24 mars 2015

American Fays

Synopsis :

            Ce Chicago de 1925 a tout du chaudron prêt à exploser ! Entre les Leprechauns mouillés dans la fabrication de faux billets et les gangs qui s’activent en coulisses pour s’emparer des marchés de l’alcool et des speakeasies, autant dire qu’il y a de l’orage dans l’air. Et tandis qu’Al Capone tente de retrouver son influence sur la ville, voilà que des Drys, farouches partisans de la Prohibition, sont atrocement assassinés.
Scarface devient, aux yeux des autorités, le suspect idéal. Furieux et persuadé que les Fays sont dans le coup, il charge une bande de chasseurs de Fays, les No Ears Four, de débusquer les véritables coupables.
Pour Old Odd et son équipe, les ennuis ne font que commencer. Contraints de plonger dans les entrailles d’une ville corrompue et en proie aux guerres des gangs, les quatre nettoyeurs ont intérêt à se serrer les coudes s’ils veulent survivre à la tempête qui s’annonce. Car, quand la Fayrie est impliquée, mieux vaut ne pas trop traîner dans l’œil du cyclone !

Mon avis :

            Il faut bien le dire, c’est avant tout pour la couverture magnifique (carton solidifiée et tissu sur les zones bordeaux) que ce livre est tombé entre mes mains. De plus, le titre apparaissait partout sur les blogs et j’étais donc très curieuse de me livrer à cette découverte.
            Mais vint le moment de rédiger son avis et, je dois bien l’avouer, j’ai énormément de mal à agencer mes idées. Et pourtant, c’est un coup de cœur ! Un peu décalé, mais coup de cœur tout de même.

            Dés le premier chapitre, le lecteur est projeté dans un passé par si lointain que cela. Epoque de la prohibition et du grand banditisme de l’italien Al Capone, le plus connu de tous, ce livre retrace les contours de ce réel en nous rapportant la violence sanglante et les rixes entre les divers clans présents à Chicago.
            Cependant, les auteurs ne s’astreignent pas à relater seulement les faits de cette époque marquante dans l’histoire américaine, mais y insère également un souffle de fantastique avec les fays et les différentes espèces qui composent ce grand groupe (selkies, pilliwyggins, hamadryades, fays du logis, etc).
            Ces deux grand thèmes que représentent la prohibition et les fays se mêlent et s’entremêlent au fil de la lecture dans une relation très étroite. En effet, l’intrigue principale demande la résolution d’une affaire de meurtre et les divers indices se jalonnent dans chacun de ces thèmes. Et, sincèrement, c’est un véritable bonheur que de lire American Fays.

            Tout au long de cette intrigue, le lecteur est invité à suivre les aventures des No Ears Four, un groupe de quatre personnes au service d’Al Capone, lui-même réfugié à Cicero, un bourg non loin de Chicago. Ce groupe renommé dans la profession se compose du chef Old Odd, un vieux bougre qui finalement n’est pas si bougre que cela, du trompettiste Bix (Vincent ou Bixente de son vrai prénom), le plus jeune de la bande et par conséquent le plus téméraire, Bulldog, le garde du corps du chef un peu simplet mais qui possède un bon fond. Et enfin, l’assassin Jack The Crap, mon préféré, parce qu’il reste énigmatique et en retrait tout au long de l’œuvre.
            Chacun ont leur caractère et leur conversation sont vraiment intenses, voire comique du fait des divergences de personnalité. La désobéissance survient également de temps à autres, mais cela leur donne de l’ampleur et c’est le principal.
            Mais ce ne sont pas les seuls personnages que le lecteur est amené à rencontrer, loin de là ! On découvre également Jude, qui détient un bar placé sous la protection des No Ears Fou. Elle aura un rôle assez effacé, sauf peut-être à la fin, contrairement à sa nièce Rachel qui aura un rôle important dans la résolution de l’intrigue.
            D’autres personnages ont moins d’importance, je ne tiens donc pas à les évoquer, mais chacun ont une place de choix et une présence cruciale à un moment donné dans l’intrigue.

            Ce livre est également le moyen, pour ceux qui apprécient ces créatures, de découvrir ou redécouvrir les fays, les caractéristiques propres à chaque espèce et leur utilisation intéressante dans ce roman. Cela apporte un souffle nouveau dans cette intrigue plate dans le sens où, sans les fays, ce livre resterait un thriller banal dans une époque qui s’y prête bien.
           
En parlant de thriller, je vais enchaîner quelques lignes dessus. Dés les premiers chapitres, on comprend que l’enquête et la résolution de tous ces coups fourrés seront au centre de l’histoire. Cependant, d’autres énigmes viennent en parallèle s’ajouter à cela, sans que l’on puisse en déterminer un lien quelconque et, par moment, j’avais l’impression que cela partait trop dans un délire pour réussir à suivre. Ce n’est qu’à la fin (et je ne vous dirai pas pourquoi) que l’on découvre tout, et c’est là que j’ai ressenti le coup de cœur. Les auteurs amènent progressivement les indices sans que l’on puisse savoir comment cela se terminera et c’est un régal.
            De plus, la fin mélange les genres et les tons. Rebondissements, actions, surprises ([/!\ Spoiler !] L’entrée en scène d’Al Capone – que, soit dit en passant, j’attendais depuis un bon moment avec une bonne dose d’excitation – est tout simplement un délice !), jusqu’aux dernières pages où le comique s’installe copieusement, pour la dernière note de musique.

            Enfin, le style des auteurs est tout simplement génial. Ils ont l’art d’amener les choses dans le contexte avec une précision et un détachement exaltant. De plus, leur manière d’enchaîner les événements les effacent complètement de l’attention du lecteur, qui se consacre entièrement à l’intrigue pour oublier qu’il tient un livre.
            Personnellement, j’ai savouré leur style envoûtant et je me plierai bien à l’envie de lire d’autres de leurs œuvres avec plaisir !


            En conclusion, la magie du fantastique mêlé à une enquête qui nous plonge dans les affres d’un passé proche, sur un sujet clé dans l’histoire américaine, ce livre avait tout pour m’envoûter et il y est parvenu avec brio ! Un véritable coup de cœur, un peu décalé de ce que je lis habituellement, mais que je suis loin de regretter !



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