15 août 2017

Azilis, tome 3 - Le sortilège du vent



            « Ils se serrèrent l'un contre l'autre, les mains jointes. Leurs pouls s'accordèrent presque immédiatement, comme s'ils se retrouvaient après une trop longue absence. Quand le coeur de Myrddin battit au rythme du sien, le bonheur envahit Azilis. Ainsi qu'une peine immense, que traversaient les éclairs d'une haine incandescente... »


      Toujours dans le cadre d’une redécouverte de la trilogie par le biais d’une lecture commune, j’étais toute contente de clore une énième saga, connaître le fin mot pour passer à autre chose, si je puis dire.

       Contre toute attente, c’est avec un pincement au cœur que j’ai refermé ce livre. Je m’étais profondément attachée aux personnages, devenus humbles et très humains par les épreuves qu’ils sont amenés à traverser. Loin de les idéaliser comme cela se fait couramment dans les sagas jeunesses, Valérie Guinot parvient à garder une justesse et une cohérence dans chacun des tempéraments, n’hésitant pas à mettre en scène une cruauté et une violence typique de certains caractères.
       Azilis ne fut pas mon personnage préféré, loin de là. Plus sûre d’elle, plus mature, elle a gagné dans ce dernier tome une aura manipulatrice qui, doublée de sa témérité innée, a failli lui brûler les ailes. Ses capacités à soigner et guérir équilibrent néanmoins le personnage, permettant ainsi que la jeune femme ne devienne pas antipathique.
       Myrddin occupe toujours une place prépondérante dans le récit. Déterminé à obtenir tout ce qu’il souhaite de Ninian, les révélations à son sujet vont sûrement en écœurer plus d’un. A mes yeux, il incarne la figure de l’homme puissant, gâté, qui est capable d’obtenir tout ce qu’il souhaite. Si le récit tend à le présenter sous un jour mauvais, je dois dire que je fus attachée à cet homme au sort funeste. Je ne suis pas capable de dire si c’est sa personnalité charmeuse, enjôleuse et cynique qui m’a plu, ou bien ses pouvoirs magiques mais il est clair que je ne suis pas restée indifférente à lui.
     Kian est moins effacé que dans le précédent tome, ce qui équilibre pas mal la donne. Effondré par la perte de son amour, il passera de la rancœur à l’amertume, de l’amertume à l’abandon. On ne sait ce qui lui fera relever la pente, mais je fus contente de le voir reprendre du poil de la bête.
       Je n’oublie pas les autres compagnons comme Enid, Arturus, Caïus, et leurs compagnons, que des personnages qui ont approfondi la complexité de la trame, avec qui on a ri et angoissé, avec qui on a tout simplement passé un excellent moment.

       Parce qu’il faut reconnaitre que l’intrigue est riche. Entre magie et actions, les chapitres alternent les points de vue, permettant de préserver la curiosité par un suspens haletant. Un coup nous assistions à la querelle d’Azilis et Caïus contre leur aîné Marcus, de l’autre nous guettions l’avancée du dux bellorum auprès des tribus libres de la Grande Bretagne pour tenter d’endiguer l’invasion saxonne. Ce tome se consacre également beaucoup à la psychologie des personnages. Azilis est bien plus torturée encore que dans les deux premiers tomes, Kian également, Caïus découvre ce qu’est le véritable amour, Myrddin se complexifie… Bref, on passe par pas mal de sentiments, c’est aussi intense que l’action qui tarde toutefois à venir.
       La fin fut un véritable déchirement, je vous l’assure. Je ne voulais pas quitter cette plume paisible et entraînante, ces personnages attachants à souhait et les liens qui les unis, cette intrigue simple et efficace. Je fus légèrement perplexe sur le choix d’Azilis, parce qu’après tout elle ne cède devant aucun des deux choix, ou plutôt si mais pas comme je l’espérais. Enfin c’est à double sens, cela véhicule une mauvaise image de l’amour mais d’un autre côté elle ne prend partie pour aucun des deux hommes, on l’envie un peu. Je me rappelle que j’avais adoré cette fin la première fois que je l’avais découverte, c’est toujours le cas aujourd’hui même si je suis un peu plus mitigée sur la morale véhiculée.

       Petit point culture ! J’ai eu beaucoup de mal dans ma lecture à certains moments car le nom de la Belgique est cité deux ou trois fois et je craignais les anachronismes puisque, pour rappel, la saga se déroule durant l’Antiquité, à l’ère où le christianisme bouscule les cultes païens. Après quelques recherches, Jules César appelle ce peuple les Belges, je devine donc que Valérie Guinot n’a commis aucune erreur. C’était le seul point qui pouvait obscurcir mon plaisir de lecture et, comme il est évincé, je peux vous assurer que ce fut un bien bon coup de cœur.
   

     Ce fut un coup de cœur auquel je ne m’attendais pas. Habituellement, je suis très difficile sur la lecture jeunesse, parce que les incohérences se multiplient. Ici, Valérie Guinot concerne une justesse, tant au niveau des personnages, des liens qui les unis ou encore sur l’univers antique. L’intrigue est certes lente et l’action tarde à venir, mais c’est pour mieux se concentrer sur une psychologie, torturée et entraînante. Entre magie, humour, amour, violence, tous les ingrédients sont réunis pour que le lecteur, jeune comme plus mature, passe un excellent moment. Coup de cœur, vraiment.



19/20




Les autres titres de la saga :
1. L'épée de la liberté
2. La nuit de l'enchanteur
3. Le sortilège des vents
- saga terminée -

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