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16 oct. 2025

Code ardant




Dans un futur proche, notre civilisation n’est plus que l’ombre d’elle-même. De la technologie ne subsistent que des vestiges précieusement conservés par des villes fortes surprotégées. Quand la Forteresse d’Albi tombe, une équipe de convoyeurs recueille l’unique survivant : un garçon étrange, super entraîné, sans aucune conscience de lui-même, censé retrouver le mystérieux Prieur, qui cristallise toutes les convoitises de cette partie du monde.

Démarre alors pour eux un road trip survolté, hérissé de flingues et de carrosseries chauffées à blanc.
Seuls leur talent à passer entre les balles et leur indéfectible amitié peuvent les conduire au bout de la route.
Mais que cache le Prieur ?
L’humanité apprendra-t-elle de ses erreurs ?

21 avr. 2025

Les Costa, tome 3 - Par la mer et les nuages




L’apocalypse a eu lieu. La politique, la finance et l’avidité des hommes ont transformé la planète bleue en un dépotoir puant et délétère. Quelques foyers humains tentent d’y arracher une existence précaire, menacés par des hordes de chiens sauvages et de vagabonds, rendus fous par la famine. Chaque jour, la dégradation de l’air, de l’eau et l’augmentation des radiations changent la vie en un baroud perdu d’avance. Mais nul n’a l’intention de périr sans combattre. À Pontault et Port Leucate, en dépit de tensions et de conflits internes, deux communautés de survivants entament un ultime périple vers des terres nouvelles et plus accueillantes, de l’autre côté de l’Atlantique ; parmi elles, la famille Costa. Ainsi commence le long exode, véhiculant les espoirs d’une poignée d’humains résolus. Cap à l’ouest ! Par la mer et les nuages.

26 déc. 2023

La Peste écarlate




Un ancien professeur d'université erre en compagnie de ses petits-enfants, revêtus de peaux de bêtes, dans un paysage désolé. Celui de la baie de San Francisco, ravagée soixante ans auparavant par un terrible fléau. Nous sommes en 2013. Quelques hordes subsistent, et de rares survivants tentent de raconter le monde d'avant à des enfants qui ne savent même pas compter. La seule issue est de reprendre depuis les commencements la marche vers la civilisation perdue.
Jack London met toute sa puissance d'évocation au service de ce récit d'apocalypse, offrant de ces grandes peurs qui ravagent le monde une vision terrible - et quasi prophétique - et inscrivant de fait sa peste écarlate dans la lignée des fléaux bibliques, des terreurs millénaristes. Un texte qui prend dès lors une étonnante et inquiétante modernité.

5 mai 2021

Le Chevalier au bouclier vert




Pour avoir sauvé des brigands la fille du comte de Blois, l'écuyer Thibaut de Sauvigny est adoubé chevalier. Amoureux de la balle, sa pauvreté ne lui permet pas de l'épouser. Mais une nouvelle menace guette : Eléonore comprend que sa propre sœur veut sa mort ! Cette fois la seule alliée des jeunes gens sera la fée Hadelize. S'ils la trouvent à temps...

31 mai 2019

Les Pilleurs d'âme




1666...
« Les grosses balles de plomb claquent sur le bois de la chaloupe. Je prends conscience que j'ai de l'eau jusqu'aux chevilles.
Peu importe : c'est un voyage à sens unique.
Plonger, tirer, plonger, tirer...
Un choc sourd. Nous avons touché.
— Lancez les grappins ! À l'abordage ! »

Suivez les pas de Yoran LE GOFF dans ce trépidant roman d'aventures où espionnage intergalactique se mêle à la flibuste du XVIIè siècle, et à ses marins gouailleurs !

17 août 2018

Ecosphère, tome 1 - Le laboratoire englouti




Dans un monde où les humains naissent avec une Affinité, la marque donnant le pouvoir de maîtriser l’un des quatre éléments naturels, Arane grandit privée de ce don. Malgré les tabous qui entourent l’usage de la technologie, l’adolescente s’est réfugiée dans la conception de machines pour tenter de combler son handicap… Jusqu’au jour où elle hérite d’un orbe capable de contrôler la nature : l’Écosphère.

18 févr. 2017

Les Damnés de l'asphalte




Quinze ans ont passé depuis l'invasion venue du Nord, mais le monde ne s'est pas amélioré, bien au contraire... La misère et la famine règnent sur un pays ravagé. Villes fantômes, bandes organisées, soldats de fortune et sectes d'illuminés en tout genre se partagent la route du Sud. Il faudrait être fou pour l'emprunter. Fou... ou déterminé.
Lorsque son frère est porté disparu, Miki, le jeune mécano, se met en tête de rallier la péninsule ibérique. A ses côtés, Toni, le pilote, et Cheyenne, le hors-mur, reprennent du service !
Commence pour eux un périple à travers un pays en proie aux flammes et au chaos. Et, alors que les survivants se disputent les miettes de la civilisation, une menace resurgit des abysses du monde d'avant. Un cauchemar sans nom qui pourrait bien barrer la route aux damnés de l'asphalte...

20 janv. 2016

La Salamandre

Synopsis :

 
            Catherine, dont la vie s'organisait autour du travail avec la haine des dimanches, le secours de la télévision, l'affection d'un chat et l'usage fréquent de somnifères, tourne le dos à la France pour s'installer au Brésil. Dépassant sa condition de touriste, elle quitte l'univers des agences de voyages pour celui des favelas. La violence avec laquelle les gens se traitent entre eux ne lui est alors plus épargnée. Dans ce récit d'un parcours absolu, Jean-Christophe Rufin livre une tragédie moderne, où l'héroïne semble soudain obéir à une loi profonde qui la pousse à se détruire et à s'accomplir en même temps. À travers ce portrait d'une femme qui se perd et se découvre, l'auteur reprend aussi un thème qui lui est cher, celui de la rencontre entre les Occidentaux et leur tiers-monde fantasmé. Loin de la vitrine exotique et du mythe révolutionnaire, il va au-delà de la vision idéalisée, tout au moins " idéologisée ", du tiers-monde, vers un monde ambivalent, fait à la fois de richesse et de violence, repoussant et attirant.

Mon avis :

            Je sais, les plus assidus sur ce blog sauront que Jean-Christophe Rufin n’est pas un auteur faisant parti de mon genre littéraire favori. Cependant, ma superbe prof de français en Première m’a fait découvrir cet auteur au travers de Globalia, lecture programmée pour le cours sur le roman. Et quel roman ! Je me rappelle avoir énormément apprécié cette découverte si bien que j’avais acheté par la suite plusieurs autres œuvres dont La Salamandre. Après un long séjour dans ma PAL, voilà que ma Book Jar a su en sortir ce titre.

            En parlant du titre, celui-ci est assez intriguant, car il y a dans cette œuvre aucun rapport avec une salamandre. Alors j’ai mené ma petite enquête pour comprendre le rapport entre ce petit animal et l’intrigue. Verdict : une salamandre est un amphibien capable, selon les croyances, de traverser et éteindre un feu (définition reformulée avec mes mots, s’il vous plaît). Autant dire que ma lanterne fut complètement éclairée (joli jeu de mots avec le feu, non ? XD Et pis je ne vous préciserai pas en quoi cela m’a éclairée, il faudra lire le livre pour comprendre, mouhahaha).

            Comme le présente la quatrième de couverture, ce livre relate la quête initiatique ou plutôt la remise à zéro de la vie de Catherine, femme quadragénaire qui n’a toujours vécu que pour le travail, en oubliant les rapports sociaux et les plaisirs d’une vie privée. Obligée de partir en voyage, elle optera pour le Brésil où elle retrouvera un couple de vieux amis à elle. Mais là où ils vivent « en aveugle » depuis des années, la touriste en apprendra davantage sur la véritable vie brésilienne grâce à l’apparition de Gilberto (« prononcé Giouberto), ou plus communément surnommé Gil.
            Si on n’observe que le rythme, le début est très rapide, s’enchaîne dans une mécanique propre à une vie trépidante et sauvage. Catherine découvre aux côtés de Gil la vie des brésiliens de basses conditions, vivant dans des taudis. Par les multiples descriptions et le regard de la jeune femme, l’auteur nous livre une telle reconstitution du pays qu’il prodigue l’impression qu’on s’y trouve pour de vrai. Malheureusement, le récit gagne en lenteur et en miroitement. Cela permet de rendre compte de la langueur dans ce que subit Catherine, mais offre également un contraste assez déplorable avec la vivacité de la première grosse moitié du livre. Personnellement, j’ai eu beaucoup de mal à adhérer à cette fin, que j’ai eu beaucoup plus de mal à digérer.
            Pourtant, le contenu de la fin n’est pas trop mal. Si on oublie la morale assez banale du renouveau et de l’espoir dans une situation des plus dramatiques, le récit se termine tout de même sur un air de douceur, avec un personnage qui a su reconquérir son corps et sa personnalité. Un beau message d’espoir, que je disais.

            Le nombre des personnages est très restreint, même pour un récit aussi court. Si par moment le nombre atteint cinq personnages dans l’intrigue, nous sommes le plus souvent concentrés sur seulement deux personnages, Catherine et Gil.
            Cette dernière eut le coup de foudre pour Gil dés le premier regard, malgré leur différence d’âge ou la personnalité de la femme qui ne l’a jamais amené à aimer. Lui n’est qu’une sorte de gigolo près à l’aimer de faux semblants en échange de cadeaux rêvés depuis toujours. Très vite, leur relation se complexifie sans jamais gagner en sentiments, rendant compte d’un univers sauvage et tortueux, ou la pauvreté et la misère se côtoient au quotidien.
            Les autres personnages, comme le couple d’amis ou le consul, apporte une touche réaliste supplémentaire à l’ensemble du récit. Par exemple, le couple d’amis permet de percevoir le ressenti et d’émettre des conseils de personnes de notre société afin de faire ressortir les aspects négatifs de cette relation mais également d’appuyer l’aspect malsain volontairement recherché (un peu dans le genre « on n’a qu’une vie, profite-en pour faire ce que tu veux de ton corps et ton argent du moment que tu ne tombes pas dans l’excès. »). Et le consul, lui, apporte la juridiction et la rectitude qui manquaient tout au long de cette découverte.

            Le style est vraiment abordable. Malgré ses prix et sa renommée, Jean-Christophe Rufin conserve un lexique simple afin de pouvoir être lu par un plus grand nombre de lecteurs, des adolescents comme des adultes. Cependant, il ne faut pas non plus rechercher un aspect poétique à son récit, l’auteur reste très terre à terre pour livrer au mieux la teneur de son roman. Personnellement, j’ai grandement adhéré à l’ensemble.   


            En conclusion, un livre appréciable par ses personnages d’anti-héros et le rendu sauvage et tortueux de l’intrigue. Malheureusement, le roman perd de sa valeur par la lenteur qui le gagne vers la fin du récit, alors que j’aurai apprécié une fin en apothéose. Un récit marquant, donc, mais peut mieux faire.


9 janv. 2016

Kraa, tome 3 - La Colère Blanche de l'Orage

Synopsis :


            C’est une vallée très reculée, quelque part au fin fond d’un pays froid qui pourrait être l’Alaska ou la Sibérie. Presque personne n’y vit, hormis la faune sauvage et un peuple autochtone discret. Hélas, le sous-sol regorge de matières premières et bientôt les affairistes déferlent, pressés d’y construire une ville, des mines, un barrage…
Les premières exactions surviennent ; personne ne doit faire obstacle au « progrès ». 
Il y a pourtant un témoin silencieux à cet immense désordre : Kraa, un jeune aigle très puissant qui a appris la survie, maître secret de la vallée. Avec Yuma, un adolescent indien avec lequel il a développé un lien d’essence chamanique, Kraa, dont la voix off sert de fil rouge au récit, entre en résistance…

Mon avis :

             Un peu plus emballée par le second tome, je me suis empressée de lire ce troisième tome afin de clore cette saga et connaître le fin mot de l’histoire.

            Contrairement aux deux précédents tomes qui s’observaient dans la même lignée, le début de ce dernier opus peut interloquer par son effet décalé. En effet, l’auteur nous plonge dans les années soixante, bien loin des du début du XXe siècle auquel nous étions habitués jusqu’ici. Si cela a pu me gêner au début, les effets que ce choix de narration ont engendré m’ont vraiment plu, si bien que cela rattrape totalement cette surprise.
            Par la suite, nous retrouvons Yuma et Emily, réunis dans la nature sous le regard malveillant de Kraa, mécontent de cette alliance des deux sexes. Cependant, Emily reste lucide quant aux intentions de son partenaire. S’il l’honore, les sentiments sont absents de cette relation et le silence du garçon l’inquiète beaucoup. Qu’est-ce que cela présage-t-il ?
            A côté de cela, nous retrouvons toujours la sauvagerie et la cruauté coutumière, doublées d’un réalisme sans borne face aux diverses situations rencontrées à cette époque. C’est un réel plaisir de se plonger dans l’univers des western à travers une bande dessinée, et cela procure l’envie d’agrandir son horizon sur ce genre (très méconnu de ma culture personnelle).
           
            Les personnages n’évoluent pas. On retrouve une Emily douce, un peu casse-cou, un Yuma introverti et libre de toute moralité ou encore un Kraa égoïste et bestial. Il en va de même pour leurs ennemis, qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez et cherche à tout prix une solution pour parvenir à des fins mauvaises.

            Il n’est plus nécessaire de s’arrêter sur les dessins en eux-mêmes, vous aurez compris qu’ils ne peuvent pas changer (et vaut mieux ainsi), pour une plus grande cohérence entre les tomes. De la sauvagerie et une parfaite cruauté, parfois sanglants, les planches sont destinés à nous frapper par leur réalisme et leur horreur.


            En conclusion, j’aurai eu raison de laisser sa chance à cette saga. Bien que l’univers soit sombre, les thèmes évoqués sont d’actualité et les personnages dégagent une aura le plus souvent malfaisante mais non pas moins attachante pour certains. Si le style de dessins ne me convient pas, j’apprécie tout de même sa cohérence avec l’ensemble de l’œuvre. Une bonne saga.


13/20


Les autres titres de la saga :
3. La Colère blanche de l'orage
- saga terminée -


7 janv. 2016

Kraa, tome 2 - L'Ombre de l'Aigle

Synopsis :
           
            C’est une vallée très reculée, quelque part au fin fond d’un pays froid qui pourrait être l’Alaska ou la Sibérie. Presque personne n’y vit, hormis la faune sauvage et un peuple autochtone discret. Hélas, le sous-sol regorge de matières premières et bientôt les affairistes déferlent, pressés d’y construire une ville, des mines, un barrage…
Les premières exactions surviennent ; personne ne doit faire obstacle au « progrès ». 
Il y a pourtant un témoin silencieux à cet immense désordre : Kraa, un jeune aigle très puissant qui a appris la survie, maître secret de la vallée. Avec Yuma, un adolescent indien avec lequel il a développé un lien d’essence chamanique, Kraa, dont la voix off sert de fil rouge au récit, entre en résistance…

Mon avis :

            Ayant apprécié le premier volume de cette trilogie et ayant emprunté les deux autres dans la foulée, je n’ai pas eu à attendre pour pouvoir poursuivre les aventures de Kraa et son frère Yuma.

            Il y a beaucoup moins de choses à dire au sujet  de ce second tome. Tout d’abord parce que la bande dessinée est plus courte, ne faisant en effet qu’une soixantaine de pages contre quatre-vingts dix pour son prédécesseur. Mais également parce qu’il se situe dans la parfaite lignée de ce dernier, si bien que des ajouts ne seront pas forcément nécessaires.

            On retrouve ainsi Yuma et Kraa, le premier étant affaibli par la saison hivernale à laquelle il doit faire face. La cruauté et la sauvagerie de cette intrigue nous assomme alors de plein fouet, puisque Kraa aura la fâcheuse pensée de manger son frère si ce dernier venait à périr et le gibier à manquer.
            En parallèle se construit toujours la cité « utopique » à l’origine de la disparition du peuple de Yuma et la colère de Kraa. Mais de nombreux problèmes sont soulevés, des inégalités et des mystères que le journaliste O’Bannon tentera de percer.
            Ce tome est également l’occasion de mettre en avant Emily, la jeune fille recueillie par le docteur Altman, et par conséquent destinée à entrer dans le monde de la médecine. Si son statut n’est que secondaire dans le volume précédent, elle est ici projetée au devant de la scène, projetée dans ce monde de brutes, un monde plus mature. Confrontée au silence irréparable de Yuma, elle devra apprendre à se débrouiller à l’écart du confort protecteur.

            Quant aux dessins en eux-mêmes, ils gardent toujours cet effet à la fois détaillé et brouillon, pas forcément plaisants à regarder mais cohérents avec l’ensemble de l’œuvre.

            La grande faiblesse de cette bande dessinée, c’est que malgré le sujet fort exprimé par l’ensemble, cette intrigue ne dégage aucune réelle émotion. Le lecteur est laissé de côté au profit de la cruauté si bien que l’on ne se sent pas vraiment concerné par ce qui arrive devant nos yeux. C’est naturellement dommage car cela aurait prodigué plus de force à cette œuvre, et aurait également accru son intérêt déjà présent.
            De plus, il manquait au premier tome des explications quant au chamanisme, cette petite touche fantastique, et j’ai eu le regret de constater qu’elles n’étaient toujours pas davantage développées ici. J’ai le maigre espoir qu’elles apparaissent dans le troisième et dernier volet de cette saga mais l’attention étant portée sur un sujet plus épineux et important (enfin, cela dépend des points de vue), cela m’étonnerait que j’obtienne ce que je souhaite…

            En conclusion, un second tome dans la lignée du premier que ce soit dans les dessins, l’intrigue ou les personnages. Le manque d’explications me chagrine toujours, autant que l’absence d’émotions vraiment intenses : on ne se sent pas concernés par les aventures de Kraa, et cela a une retombée sur le récit. Je lirai tout de même le troisième tome pour connaître le fin mot de l’histoire.



12/20


Les autres titres de la saga :
2. L'Ombre de l'aigle
- saga terminée -


6 janv. 2016

Kraa, tome 1 - La Vallée perdue

Synopsis :

            C’est une vallée très reculée, quelque part au fin fond d’un pays froid qui pourrait être l’Alaska ou la Sibérie. Presque personne n’y vit, hormis la faune sauvage et un peuple autochtone discret. Hélas, le sous-sol regorge de matières premières et bientôt les affairistes déferlent, pressés d’y construire une ville, des mines, un barrage…
Les premières exactions surviennent ; personne ne doit faire obstacle au « progrès ». 
Il y a pourtant un témoin silencieux à cet immense désordre : Kraa, un jeune aigle très puissant qui a appris la survie, maître secret de la vallée. Avec Yuma, un adolescent indien avec lequel il a développé un lien d’essence chamanique, Kraa, dont la voix off sert de fil rouge au récit, entre en résistance…

Mon avis :

            J’ai croisé pour la première fois la route de cette bande dessinée sur le suivi lecture d’une Livradictienne.

            Si la première de couverture ne m’attirait pas plus que cela, j’étais curieuse de découvrir une telle histoire, où aigle et humain se côtoient pour parvenir à des mêmes fins.
            Qu’on se le dise, les dessins de cette bande dessinée ne sont pas particulièrement reluisants. Les traits sont grossiers, très touffus, allant dans un détail très brouillon. Si ce n’est pas un coup de crayon qui m’attire au premier regard, il possède néanmoins un certain réalisme et surtout une profonde cohérence avec le récit en question, les deux étant empreints d’une forme de sauvagerie.

            L’intrigue est en elle-même assez originale. Le début s’appréhende au travers de la perception d’un aigle à peine âgé de deux mois. N’ayant pas encore quitté son nid et avec des parents disparus depuis deux jours, c’est une véritable quête initiatique qui nous est livrée aussi, porteuse de promesses et d’un réalisme peu ragoûtant. Eh oui, avec cette bande dessinée, on grimace très souvent et on rit nerveusement (comme a pu le constater mon homme). La richesse des détails et la cruauté des gestes confèrent à cette œuvre un réalisme plaisant bien que navrant, puisqu’ici sera satirisé le comportement exécrable, vaniteux et obséquieux des hommes conquérants face à la nature sauvage et aux ultimes tribus d’aborigènes.
            Le second personnage se trouve justement être un jeune représentant de ces tribus. Yuma fut le témoin du massacre de son peuple et cherchera à obtenir réparation par la vengeance avec l’appui de son improbable allié Kraa. A deux, ils devront s’épauler et se réunir pour gagner en puissance et obtenir ce qu’ils souhaitent.
            La fin est une porte ouverte sur l’inconnu, dans le sens où elle n’indique en rien quelles seront les prochaines actions de notre duo hétéroclite, ce qui est un point positif puisque cela suscite la curiosité du lecteur et par conséquent son envie d’en apprendre plus sur les intentions de nos héros.

            Comme l’indique le résumé, les pensées de l’aigle Kraa, pleines d’amusements, nous sont livrées dans la narration ou sont sous-entendus dans le dialogue avec son frère indien. D’ailleurs, le lien qui unit l’animal à l’homme est assez décevant, il ne relève d’aucune originalité dans ce récit pourtant prometteur. Mais il faut dire que les explications concernant ce lien ne sont pas assez développées et j’espère que les tomes suivants seront à la hauteur en ce qui concerne ce point noir.

            Outre le pointage du doigt des divers massacres perpétrés par les conquérants et les business man, cette bande dessinée nous plonge au cœur d’une nature sauvage en pleine évolution due au réchauffement climatique et à l’ère industrielle. Si ces sujets deviennent redondants au fil des publications dans la littérature, la petite touche de fantastique apportée par le chamanisme et les pensées de Kraa prodigue une fraîcheur bienvenue. Ainsi, l’œuvre se lit bien et on en redemanderait presque.


            En conclusion, une bande dessinée pas vraiment transcendante sur le fond comme sur la forme, mais tout de même avec un léger intérêt sur l’intrigue. Les dessins sont, dans une cohérence sauvage, grossièrement brouillons mais cela dégage un charme certain. Le manque d’explications quant à quelques phénomènes paranormaux m’a légèrement turlupinée et j’espère que l’auteur se rattrapera sur la suite, que je vais m’empresser de lire.


12/20


Les autres titres de la saga :
1. La Vallée perdue
- saga terminée -

29 sept. 2015

Sa Majesté des Mouches



Synopsis :

            Une bande de garçons de six à douze ans se trouve jetée par un naufrage sur une île déserte. L'aventure apparaît aux enfants comme de merveilleuses vacances : ils se nourrissent de fruits, se baignent, jouent à Robinson. Mais il faut s'organiser et, suivant les meilleures traditions des collèges anglais, ils élisent un chef... Un grand roman d'aventures, mais surtout un magnifique roman d'apprentissage de la vie en société avec ces règles et ses cruautés.




Mon avis :

            Je me souviens de quelques amis qui me parlaient en grands termes élogieux de ce roman de William Golding, grandiose par sa simplicité et sa morale puissante. A l’époque, je n’étais pas attirée par ce genre de récits. Bon, je ne le suis toujours pas plus aujourd’hui, mais j’ai tout de même acquis la curiosité de lire et découvrir quelques classiques de la littérature européenne. Alors quand j’ai trouvé ce livre à la bibliothèque, les souvenirs ont resurgi et j’ai sauté sur l’occasion.

            Mon rejet face à ce genre de romans s’est très vite ressenti. Je ne sais pas si c’est dû au style jeunesse anglophone ou pour un autre argument indéterminé, mais j’ai remarqué que le premier des deux ne me plaisait généralement pas (si l’on en croit mes avis sur les romans de Salinger, Dalh, Golding, etc).

            L’histoire relate ici le naufrage d’un navire contraint d’abandonné sur une île déserte les passagers mineurs. Nous sommes au tout début de l’intrigue, les enfants peinent à se réveiller, et c’est le premier point sur lequel j’ai tiqué : pourquoi y a-t-il eu naufrage ? Pourquoi aucun adulte n’est resté surveiller les enfants ? Des questions auxquelles nous n’obtiendrons pas de réponse, pour mon plus grand désarroi, voire mécontentement.
            Très vite, une copie de société civilisée se met en place, avec un vote démocratique pour élire le chef et diverses institutions nécessaires à leur survie, tels que le groupe des chasseurs dirigé par Jack ou encore la conque, symbole de l’assemblée démocratique, dirigée par Ralph. Très vite les enfants se divisent en deux groupes, les « petits » qui ne pensent qu’à s’amuser et les « grands » qui portent l’instinct de survie. Ce dernier reste bien précaire, car des inimitiés vont éclater au fil du récit, plongeant le récit dans une violence profonde et intense, comme un reflet de notre société actuelle.
            Je dois reconnaître que mon attention décrochait facilement aux deux tiers du livre. L’intrigue est assez creuse par moments ou bien très répétitives, ce qui est encore pire finalement. J’ai tout de même eu la patience de tenir jusque la fin pour connaître le fin mot, même si j’avoue avoir lu de temps en temps entre les lignes…
            La fin est assez surprenante. Je ne peux pas vraiment dire en quoi car cela spolierait considérablement l’intrigue, mais j’ai été surprise par les rebondissements et revirements de situation, je m’attendais à une chute tout à fait différente. En revanche, je ne saurai dire si cette fin m’a conquise ou non.

            La plupart des personnages sont antipathiques, à cause de leur simplicité ou de leur niaiserie, notamment parmi les « petits ». En dépit de cela, d’autres personnalités sont relevées, comme celles de Ralph, Piggy et Jack, selon moi les plus marquantes car les plus matures et réfléchies. Les deux premiers détiennent vraiment cette volonté de survivre quand le troisième ne cherche que le pouvoir et l’admiration, voire l’idolâtrie. Toutes les figures de notre société sont donc représentées, amenant le récit à se faire l’écho d’une satire acérée de William Golding.

            La plume de ce dernier n’est ni fluide, ni lourde. Elle appartient pourtant à ce genre qui permet à un livre de se lire tout seul, sans avoir l’impression de buter à chaque phrase ou d’avoir mal au crâne à la fin de la lecture. Le style d’écriture se destine prioritairement à un public jeune mais peut toutefois attirer l’attention des adultes.

            La morale est bien sûr un pilier fondamental dans cette aventure. Reflet miniature de notre société actuelle, l’intrigue nous révèle les qualités et les défauts et se veut un véritable roman d’apprentissage pour comprendre l’environnement de l’enfant et lui permettre une bonne socialisation dans celui-ci. Je ne dis pas que l’idée est originale mais elle est ici très bien exploitée, ce qui fait le charme du livre, ce qui fait également que ce roman devrait être lu par un plus grand nombre.


            En conclusion, je m’attendais à quelque chose d’un peu plus développé et moins long, si bien que je fus légèrement déçue par cette intrigue pourtant prometteuse et intéressante par certains côtés. Les personnages sont creux dans le sens niais et candide mais porteur d’une morale importante pour un enfant dans l’appréhension de son environnement et sa socialisation. Je ne regrette pas de l’avoir lu, mais je n’en garderai pas un souvenir agréable, bien que marquant.


16 mai 2015

L'Île au trésor





Synopsis :

            Le jeune Jim Hawkins est le héros de ce roman, ainsi que le terrible John Silver, l'homme à la jambe de bois. L'"Hispanolia" débarque sur l'Ile au Trésor les "bons" et les "méchants". Dès lors, une lutte implacable se déroule pour retrouver le trésor amassé par Flint, redoutable pirate mort sans avoir livré son secret.




Mon avis :

            Lu dans le cadre d’un challenge, c’est grâce à ce dernier que je me suis arrêtée sur ce titre car je pense qu’il ne me serait jamais venue à l’idée de le lire, sinon.
            Malheureusement, cette lecture ne m’a pas assez emportée et j’eus toutes les peines du monde à la terminer…
           
            Les personnages, très nombreux et variés en genre, sont le rappel d’une époque où les pirates couraient les ports en attendant de partir en quête d’un trésor. Ils font face naturellement aux bourgeois de la bonne société, révélant des conflits dont tout le monde aujourd’hui a entendu parler.
            Tous ces personnages nous sont dépeints au travers des yeux de Jim Hawkins, qui aidait en début d’histoire son père à tenir l’auberge familiale. Jeune garçon plein de volonté, il reste toutefois à mes yeux sans saveur, si bien que je n’ai pas su m’attacher à lui. Bien sûr, j’ai par moment eu pitié de lui et de sa situation, mais rien qui ne m’emporte réellement dans un tourbillon de sentiments.
            Ce qui est assez cocasse, et je ne saurai dire pour quelles raisons, j’ai préféré le caractère des pirates plutôt que celui des bourgeois. Même si aucun des deux « camps » ne m’ont conquise, les pilleurs des mers m’ont paru plus accessibles, plus chaleureux ce qui, je suppose, est contradictoire à la volonté de l’auteur.

            L’aventure est également très longue à démarrer. En effet, il faut atteindre les cinquante premières pages pour espérer entendre parler de pirates, de mer, de trésor, ce qui est bien long pour un livre jeunesse si court. C’est sûrement une des nombreuses raisons pour laquelle ce livre ne m’a pas touché.
            Le reste de l’aventure, que je ne raconterai pas rassurez-vous, m’a semblé bien plate. On y découvre certes de l’action, mais pas assez développée pour que mon attention soit retenue par tout cela. Ce qui est sûr, c’est que je n’aurai jamais réussi à terminer ce livre si je l’avais lu étant plus jeune.

            Le style est également très lourd. Il correspond cependant à l’époque de l’auteur, j’en conviens, mais ce n’est pas un style d’écriture que j’attends quand je me lance dans une lecture dédiée à un public jeune, j’ai donc eu beaucoup de difficultés à m’accrocher…

            En conclusion, une œuvre lourde, avec bien peu d’actions par rapport à ce dont j’attendais. Malheureusement, ce livre ne m’a pas fait voyager comme je l’aurai souhaité, et j’en garde ainsi un mauvais souvenir.



28 mars 2015

Croc-Blanc




Synopsis :

            Fils d'une louve et d'un chien de traîneau, Croc-Blanc connaît bien la loi du Grand Nord : manger ou être mangé.
Sa rencontre avec les hommes, ces dieux faiseurs de feu, sera décisive. Sous l'autorité de son premier maître, il devient chien de traîneau. Mais un autre maître, sanguinaire et brutal, l'engage dans de cruels combats et réveille sa sauvagerie. De l'instinct du loup ou de celui du chien, lequel l'emportera ?




Mon avis :

            Il n’était pas prévu que j’ouvre ce livre avant un bout de temps mais mon compagnon a absolument tenu à ce que je le lise donc je me suis décidée à le sortir.

            Sur ma première impression, je suis plutôt mitigée, avec tout de même un penchement vers le positif !
           
            J’ai eu trop de mal à rentrer dans le livre. L’intrigue est longue à se mettre en route, les premiers chapitres réfèrent à deux personnages qu’on oublie rapidement par la suite. Même si cela permet de planter le décor et la sauvagerie de ce dernier, il m’a paru plus inutile qu’autre chose et cela a retardé la prise en main du livre.
            En revanche, dés que le louveteau apparaît, mon appréciation prend une toute autre tournure et je fus carrément emportée dans les aventures qu’il vivra.

            Le peu de personnages qui parcourent ce roman ne sont pas particulièrement attachants puisque le point de vue se focalise sur le loup, renforçant ainsi les sentiments que l’animal est amené à dégager.
            Ainsi, il ne faut pas s’attendre à une histoire où la parole et les grands discours sont de mises car ils en sont au contraire quasiment absents. Mais le tout est rédigé dans un enchaînement tel que le lecteur ne s’ennuie pas.

            Le style est léger, sans prise de tête, et il en est sûrement ainsi pour donner l’impression que le lecteur lit directement dans l’esprit du louveteau. Il faut donc ne pas surcharger de détails afin de rendre compte au mieux de sa vision.

            Mais le plus important reste la portée de ce livre. Croc-Blanc, d’abord l’animal sauvage qu’est le loup, se fait de plus en plus domestiqué pour devenir une sorte de chien, dépendant de l’homme. C’est une image cruelle mais tellement réaliste que cela en devient douloureux.
           
Alors c’est un vrai baume au cœur de lire que certains hommes restent bons et généreux. Mais ça, c’est à vous de le découvrir à la fin…


En conclusion, une petite déception pour cette œuvre renommée mais j’ai tout de même apprécié certains côtés. Je regrette de ne pas l’avoir découvert étant plus jeune, j’aurai sûrement mieux savouré…


31 janv. 2015

Perceval ou le Conte du Graâl

Synopsis :

Le jeune chevalier saura bientôt faire preuve de sa vaillance. La demoiselle son hôtesse n'est pas venue à lui dans un autre dessein que de lever en son cœur le désir de batailler pour l'aider à se défendre et défendre sa terre. Il lui dit : « Belle amie chère, ce n'est point le moment de montrer triste visage... Venez-vous mettre dans ce lit qui est assez large pour deux... » Elle répond : « Je viendrai s'il vous plaît. » Le jeune chevalier l'embrasse... Il l'a mise gentiment sous la couverture. La demoiselle accepte ses baisers sans qu'il lui en coûte beaucoup ! Ainsi furent-ils toute la nuit, l'un après l'autre et bouche à bouche jusqu'à l'approche du matin... Bouche à bouche et bras à bras ils ont reposé jusqu'à l'aube.


Mon avis :

            Lu dans le cadre de mes cours, j’ai eu grand plaisir de voir ce titre dans ma liste d’œuvres à lire pour ce second semestre. Etant férue des légendes (arthuriennes ou autres), j’avais l’impression d’avoir une lecture personnelle, et non imposée par les cours.
            Je ne fus pas déçue !

            Le style est certes très haché, difficile à digérer mais le contenu du livre en lui-même a une telle teneur que l’on passe facilement outre ces petites difficultés de lectures, qui en plus disparaissent une fois que l’on a pris le rythme.   
            En revanche, la lecture en ancien français fut très laborieuse, pour ne pas dire impossible. On se décourage à vite, à force de buter sur des mots que l’on ne comprend pas ou alors qui sont de faux-amis, par rapport à notre français courant.
            Ainsi, je ne saurais que trop vous conseiller de lire ce livre dans notre langue actuelle, vous échapperez à l’assaut des terribles migraines !

            L’histoire débute légèrement dans le flou. Des chevaliers dont on ne connaît le nom chevauchent et rencontrent un enfant curieux, mais là encore non identifié. On devine néanmoins qu’il s’agit des chevaliers du roi Arthur et que l’enfant s’appelle Perceval, bien qu’il ne le sache pas encore lui-même.
            Chrétien de Troyes représente un monde peuplé d’individus sombres, austères, avec l’intervention de magie, marquant ainsi son œuvre dans le genre fantastique, le tout mêlé à une bonne dose de principes et de morales fortes intéressantes, puisqu’on a du mal à les retrouver de nos jours…

            Les personnages ne sont pas attachants car ils n’ont pas une identité très profonde (juste des hauts faits qui prouvent leur courage, pas le fond de leurs pensées), mais le lecteur peut tout de même prendre plaisir à suivre leurs nombreuses aventures.

            Les aventures ne sont pas très palpitantes, étant donné que l’on se doute de l’issue certaine des combats, mais ce n’est pas pour autant que l’on s’ennuie ! Au contraire, le livre s’avale assez rapidement, preuve d’un certain rythme dans l’intrigue.

            La fin est très brutale. En fait, le narrateur indique bien que l’œuvre est inachevée, et les curieux auront forcément l’envie de lire la suite, bien qu’elle soit inexistante (enfin… il me semble !).


            En conclusion, un livre intéressant du point de vue du contenu. Il peut être difficile de se plonger dedans, mais on s’habitue rapidement au style haché et on n’a plus qu’à prendre plaisir !


13 janv. 2015

Le regard des princes à minuit

Synopsis :

            Être un véritable chevalier, aujourd'hui, est-ce encore possible?
À travers sept épreuves initiatiques, des jeunes gens se lancent dans l'aventure: une expédition nocturne dans la forêt de Brocéliande, l'escalade de la façade de Notre-Dame en cordée, l'intensité d'un combat à mains nues, la découverte d'une danse oubliée avec une cavalière sensuelle… Autant de façons de vibrer, de prendre position dans la société, de dire NON.
Défis humains et missions clandestines, des expériences intenses racontées par l'un des auteurs pour la jeunesse les plus populaires. Erik L'Homme interpelle ses lecteurs et ceux qui ne le connaissent pas encore… Et leur transmet son goût de vivre.


Mon avis :

            Ce n’est pas la première fois que je lis Le regard des princes à minuit. Seulement ma première lecture m’avait tant marquée, tant bouleversée, que j’avais préféré ne rien écrire dessus. Juste… ressentir. Oui, je crois que ressentir est le mot parfait.
            Aujourd’hui, entre deux partiels, je me suis dit qu’il était temps de transmettre. Après tout, un livre est fait pour être partagé et celui-là plus que tout autre…

            Ce livre est très court, très bref, et pourtant il dégage en si peu de pages des principes forts, puissants, qu’ils ne peuvent pas laisser indifférent une fois qu’on les a rencontrés.

            Chaque partie est divisée en trois temps. En premier lieu, l’auteur se permet de citer un personnage fictif ou qui a réellement existé (Morphéus de Matrix pour n’en citer qu’un), de grandes citations qui, rien qu’elles, nous font réfléchir pour peu qu’on les parcourt des yeux avec une grande attention. Ensuite, l’auteur insère son propre texte, avec de l’action et de la réflexion sur un précepte glissé à la fin, destiné purement à faire réfléchir le personnage en question, mais, au travers lui, le lecteur également. Dans chacune de ses parties, l’auteur met en avant des personnages différents, avec une action différente (de la danse ou de l’escalade) pour glisser des préceptes uniques. Enfin, Erik L’Homme clôt chaque partie en citant un passage Des Sept Bacheliers ou L’Epreuve périlleuse de Cosme d’Aleyrac.

            Je tiens à rajouter que chacune de ses parties en trois temps conduisent un même résultat, grand par la beauté.

            Malheureusement, je ne pense pas réussir à décrire plus en détails ce magnifique ouvrage initiatique. Mais par ce dernier mot je peux me défendre. En effet, je n’ai pas la prétention d’avoir le savoir universel et donc ressentir à la lecture tout ce que les autres peuvent ressentir personnellement. Et ce livre est typiquement celui qui fait naître en nous des émotions et un idéal différents. Par exemple, cette initiation m’a inspirée l’envie de voyager, partager mais aussi aider les plus démunis. Chez d’autres, ce sera de bâtir de grandes choses en accord avec les préceptes insérés dans le texte. Tout le monde agit et comprend différemment et un tel livre est le parfait exemple de cela.


            En conclusion, un magnifique livre initiatique qui n’est pas loin d’être un coup de cœur. Je n’en ai pas parlé au-dessus, mais il lui manque un petit quelque chose pour cela. En revanche, c'est un très bon livre, qu'on pourrait même faire étudier à des collégiens, lycéens. Je rajoute juste que c’est un bel hommage rendu à Pierre Bottero, un ami de cet auteur.


13 nov. 2014

A la Croisée des Mondes, tome 3 - Le Miroir d'Ambre


Synopsis :


Lyra, l'héroïne des Royaumes du Nord et de la Tour des Anges, est retenue prisonnière par sa mère, l'ambitieuse et cruelle Mme Coulter qui, pour mieux s'assurer de sa docilité, l'a plongée dans un sommeil artificiel. Will, le compagnon de Lyra, armé du poignard subtil, s'est lancé à sa recherche, escorté de deux anges, Balthamos et Baruch. Avec leur aide, il parviendra à délivrer son amie. Mais, à son réveil, Lyra lui annonce qu'une mission encore plus périlleuse, presque désespérée, les attend : ils doivent descendre dans le monde des morts...



Mon avis :

            Tout comme les deux premiers tomes de cette saga, c’est une relecture que j’ai effectué là. Cela me paraissait nécessaire, car je me suis rendue compte, avant de plonger mon nez dans les premières pages du livre, que je ne me rappelais plus du tout de l’intrigue de ce troisième tome. Autant vous dire que cela commençait bien puisque, si je ne m’en rappelais pas, c’est que l’histoire ne m’avait pas marquée à la première lecture.
            Ne me fiant pas à cette première idée et relevant mes manches, je me lançais dans ce gros pavé !

            Je vais commencer par le style d’écriture car j’en ai très peu de choses à dire : un texte toujours aussi fluide, qu’un enfant comme un adulte peuvent lire sans souci. L’auteur mêle avec brio descriptions des sentiments et des paysages, avec le reste de l’intrigue qui se résume par de l’action et du mouvement.

            Le début me renvoya l’impression d’un brouillon, où l’auteur tâtonne discrètement pour trouver des éléments d’intrigue. Je suis peut-être assez pointilleuse là-dessus, et il se peut que les lecteurs ne ressentent pas tous cela ou ne soient pas aussi sévères que moi sur ce sujet ! Il faut dire que c’est réellement très discret, comme je le disais ci-dessus, et que cette impression s’insinue sur très peu de pages. Par la suite, je vous rassure, le lecteur est entièrement entraîné dans l’action, aux côtés des personnages !

            Cette action est également très discrète au début, se situant globalement dans les sauvetages et les voyages de Lyra et Will entre les divers mondes. En revanche, la fin en est complètement imprégnée car il se déroule (enfin !) la grande bataille que le lecteur attend depuis le début de ce tome, voire du deuxième. Cependant, il ne faut pas s’attendre à des blockbusters typiquement américains retranscrits en livre, où y’aurait des explosions et des retournements de situation dans tous les sens. Au contraire, Philip Pullman a choisi une bataille rangée, presque calme j’ai envie de dire, mais qui se déroule sur tous les fronts et chaque personnage rencontré jusqu’ici détient une importance dans l’issu du combat.
            Je fus néanmoins quelque peu déçue par le rôle joué par nos deux adolescents, Lyra et Will, car ils sont finalement tenus au second plan, alors que les différents pouvoirs n’arrêtent pas de dire qu’ils sont primordiaux dans la réussite ou l’échec, selon le point de vue des personnages, de la mission fixée par Lord Asriel.

            De nombreux personnages rejoignent l’intrigue comme par les espions Gallivespiens, Mary Malone et d’autres encore. Quelques surprises parcourent ce dernier tome, que je ne vais naturellement pas vous révéler pour vous laisser le goût du suspens si vous souhaitez le lire.
            En opposé du second tome, Lyra m’a parue moins naïve, plus encline à faire face à sa destinée. La pitié prend davantage le dessus lorsque le lecteur découvre les épreuves qu’elle traverse et la fin m’a même arrachée de la compassion pour ce qu’elle doit vivre.
            Will, personnage énigmatique et sauvage, me plaît toujours autant. Il ne prend aucune décision à la légère et on sentait qu’il représentait la force du groupe.

            Cette fin fut déchirante. Il ne faut surtout pas s’attendre à un « happy end » des contes de fées, largement utilisé dans tout ce qui est littérature de l’imaginaire, où les personnages ayant traversé les mêmes genres d’épreuves « se marièrent et eurent beaucoup d’enfants ». C’est horrifiant de lire que des enfants ayant supporté un nombre incalculable d’épreuves doivent encore en subir une dernière toute leur vie.
            C’est affreux de dire cela, mais je pense que c’est là qu’il fallait pour clore une histoire tout à fait déstabilisante sur la domination de la religion dans notre société et la théorie des mondes parallèles.


            En conclusion, Philip Pullman signe la fin d’une saga avec beaucoup de réalisme et de fatalisme, ce qui résume fort bien le thème général de l’œuvre. Aujourd’hui, je n’hésite plus à dire que c’est une œuvre majeure et un classique de la fantasy moderne, et je le recommande à tous les lecteurs fous de ce genre !



Les autres titres de la saga :
3. Le Miroir d'Ambre