26 janv. 2017

Terminus Elicius



   


Istres-Marseille. Pour Jeanne, la vie est ponctuée par cet aller-retour ferroviaire quotidien entre son travail de gratte-papier au commissariat et la maison de sa mère. Elle attend néanmoins qu'un événement vienne secouer le fil de son existence: un regard, enfin, du capitaine Esposito? La résolution, peut-être, de cette ffaire de serial killer qui défraie la chronique phocéenne? "Vous êtes si belle, Jeanne Si touchante et si belle." Ce soir-là, une lettre, glissée entre deux banquettes, semble combler toutes ses espérances. Un peu trop, même. Car derrière le mystérieux soupirant se cache le meurtrier tant recherché par la police. Commence alors une correspondance amoureuse qui, pour Jeanne, n'aura de terminus qu'au bout de l'enfer...



     
        Je tiens à remercier la plateforme NetGalley et les éditions Belford pour ce partenariat.

       Je souhaite également préciser que c’est mon tout premier Giebel, je n’ai donc pas la possibilité de comparer avec les autres romans de l’auteure, alors qu’il paraîtrait qu’ils sont bien meilleurs que celui-ci !

       Je dois quand même dire que, sans être exceptionnel, ce n’est pas non plus une daube profonde. J’ai passé un bon moment, un peu léger et très redondant à un moment, mais bon quand même.

       Jeanne est une héroïne pas comme les autres. Si la plupart des protagonistes dans ce genre littéraire ont des vies vraiment pourries, ici l’héroïne porte à elle seule le poids de tous les maux du monde. Je ne peux vous en dire plus, cela fait parti des révélations finales, mais il me semblait nécessaire de commencer par cette généralité, étant donné que c’est la cause de toutes les réactions et décisions de la jeune femme (n’a pas atteint la trentaine).
       Ses décisions ne seront d’ailleurs pas faciles à prendre. Dérangée dans son train-train quotidien, et l’expression familière n’aura jamais été si vraie, Jeanne va être confrontée à la douleur d’un homme qui s’intéresse à elle par le biais épistolaire. Des courriers qu’il déposera à place fixe dans le train Marseille-Istres de 17h36. Des lettres qui parlent d’un amour ardent lié à une nécessité de vengeance. A quoi ? Il faut lire l’ensemble de l’œuvre pour comprendre l’horreur de la vérité.
       Clouée et abattue dans une solitude morbide, attirée par un homme qui la remarque à peine, Jeanne sera prise entre deux feux : celui de succomber à la tentation macabre ou résister.

      Je dois dire que le speech était dans l’ensemble intéressant. Les procédés pour maintenir le suspens sont bien connus mais l’auteure a su éveiller une pointe de curiosité qui m’a donné envie de toucher le but final.
       La révélation quant aux causes de tout cela est, bien sûr, une horreur. Niaise que je suis, j’ose espérer que cela se passe différemment dans certaines branches d’études, etc, mais je suppose que, en effet, cet espoir est candide. En tout cas, cela fait réfléchir sur la bêtise humaine et les conséquences de nos actes, qui brisent des vies. Mais après tout, on ne récolte que ce que l’on sème…

       Si l’intrigue fut intéressante, je n’ai pas du tout aimé les personnages. Jeanne nous renvoie l’image d’une femme faible, accablée par tant de souffrance qu’il faut parfois se demander si ce qu’elle demande, la mort, n’est pas une solution envisageable.
         Elicius, lui, semble légèrement pathétique. A la menacer de la sorte puis trouver des raisons de la pardonner, on sent l’homme psychologiquement instable dont il faudrait rester éloigné. Enfin, pathétique est l’adjectif qui le qualifie le mieux.
        Quant à Fabrice Esposito, son lunatisme m’a également agacée dans le sens où, hormis une enquête qui n’avance pas, aucune raison n’expliquait ses sautes d’humeur constante. En réalité, j’ai l’impression que l’auteure a façonné son caractère à toute fin utile, histoire de faire durer le plaisir, et je ne suis pas vraiment fan de ce choix caractériel.
Maintenant, si ça a baissé ma bonne impression, je ne fus pas non plus gênée au point d’abandonner ma lecture !

        Si ce n’est pas le plus gros défaut, j’ai trouvé que la plume manquait de finesse et de personnalité. Peut-être est-ce un choix pour laisser toute la place aux personnages et permettre au lecteur de s’y attacher plus facilement. Comme la mayonnaise n’a pas pris avec moi, j’ai trouvé que le style aurait pu être plus travaillé.

       En conclusion, une découverte acceptable mais sans plus. Je suppose que c’est un bon premier livre pour se lancer dans le genre des thrillers, mais les initiés s’ennuieront avec ce livre. Les personnages sont fades, comme la plume. On a envie d’en savoir plus sur Elicius, mais c’est le seul ingrédient qui attise notre curiosité. Je suis tout de même curieuse de découvrir d’autres Giebel.


10/20


2 commentaires:

  1. Ah tiens, j'ai prévu de lire Juste une ombre bientôt. Depuis le temps que j'entends parler de cette auteure ! Ton avis me pousse à mettre ce titre-là de côté cependant ^^

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    1. Oui, j'ai également Juste une ombre dans le collimateur mais en effet, je te conseille de ne pas trop t'attarder sur Terminus Elicius, sauf si tu appréhendes d'avance un polar à l'intrigue basique ;-)

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