24 juin 2016

Martyrs, tome 1





        Irmine et Helbrand, deux frères assassins descendant d'un ancien peuple guerrier, vivent dans les ombres de la plus grande cité du royaume de Palerkan. Alors qu'ils se croient à l'abri des persécutions dont ont souffert leurs ancêtres, leur passé sanglant les rattrape, sous les traits d'un borgne qui semble nourrir pour eux de sombres projets. Et tandis que la guerre menace d'embraser le monde, que les puissants tissent de noires alliances, ils vont devoir choisir un camp. Leur martyre ne fait que commencer...






          A force d’en parler avec ma copinaute livradictienne Thinkandsay, l’idée d’une lecture commune à germer et elle a accepté, pour notre plus grand plaisir ! Restreintes à deux chapitres par jour, nous avons eu la chance de savourer notre lecture. Sauf peut-être à la fin, où c’était juste insoutenable d’attendre. Mais je vais vous conter tout cela plus en détails !

       Le premier chapitre commence en suscitant pas mal de questions. Nous découvrons un des personnages principaux, Irmine, en mission qui n’aura aucun lien avec la suite des événements. Mais cela permet une entrée fracassante dans l’univers de Martyrs avec la description des décors (qu’on aura sur une grosse partie du livre) ou encore des Arsekers, ces assassins dotés de longue vie. Dés ces premières pages, on se demande dans quel foutoir (on sent que ça va en être un) ce personnage va être projeté, d’autant plus qu’Irmine rencontre un fantôme lui ressemblant, ce qui le plonge dans une sourde inquiétude.
       Le début est toutefois complexe à appréhender pour quelqu’un qui n’est pas initié à la Fantasy. En effet, chaque chapitre nous présente nouveaux personnages évoluant dans des lieux et milieux différents et certains peuvent être perdus lors de cette lecture (ce qui ne fut pas mon cas).
       L’intrigue est longue à venir, il faut le reconnaître. L’auteur avance lentement mais sûrement ses pions, permettant ainsi au lecteur de prendre le temps de s’attacher aux personnages, de prendre le ton et la couleur de chacun et de se familiariser avec la géographie complexe et l’ambiance des différents lieux.
       Progressivement, l’action intervient, semant le doute dans les esprits, prémices d’un complot que le début ne laissait pas présager. L’intrigue se fait alors plus intense, il devient difficile de lâcher le livre tellement que les rebondissements s’entremêlent et que les personnages sont plongés dans des émotions fortes. Amour, colère, trahison, à la cour rien n’est laissé au hasard ou délaissé.
       Je ne vous parle même pas de la fin, qui est tout simplement génial. Comme je le disais en introduction, il est impossible de lâcher devant cet enchaînement… que dis-je, ce déchaînement des différentes forces de frappes. On craint, on crie, on pleure, mais il est impossible de rester indifférent devant une telle chute !

       Comme dans tout roman de Fantasy qui se respecte, les personnages foisonnent. Ce que j’ai adoré parmi les personnages qui nous sont présentés, c’est qu’aucun d’eux n’a une conscience immaculée ou au contraire trop sombre. Ils ont tous une ambiguïté entre le bien et le mal, et cet concerne même les chefs des deux grands parties adverses. C’est vraiment le signe d’une grande Fantasy car Olivier Peru a réellement su faire la part des choses dans les personnalités et c’est vraiment un délice à découvrir.
       Comme je le disais, on découvre en premier lieu, cadet d’une famille d’Arseker. Renfrogné et taciturne, c’est probablement le personnage qui évoluera le plus dans cette histoire, en raison d’une rencontre bouleversante. Lui qui semblait éloigné de tout au début de ce tome, le voilà impliqué, prêt à en découvre contre les ennemis de la couronne.
       A ses côtés veille Helbrand. Plus ouvert à la discussion que son frère, il se caractère par une bonne mine qui fait craquer les femmes et séduise même les hommes. En tant qu’aîné de la famille Lancefall, Helbrand se sent responsable d’Irmine, ce qui le rend dangereux. Surpris par les changements que subit son cadet, il fera néanmoins tout pour que son bonheur perdure et… je vous laisse découvrir la fin, niark niark ! Je peux néanmoins vous dire que sa complexité et les péripéties qu’il rencontrera feront de lui, et très rapidement, mon personnage préféré.
       Le roi Karmalys a tout de la figure ambivalente. Perçu comme un roi tyrannique, les moments d’intimité auxquels le lecteur sera témoin le tourneront sous un nouveau jour, avec cette simple volonté de préserver son peuple des affres de la guerre comme tout bon roi, chef d’état, etc, devrait le faire. Décrit comme un monstre, les péripéties ne vont pas seulement toucher son royaume, elles vont également le changer de l’intérieur.
       Tout comme pour la famille Lancefall, ce roi est veillé par sa sœur Akinessa surnommée la Main Douce. En effet, elle a renié sa vie de princesse, et par conséquent le mariage qui aurait du être sien, pour rester aux côtés de son frère. Même auprès du peuple, elle est appréciée grâce aux nombreux déplacements qu’elle fait pour aller à leur rencontre et les aider.
       Auprès des autres personnages qui nous apparaissant comme des gentils se placent Kassis, une princesse enfermée par un traité qui l’empêche de quitter les murs de son château et qui rêve par conséquent de liberté, et l’Intendant Guyarson du même château, qui veille sur les affaires d’Alerssen, la dernière cité libre du royaume. Tous deux font preuve de bonté et de gentillesse à l’égard des autres et c’est sans conteste les personnages qui font le plus preuve d’altruisme.
       Je ne peux pas dire que le personne que je vais évoquer estle « méchant » de l’histoire puisqu’ils ont tous leur part noir mais c’est tout de même par sa faute qu’est lancé la guerre donc on peut quand même le considérer un tantinet comme tel. Je parle bien sûr de Cavall, ce paysan surnommé l’Ogre de l’Ouest, venu obtenir vengeance et réparation pour la mort de sa première épouse, celle-ci ayant succombé suite à de multiples blessures et viols des soldats du Palerkan. On met du temps à comprendre la raison de sa déclaration de guerre, si bien qu’on l’accepte vraiment comme un ennemi, mais la raison, noble et courageuse, le place finalement comme un homme à part entière, qui sait aimer et défendre ce qui lui est ou fut cher.
Peut-on vraiment alors dire qu’il est un serviteur du mal ? Quand je vous disais que les personnages étaient tous ambivalents…
      
       La plume d’Olivier Peru est magnifique. Forte, intransigeante, poétique, j’avais l’impression de suivre l’histoire d’un barde échoué là par hasard. Expérience étrange et surtout marquante que je ne regrette pas d‘avoir fait !

       En conclusion, une très belle découverte que j’ai trop tardé à sortir de ma PAL ! Olivier Péru nous plonge dans une aventure lente et enivrante où les personnages ont tous une personnalité qui leur est propre, dotée chacune d’une part d’ombre. L’intrigue en elle-même, légèrement longue à venir, se prête à merveille aux complots et rebondissements de dernière minute. La fin est tout simplement horrible, sadique, magique. Un indéniable coup de cœur que je recommande à tous les amoureux de la Fantasy.

Encore merci à Thinkandsay qui a accepté de vivre l’aventure avec moi ! =)


20/20



Les autres titres de la saga :
Tome 1
Tome 2


2 commentaires:

  1. Quelle merveilleuse chronique !!
    Ce roman figure parmi mes gros gros coups de cœur, tout confondu. Les décors, la plume, les personnages, tout m'a emportée au delà de mes attentes ♥ Et comme toi, je trouve en les personnages une telle profondeur, un tel équilibre entre bien et mal, que ça rend le récit et les interactions encore plus passionnante. Il est presque impossible de discerner "un méchant", ni même un "gentil".

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    1. Merci :$
      Contente de voir que tu penses comme moi :) Et comme toi, c'est l'impossibilité de discerner un "ennemi sous tous les angles" qui m'a le plus plu =)

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