30 juil. 2019

L'Assassin royal, tome 1 - L'Apprenti assassin




Au royaume des Six-Duchés, dans l'inquiétant décor d'une forteresse battue par les vents et les flots, Fitz, un jeune garçon issu d'une lignée royale, fait à la cour le rude apprentissage de la vie. Un maître d'écurie, étrange et bourru, lui prodigue conseils et affection ; un vieux sage, isolé au sommet d'une tour, l'initie à la délicate perception du Bien et du Mal ; des molosses qui l'ont adopté lui apportent réconfort et protection. Commence alors pour le jeune homme un long voyage initiatique semé d'embûches et de trahisons. Un voyage sans retour au bout de l'angoisse, de l'amour, de la désespérance. Confronté aux cruelles exigences de la loyauté, existe-t-il pour lui une autre voie que celle du sacrifice ?



Pourquoi ce livre ? Cela fait maintenant trois ans que cette longue saga a rejoint ma PAL et pourtant j’ai eu du mal à me lancer, en raison de l’abandon du premier tome quand j’étais au collège. Aujourd’hui, quand j’ai su qu’une amie avait acquis le premier volume, je n’ai pas pu m’empêcher de proposer une éventuelle lecture commune, histoire de me motiver sortir le pavé. Rhavanielle a accepté, je vais donc pouvoir vous évoquer plus en détails mon ressenti.

Sachez d’abord que mon abandon, à l’époque du collège soit y’a environ dix ans (que le temps passe), est surtout dû à la mauvaise psychologie du moment. J’étais en voyage scolaire en Allemagne et ça s’est très mal passé, si bien que je n’arrivais pas à entrer dans ma lecture, que je jugeais aussi sombre que cette semaine de découvertes.

L’apprenti assassin introduit une saga semblable au Trône de Fer de George R. R. Martin. Ce premier tome, qui présente les personnages, les enjeux politiques, la géographie, les valeurs de chaque nation et j’en passe, effeuille un univers sombre et exaltant. J’ai beaucoup aimé me plonger dans ce jeux de royaumes et côtoyer les plus grands comme les plus démunis aux côtés de Fitz.
Au début, on a du mal à savoir où l’on va. Enfin, avec le titre du livre, on devine très bien ce qui va arriver au poupon que l’on découvre et voit grandir. Cependant on ne sait pas comment cela va se produire, on ne sait comment sa personnalité va l’intégrer à lui.
Et, finalement, ce tome introducteur est également une quête d’identité d’un nourrisson abandonné par les siens, malgré eux. Une quête d’identité mais aussi d’apprentissage puisque Fitz va toucher à pas mal de matières et de domaines de compétences, même s’il essuiera des échecs pour certains d’entre eux. Cette multitude d’essais complexifie le personnage et tend à le rendre polyvalent, ce que j’ai grandement apprécié. Comme on le dit, on ne sait vers quoi il se tourne, mais c’est parce que plusieurs voies s’offrent à lui. J’ai beaucoup aimé.

De plus, Robin Hobb promet énormément de rebondissements, certains prévisibles, d’autres un peu moins. Je vous avoue même volontiers que les surprises prévisibles m’ont quand même fait chaud au coeur, parce que je craignais pour la vie de personnages, d’animaux - pour me rendre compte que certains actes ne collaient pas aux caractères. Pour ceux qui l’ont lu, je parle de Burrich et Fouinot.

Si le début peut paraître long à ceux qui cherchent l’action, la fin gagne en intensité sur les derniers chapitres et je dois dire que, dans le bus (plusieurs heures de trajet), je n’ai tout bonnement pas lâché le livre ! J’étais à fond dedans, extatique, et mon compagnon s’est bien marré à me voir “surréagir” à l’action, aux rebondissements et aux surprises politiques. Comme je le disais, certaines choses se sentent avant qu’elles arrivent, mais l’autrice parvient à réserver des surprises de taille de sorte que nous finissions, nous lecteurs mais aussi personnages, haletants, sous le choc.

Ce livre est fortement visuel, on perçoit fort bien les odeurs décrites ou les paysages traversés, c’est un petit bonheur culturel que de voyager au gré des couloirs du châteaux ou dans les champs, forêts, royaumes…

Les personnages sont également excellents. Si Fitz est réservé et présente un caractère attachant par sa timidité et sa naïveté, d’autres personnages équilibrent la danse par leur puissance. Je pense notamment à Burrich, celui qui a élevé le jeune homme, mais aussi à Subtil, le roi écrasant de superbe. Le Fou est également excellent et demeure un des personnages préférés : sa présence régulière et ses phrases sibyllines le présentent sous un jour étrange, toutefois on perçoit bien qu’il sera important pour la suite. Et que dire du prince Vérité, à la fois attentionné et discret, à l’unique service du royaume ? Et Patience, et Umbre, des personnages qu’on voit peu mais qui sont tellement uniques dans leur comportement… Tous, je les ai aimés !
Au final, je prends conscience en rédigeant cet article que le seul personnage qui m’insupporte est Royal, jeune cadet et demi-frère de Vérité, tout simplement ignoble personnage qui se croit tout permis en raison de son rang. Galen est pas mal non plus dans son genre, avec sa méchanceté mal placée.

La plume est également superbe. Contrairement au Dieu dans l’ombre de la même autrice, les répétitions m’ont moins marquée et j'ai pu savourer ma lecture sans accroc. D’ailleurs, puisque j’en suis à faire des comparaisons, je trouve que c’est bien mieux traduit que le Trône de Fer de George R. R. Martin. Y’a plus de poésie, de jolies tournures de phrases, on perçoit mieux les sensations et les pensées, envies profondes des personnages. On s’attache également bien plus vite, preuve s’il en faut que c’est bien plus immersif.



Voilà un premier tome qui dépasse le statut d’introduction. Certes, le début peine à démarrer car l’autrice focalise notre attention sur les enjeux géopolitiques et la présentation des personnages qui, il faut l’admettre, fourmillent. Une fois dépassé le flou ambiant, c’est du petit bonheur à découvrir. Les personnages sont attachants pour la plupart, hormis les méchants clairement identifiés comme tel. La plume est délicieusement immersive quand l’intrigue s’accélère et s’intensifie. En bref, c’est un premier tome tout bonnement génial et j’ai grande hâte de me plonger dans la suite !



18/20




Les autres titres de la saga :
Hors série - Préludes à la Citadelle des Ombres : Le Prince bâtard
1. L'Apprenti assassin
2. L'Assassin du roi
3. La Nef du crépuscule
4. Le Poison de la vengeance
5. La Voie magique
6. La Reine solitaire
7. Le Prophète blanc
8. La Secte maudite
9. Les Secrets de Castelcerf
10. Serments et Deuils
11. Le Dragon des glaces
12. L'Homme noir
13. Adieux et Retrouvailles
- saga terminée -


Chronique partenaire :
Rhavanielle


6 commentaires:

  1. Génial génial que tu aies accroché cette fois-ci !! Je suis super tentée, mais tellement de livres me font envie, quand pourrai-je tout lire ?!? xD Si j'y arrive un jour... :p

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    1. Eh bien, je suis très contente moi aussi d'avoir accroché (surtout que j'ai acheté tous les intégrales d'un coup x). Mais lis-le, trouve-toi du temps car si tu aimes les grosses sagas, tu ne peux que l'apprécier ;)

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  2. " Ce livre est fortement visuel, on perçoit fort bien les odeurs décrites ou les paysages traversés, c’est un petit bonheur culturel que de voyager au gré des couloirs du châteaux ou dans les champs, forêts, royaumes…"
    Oui, c'est très détaillé, on visualise très bien l'environnement dan lequel Fitz évolue. J'ai adoré la plume comme toi.
    J'espère que tu ne regrettes pas trop de l'avoir abandonné au collège, mais il faut être dans le "bon mood" pour apprécier un livre, ça aurait été dommage d'être déçue en raison des circonstances :)

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    1. Je regrette légèrement de ne pas m'y être intéressée plus tôt, de ne pas lui avoir donné sa seconde chance quelques années avant, quand j'étais certaine d'avoir le niveau pour cette saga. Mais je suis heureuse que, comme tu dis, le bon moment soit venu pour pleinement l'apprécier :)

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  3. Réponses
    1. Comme pour beaucoup, et je comprends pourquoi !

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