des Thrillers façon Rageot, ni à un livre de Charlotte Bousquet, même si le premier tome de La peau des rêves m’avait également déçue…
       Et là encore, ce fut le cas.

       L’idée générale est pourtant sympathique et se raccroche à une cause environnementale d’actualité : la fonte des glaces entraînant une disparition inéluctable des ours. Dans le livre, ça s’est déjà déroulé. Il ne reste qu’un seul spécimen plantigrade, et Karen Avike est à la fois sa gardienne, son amie voire sa sœur. Or Anuri, pourtant enfermé dans une cage, est coupable d’avoir tué un employé et grièvement blessé un autre. Pour lui, c’est la mort assurée. Pour Avike, il en est tout autrement. Bravant l’autorité de son employeur et toute moralité, elle mettra tous les moyens à sa portée pour tirer son frère ours de là.
       Bien sûr, elle ne sera pas seule. Deux adolescents viennent l’aider dans son entreprise. Lone et Sali seront emportés dans la détermination de Karen et commettront bien des impairs alors même qu’ils sont déjà placés en maison correctionnelle.
       Comme je le disais plus haut, l’idée de départ est géniale. Lier un thriller à l’actualité environnementale gagnera toujours des points auprès de la lectrice que je suis. Cependant le fait que ce soit un livre destiné à la jeunesse rend le texte prévisible, sans trop de rebondissements ni saveur. De l’intrigue se dégage une froideur contenue, en raccord avec l’ambiance et le décor, mais pas avec mes attentes.
       Je dis que le livre est prévisible mais la fin reste quand même surprenante. Y’a un goût d’inachevé qui déçoit mais aussi une surprise qui touche profondément. Si je ne suis pas sentie particulièrement attachée aux personnages, leur destin laisse un certain goût en bouche.
       Quant au prologue, franchement, il n’avait pas tellement besoin d’être écrit…

       Comme je le disais, les personnages ne sont pas touchants. Je dirais même qu’ils tombent dans le stéréotype du genre, avec un énième triangle – « immoral » mais pourtant bien là – amoureux.
       Karen fait preuve d’une détermination fragile. Renfermée sous la prise de médicaments, on va finalement la voir s’épanouir alors même que sa véritable nature se développe. L’ignominie humaine se révèle alors aux yeux du lecteur, et l’auteure jette une véritable dose d’acide sur les pratiques scientifiques. On touche au domaine de l’illégalité dans le domaine, encore une chose qui touche notre actualité.
       Lone est une gamine qui cherche sa place. Elle vit entre passé et présent, ne parvenant pas à se forger un avenir décent. Les souvenirs remontent à la surface au même rythme que la tension, et la jalousie croît inexorablement quand la fatigue gagne. Ce personnage m’a repoussé, j’avais l’impression qu’elle était très superficielle. On ne sait même pas les raisons qui l’ont poussée à soutenir Karen. Lone ressentait un besoin de fuite, mais le premier car venu suffit à prendre un bol d’air frais, une course poursuite dans un désert humain n’est pas utile.
       Ce fut la même impression pour Sali. Bon, lui est vraiment en fuite, mais ça n’explique pas qu’il se jette à corps perdu dans cette mascarade, du moins jusqu’à ce qu’il soit stupéfait (et plus si affinité). Une coquille vide, une fois de plus, changeante et pas très cohérente.
       Je ne parle même pas de Svendsen, qui incarne parfaitement son rôle de méchant poussé à l’extrême. Il m’a fait rire à plusieurs reprises. En revanche, sa fin est vraiment…. Brrr. Une belle critique encore, et c’est ainsi qu’on se rend compte que Charlotte Bousquet cherche vraiment à critiquer le système. C’est d’ailleurs là tout l’intérêt du livre.

       La plume reste agréable à lire, quoiqu’elle paraisse froide. Ca apporte néanmoins une cohérence avec le décor, donc j’ai su apprécier sans pour autant être transcendée. Je redoute vraiment ma lecture d’Arachnaé, premier tome de sa saga Dark Fantasy parce que je crains vraiment d’être déçue une énième fois par le style d’écriture alors que tout le monde l’apprécie, au contraire.
  

       L’intrigue est originale et conviendra probablement à un jeune lecteur mais rebutera les plus vieux. Les idées véhiculées sont autrement plus intéressantes, avec une réelle satire de notre société, sur bien des aspects qui jusqu’ici sont écartés de la littérature jeunesse. Les personnages sont creux et le récit prévisible, la curiosité fut quand même présente jusqu’à la fin. Ca ne me laissera pas un souvenir impérissable.



11/20


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