24 sept. 2026

L'Étroit Chemin entre les souhaits




Bast sait marchander. Il connaît les subtilités des compromis et des concessions aussi bien que le fond de sa poche et à le voir faire, on dirait un peintre devant son chevalet. Mais même un maître n’est pas à l’abri d’un faux pas… En acceptant un présent sans contrepartie, Bast provoque un séisme qui va ébranler jusqu’aux fondations de son monde. Pour la première fois de sa vie, ce négociateur hors pair se retrouve redevable.
L’espace d’une journée, de l’aube au crépuscule, accompagnez le plus séduisant des Faes des Quatre Coins de la civilisation tandis qu’il manigance et trafique, défiant le danger avec la grâce d’un danseur de ballet.
Voici donc l’histoire de Bast. Il y retrace les anciennes manières de faire et de défaire en n’écoutant que son cœur. Y compris lorsque celui-ci l’entraîne sur des chemins hasardeux. Et au diable la prudence si elle doit le tenir éloigné du péril comme des plaisirs !



Pourquoi ce livre ? Je suis une fan impondérée de cet auteur, même si j’ai peu l’occasion de parler de lui dans le coin : il n’a qu’à produire un peu plus, aussi ! Quelques mois, années, après sa sortie, je me plonge enfin dans son dernier titre produit.

L’Étroit Chemin entre les souhaits nous replonge dans l’univers du Tueur de roi, au présent cette fois-ci. On découvre l’histoire et les travers de Bast, un des personnages qui reste planqué dans le village où le tavernier déroule son histoire.

L'auteur ouvre son ouvrage avec un préambule mettant en garde sur l’intensité de son intrigue, proche du néant. En effet, on est davantage dans un récit de vie, avec une simple étincelle pour maintenir l’intérêt en éveil.
En dépit de cette prévention, j’ai eu du mal à entrer dans le récit. Bast n’a jamais été un personnage dont j’ai voulu creuser l’histoire mais revenir dans l'univers me plaisait beaucoup, à l’inverse. Bref, pour en revenir à mes malheurs, le début de l’ouvrage se consacre à une succession de petites rencontres anodines et d'échanges entre des enfants et Bast. Des échanges aussi incongrus que bénéfiques pour les deux partis. Anodines ? Pas tant, puisqu’elles amorcent des explications et l’intrigue principale qui va s’ouvrir dans la seconde moitié de l’ouvrage (de presque deux cents pages). Le souci repose sur la succession des personnages, qui engendre peu d’attachements envers eux…

Ainsi, je me suis ennuyée pendant la première moitié, picorant quelques pages par-ci, par-là. Tout s’accélère lorsque l’intrigue véritable, celle qui se rattache aux légendes et à la petite magie, démarre. J'apprécie beaucoup le fait que cela vienne d’un enfant, et non de Bast, et les causes de l’agissement de l’enfant. Ça m’a mis un coup au cœur qu’un petit être, dans le sens jeune, ait conscience de tant de choses sur le comportement des hommes et la force de l'éducation, de la socialisation. Parce que l’enfant agit pour sa mère, pour la protéger d’un être malfaisant. La peur qui le préoccupe quant à l’avenir m’a particulièrement touchée car cet enfant a grandi trop vite…
Le rythme n’accélère pas pour autant. Nous sommes toujours dans le récit de proximité, avec des valeurs centrales et une jolie fin, malgré un personnage principal antipathique au premier regard.

Il faut dire ce qui est, Bast n’a pas le meilleur des caractères. Le côté taquin me plaît beaucoup évidemment, je suis moins adepte de la manipulation auprès des enfants pour obtenir ses informations. La pratique n’a rien de dangereux et cela titille même les enfants, positivement en général… mais cela reste de la manipulation pour obtenir quelque chose et cela me fait forcément grimacer.
En dehors de l’enfant trop mature pour son âge, tous les autres personnages sont secondaires et gardent ce rôle de pions peu développés, en raison de ce format très court.

A côté de cela, retrouver la plume singulière de l’auteur m’a fait un bien fou. C'est poétique, doux, cela nous enrobe dans un petit cocon confortable, le temps de quelques heures.



Une bonne lecture dans l'ensemble, même si je retiendrai forcément la peine que j’ai ressentie à entrer dans cette novella. La première partie manque d’intérêt, en dépit des échanges qui préparent le terrain, contre une seconde partie plus intéressante. Je ne me suis pas non plus attachée aux personnages. Heureusement, la plume de l’auteur vaut toujours le détour.


13/20

L'Étroit Chemin entre les souhaits de Patrick Rothfuss, Bragelonne, 190 p.
Traduit par Olivier Debernard, Couverture par Micaela Alcaino


Les autres titres de la saga :
Hors série 1. La Musique du Silence
Hors série 2. L'Étroit Chemin entre les souhaits
1. Le Nom du Vent
2. La Peur du Sage, partie 1
3. La Peur du Sage, partie 2
- saga en cours -


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