23 mai 2017

Tu as promis que tu vivrais pour moi



           Quand on a trente ans, on n’est jamais préparé à perdre sa meilleure amie. C’est pourtant le drame que Molly doit affronter quand Marie est emportée par la maladie en quelques mois à peine. Juste avant de mourir, celle-ci demande à Molly de lui faire une promesse : vivre sa vie pleinement, pour elles deux. Elle y tient, alors Molly accepte.
Mais par où commencer ? Lâcher son travail de serveuse ? Rompre avec Germain, l'homme avec lequel elle vit ? Certes, il est comptable et porte des chaussons, mais il est gentil.
          Lorsque Molly reçoit quelques jours après l’enterrement un mystérieux paquet contenant douze lettres de Marie, elle comprend que celle qui lui manque tant n’avait pas l'intention de se contenter de paroles en l'air et que son engagement va l’entraîner bien plus loin que ce qu’elle imaginait… 


      Je tiens tout d’abord à remercier la plateforme NetGalley et les éditions Michel Lafon pour ce partenariat.

       C’est avant tout l’émotion que promettait le résumé qui m’a séduite. Question d’amitié et d’honneur, mues par deux véritables amies séparées par la maladie. Les larmes assurées chez des personnes empathiques comme moi alors qu’en réalité, j’ai davantage souri que pleuré.

       Le début démarre en grande pompe, il faut le reconnaître. Si on ne connaît pas encore les personnages et les liens qui les unissent, le moment est solennel et la détresse de Molly nous touche obligatoirement. Amputée de sa meilleure amie Marie par un coup pendable du destin, chaque lecteur peut parfaitement s’imaginer dans cette situation, que ce soit ami, famille, conjoint… Lisez ce livre dans un grand moment de déprime, vous serez forcément touché !
       En revanche la suite évolue beaucoup. Molly conserve une blessure évidente, pourtant je trouve qu’elle retrouve le sourire bien vite. De plus, elle accepte la « mission » de Marie avec un empressement catégorique qui ne sied pas vraiment à la situation. Pas de réflexion, pas de refus ni de refoulement. J’ai pas eu l’impression d’un grand réalisme… Ce premier point m’a fait tiqué mais ce n’est pas le seul.
       Mettons de côté le morbide de la situation. Sur le simple plan général, tout va trop vite. L’auteure ne prend jamais le temps de nous poser dans un cadre ou un environnement, tout se concentre sur Molly, ses réactions, son ressenti, les liens qu’elle tisse et détisse. Le décor n’est pas suffisamment développé…
       Au final, la fin prend une tournure imprévue et… m’a totalement déçue. C’est beau (c’est bon, c’est bosch), mais les happy ends deviennent fatigants dans ce genre de récits. Ajoutons à cela deux petites coquilles dans la narration, qui a le don d’enfoncer le clou, chez moi…
      
       Mon impression globale, c’est sympathique mais pas inévitable. On passe un agréable moment, on peut aller jusqu’à rire en découvrant certaines scènes mais ça ne dépasse pas ce stade.

       Étonnamment, les personnages sont nombreux. Entre la famille de Marie, celle de Molly, les proches amis, les compagnons, ça pullule pour montrer le soutien et surtout que la vie continue malgré tout. Seulement, on reste encore dans un cercle restreint qui colle très bien au manque de crédibilité à propos du réalisme.
       Molly est un personnage torturé, ce qui n’est pas étonnant vu ce qu’elle traverse comme moment difficile. A côté de cela, j’ai été gênée qu’elle remette sa vie et son bonheur aussi facilement entre les « mains » de Marie, elle s’abandonne totalement à ce que la morte décide, et c’est franchement dérangeant.
       Je ne m’arrêterai pas sur les autres personnages mais je les ai grandement appréciés. Petite pensée pour Germain, dont le comportement m’aura grandement fait pitié… Mais bon, ça se sentait gros comme une maison.

       La plume n’est pas désagréable en soi. Elle fait passer un bon moment sans le rendre inoubliable.
  

       Une lecture sympathique mais sans plus. Le début partait bien, toutefois l’auteure a choisi un détour trop facile pour une histoire qui valait mieux que ça. Y’a peut-être une morale derrière, tout du moins un sujet de réflexion qui fut déjà évoqué dans d’autres œuvres.


11/20


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