24 janv. 2020

Le Puis des Mémoires, tome 3 - Les Terres de cristal




Au cœur de Woltan, tandis que se lèvent les premières tempêtes de neige, Nils, Karib et Olen luttent encore pour survivre. La menace du complot pèse plus que jamais, dans cet immense royaume où les assassins règnent en maîtres. Loin, très loin au nord, s’étendent les Terres de Cristal, dont les glaces éternelles dissimulent un terrible secret.

Dans le luxe des palais où chacun pourrait être un traître, les fugitifs sans mémoire savent désormais qui ils sont. Mais le danger n’en est que plus grand, car la vérité se rapproche…



Pourquoi ce livre ? J’ai toujours suivi les parutions de Scrinéo avec attention et c’est par ce biais que j’ai découvert cette saga et son auteur. J’ai l’impression que ça fait un bail que j’ai lu La Traque, le premier tome, et pour cause, cela fait une paire d’années. Entre temps j’ai lu et apprécié Aeternia. Et dans mon objectif de finir des sagas, je me suis repenchée sur celle-ci et lu les deux derniers tomes en moins de deux mois.

Le Fils de la Lune avait fait pleuvoir un déluge de révélations, on en apprend enfin bien plus sur le trio et le statut de chacun, de sorte que j’étais pressée de savoir ce qu’il advenait d’eux, comment ils finiraient (surtout que l’un d’eux est dans une position très délicate à la fin du volume).

Les Terres de cristal reprend évidemment là où on a laissé Olen, Karib et Nils. Les choses s’accélèrent, on le perçoit dès cette reprise. Je trouve d’ailleurs que l’équilibre précaire dans lequel se trouve l’un d’eux est un peu trop vite résolu, même si l’émergence du déséquilibré est sympathique à lire. Puis les choses reprennent leur cours et le moins doué des trois pour l’art de la guerre se démène dans un art tout différent, la diplomatie, pour parvenir à placer ses amis dans des positions stratégiques. Car ce tome, plus encore que les précédents, est celui dédié aux complots et aux manigances politiques.
Très vite, la bataille qui doit conclure cette saga est une évidence et on frétille d’impatience, de crainte aussi à l’idée d’en perdre un ou deux au passage. Sachant que mes deux personnages préférés sont souvent ceux qui se positionnent en première ligne, j’avais mes raisons de serrer les fesses. Et cela doit être pour cela que je ressors déçue. Parce que j’ai trouvé que, à défaut de faire un plat, la tension guerrière ne croît jamais. Les cents dernières pages se consacrent à la bataille qui doit défier le nécromant. Je vais éviter de dévoiler toute la fin, alors je reprocherai simplement que l’ambiance bon enfant qui relie chacun d’eux ne les quitte pas malgré leur position parfois difficile, si bien que je n’ai jamais perçu le sérieux du moment, le danger ou la menace. Oui, cela trahit sur la fin, mais c’était prévisible et par conséquent peu surprenant.

Toutefois le tome ne démérite pas avec un rythme effréné qui donne le sentiment d’une action rondement menée. On ne s’ennuie malgré la désillusion finale et c’est bien ce que je recherchais dans ce dernier tome. La toute fin est sympathique même si le cœur se serrait de quitter un trio si intéressant.
La fin est d’ailleurs complétée par une sorte de nouvelle qui en dit long sur la manière dont les trois héros se sont fait piéger au démarrage de l’intrigue. Si ce n’était pas indispensable, j’avoue avoir apprécié découvrir comment chacun fut pris au piège, avec des comportements qui en disent longs sur les personnalités. Cette nouvelle permet également de marquer l’évolution de leur tempérament et, à mon goût, de les apprécier davantage.

Car oui, les personnages déjà fort sympathiques se sont endurcis au cours de cette folle épopée, allant vers le meilleur - même si l’un est finalement resté fidèle à lui-même.
Olen, en tant que coureur de jupons, n’a pas forcément changé puisqu’il fit traverser son amante sur la moitié du globe. Mais il n’aime qu’elle et se bat finalement pour la protéger et améliorer leur sort, ce que je trouve louable.
Nils, l’homme de glace, est toujours peu loquace mais se développe malgré tout au gré de ses sentiments. C’est fou comme il change selon la présence de la femme ou au contraire son éloignement. Néanmoins il n’hésite pas à se ridiculiser devant les soldats, ce qui montre son caractère plutôt désabusé. La fin cruelle en ce qui le concerne m’a dépité, mais je suis finalement contente car je ne voyais pas se ranger tranquillement. Fidèle à lui-même jusqu’au bout, ce sera le mot final de son histoire.
Karib prend dans ce tome de l’importance. La crédibilité du trio ne tient plus que par lui et il fait preuve de sagesse, use de manipulation, selon les situations. C’est peut-être celui qui a le plus évolué depuis le premier tome, et ce n’est pas plus mal . C’était celui que j’aimais le moins, ce qui n’a pas forcément changé, mais au moins je l’apprécie davantage pour ce qu’il a apporté à l’intrigue et à ses amis.

Toujours rien à dire concernant le style d’écriture, la plume est efficace, facile à lire, on lit et on en redemande, parcourant un volume de quatre cent pages en une poignée d’heures sans décrocher. Les chapitres courts, finissant souvent sur un cliffhangher, contribuent à cette légèreté qui nous mène tout droit vers la fin. Le style n’est pas donc pas original ni marquant, mais il appartient à part entière à l’univers et je reviendrai vers lui aussi pour cela.



Dans l’ensemble, c’est une bonne conclusion de saga même si je déplore le manque de tension qui fait tout retomber comme un oeuf sur le plat. Mais cette saga a gagné mon affection pour l’ambiance du trio, qui nous soutire bien trop souvent des sourires et même des rires, pour l’univers simple et la plus efficace. C’est un moment de légèreté qu’on s’offre, qui pourrait être une bonne porte d’entrée à des néophytes en fantasy.



14/20





Les autres titres de la saga :
1. La Traque
2. Le Fils de la Lune
3. Les Terres de cristal
- saga terminée -


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