30 mai 2017

Les Rumeurs d'Issar, tome 1 - Le Talisman perdu



           « Dis-moi quel est ton Signe, je te dirai quel est ton pouvoir… »

Dans les royaumes d’Issar, la magie habite tous les Hommes. Mais parfois, elle en choisit un. Le pouvoir dont il dispose est alors si puissant qu’il s’incarne en un animal mystique, qui dépend de son signe de naissance. Ces deux êtres, liés à tout jamais, ont pour mission de protéger les puissants de ce monde.

Edjan, seize ans, est l’un de ces élus. Le problème, c’est que son animal, loin d’être redoutable, est minuscule et possède un caractère épouvantable. Ils ont bien du mal à cohabiter dans leur boutique de tapis volants. Jusqu’au jour où leur secret est découvert par Shaëll, voleuse intrépide, qui travaille pour une entité hors-la-loi. Avec elle, ils décident de quitter l’anonymat et d’apprendre à contrôler leur magie.

Par-delà les dunes, ils vont devoir se rendre à Galène, capitale du royaume d’Aestera, où le Lion a disparu…


     Je tiens tout d’abord à remercier la plateforme NetGalley et les éditions Hachette pour ce partenariat savoureux !

     Je me rends compte pourtant que j’ai bien du mal à parler de ce livre : je l’ai tellement apprécié que j’ai peur de passer à moitié des choses, et l’inverse me fait prendre le risque de trop en révéler. Allez-y pour trouver un juste milieu, avec ça !

    Le début nous plonge d’emblée dans un univers original et explosif. Allusion à  une magie bien personnelle à cette saga, et un élément déclencheur - dés le premier chapitre - lié à celle-ci : un cambriolage des Talismans nécessaires à l’emploi de la magie par tout un chacun, et ce par les Haut-Voleurs. Un élément à toute fin utile pour présenter en quoi la magie est importante dans cet univers, les conséquences que cela apporte sur tous les adolescents de quinze ans qui attendaient avec impatience le jour où ils obtiendraient leur propre Talisman.
     De là, tout un pan de l’horoscope est reporté dans le récit. Selon le signe de notre naissance (Cancer, Lion, Vierge, etc), on correspond à un des quatre éléments : feu, eau, air, terre. Le Talisman sert à entrer au contact de l’élément pour enfin apprendre à le manier selon notre bon plaisir. Chaque signe astrologique se voit doté d’un Ange Gardien, une sorte d’être incarnant l’élite de la société, qui apparaît lors de l’acquisition du Talisman. Bon, faut des conditions spéciales et je ne veux pas trop en dire, il faut simplement savoir que cette élite fait partie intégrante de l’intrigue, que c’est un point de plus dans la complexité de cette dernière et que, sans elle, ça n’aurait pas été aussi géniale. En tout cas, c’est la première fois que je découvrais l’usage d’une telle magie dans un roman destiné à la jeunesse, et je dois dire que l’auteure maîtrise avec brio tout cet aspect-là de son livre. C’est cohérent, ça envoie du punch, bref, c’est plaisant à lire.
   De manière plus générale, le récit concerne avant tout la disparition imprévue d’un de ces fameux Ange-Gardien. Et si le Lion avait succombé lors d’une mission ? Ou pire, s’il fomentait un complot contre le Palais, seul capable de fournir des Talismans. Ce qui est sûr, c’est que les Anges sont de la partie, les royaumes s’affrontent dans un jeu d’intérêt, la Maison (leur ennemie) y ajoute son grain de sel… L’ensemble est jalonné par pas mal de péripéties et de rebondissements dans lesquels les personnages les partis qu’ils représentent se croisent et s’entrecroisent. De l’espionnage, de l’ambition, des secrets, des énigmes, tout est réuni pour que le lecteur, jeune comme mature, passe un excellent moment en compagnie des personnages.
    Je dois dire que les deux seuls points qui m’ont chagrinée reposent avant tout sur l’absence de décors réellement définis ; oui, c’est de la jeunesse, on se concentre sur l’action, mais un peu de visuel n’aurait pas fait de mal ! Hormis les salles royales, les paysages défilant sous les tapis ne sont que trop peu évoqués. A côté de cela, certaines choses se déroulent avec un peu trop de facilités. C’est inévitable dans un récit destiné au jeune public, et ça ne choque pas tellement ici, mais voilà, cela apparaît quand même.
      La fin est une explosion de rebondissements cohérents, encore une fois. L’ensemble est maîtrisé, bien amené, Marie Caillet insère juste ce qu’il faut de piquant pour qu’on ne veuille plus lâcher le livre sur les cinquante dernières pages. Qu’une chose à dire, envie de lire la suite !

    Les personnages sont forcément nombreux. Entre les couples royaux, les Ange-Gardiens, nos protagonistes et petits pions, ça pullule d’un réalisme surprenant dans un récit jeunesse. Il serait impossible d’en faire le tour sans vous assommer, je listerai les plus importants.
      On découvre avant tout Edjan, qui renie sa chance, qui renie ce qu’il est. Pose la question de l’identité et de son acceptation, un rapport intéressant je dois dire. Je ne cache pas qu’il a bien failli m’agacer, le bougre, à s’entêter sur la mauvaise voie. Et, finalement, j’ai trouvé que le renouement venait trop rapidement, comme un cheveu sur la soupe. Il aurait été préférable qu’il galère encore un peu. Oui, ça fait parti des facilités évoquées ci-dessus.
    A ses côtés, Kez fait figure du râleur. Jamais content, toujours quelque chose à redire, bref le chiant par défaut et pourtant on s’attache quand même à lui et à son instinct protecteur.
     Shaëll se trouve être mon personnage préféré. C’est assez étonnant quand on sait que je préfère en général les caractères masculins. Cependant j’ai trouvé que c’était elle la plus régulière dans sa personnalité et ses objectifs. Et puis en tant que Haut-Voleur, elle a cette capacité de maîtriser ses émotions et la possibilité de partir quand elle en a envie. Après, sa vie n’est certes pas rose et ce qu’elle subit due à une mauvaise rencontre est inconcevable, toutefois elle ne reste pas les mains dans les poches à se morfondre, ce que j’apprécie.
       A l’inverse, le personnage de Chanis m’a révulsée – mais il en faut. Il suit sa mission avec une rectitude qui lui sied mal. D’abord servante, elle devient stratège ambitieuse en l’espace d’un petit voyage entre le Palais et Galène, ville où se déroulera la grosse partie de l’intrigue. Le lecteur n’assiste pas à l’évolution du caractère, et je trouve cela manquant puisque celle-ci sera marquante. Et d’ailleurs, elle défend le Palais comme s’il représentait une quelconque valeur maternelle alors qu’au final, ce n’est qu’une institution qui cherche à la contrôler… Ca me dépasse !
       J’ai bien envie également de citer le Djinn Phélénas, rien que pour le plaisir. Il fait parti de ces personnages secondaires que je prends plaisir à découvrir. Libre marchand, il a un caractère à la fois franc et mesquin, deux contraires qui se marient bien chez lui.

       La plume est belle et agréable à lire. Sans être d’une poétique extrême, elle s’accorde parfaitement bien avec l’univers, ce qui est le principal.



       C’est une fable d’Aladdin revisitée à la sauce piquante que nous livre ici Marie Caillet. Un premier tome explosif où les émotions ne sont pas pour autant effacées. Les personnages tissent une trame complexe où s’affrontent les grandes institutions de cet univers. Un premier tome à couper le souffle qui divertit et conduit au voyage dans la même enjambée. A mettre entre les mains des jeunes comme des moins jeunes ! 

17/20




Les autres titres de la saga :
1. Le Talisman perdu
- saga en cours -

2 commentaires:

  1. Réponses
    1. Ca l'est, ce fut même une excellente surprise, je ne m'y attendais pas du tout, ce qui a rendu la lecture encore meilleure.

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