12 févr. 2017

Azilis, tome 1 - L'épée de la liberté



   
Ne voyez-vous pas le chemin du vent et de la pluie?
Ne voyez-vous pas les chênes qui se heurtent?
Ne voyez-vous pas la mer fouetter les terres ?
Ne voyez-vous pas le soleil se hâter dans le ciel?
Ne voyez-vous pas les étoiles tomber?

Ne voyez-vous pas le monde en danger?



         Lu dans le cadre d’une lecture commune, cette lecture fut en réalité une relecture puisque j’ai découvert cette saga jeunesse au cœur de mon adolescence, soit y’a cinq à huit ans. C’est fou ce que le temps passe vite !
       J’avais le souvenir d’une héroïne fugueuse au cœur d’une histoire dont le décor antique imposait. Si mon avis de femme adulte (ahah) a évolué, ma relecture conserva néanmoins un plaisir évident.

       Le résumé en dit très peu sur ce que l’histoire renferme, pourtant la portée poétique de ce court passage – car c’est en effet une citation – m’a plu à tel point que la saga entière avait rejoint ma bibliothèque !

       C’est l’histoire d’une jeune fille sauvage, le sang et les origines bretonnes de sa mère écrasant sa part romaine. Libre comme l’air, domna (maîtresse en latin) qui ne reçoit pas d’ordre mais en donne à sa guise, Azilis se retrouvera au cœur d’une aventure palpitante inattendue, accompagnant son cousin Aneurin dans le but de porter au roi breton Ambrosius une épée qui changera le cours de la guerre… Mais la route sera semée d’embûches. Entre amour, trahison et mauvaises surprises, les multiples rebondissements malmèneront les personnages et élèveront le récit à une maturité étonnante.
       Le rythme est soutenu, époque, et les pages défilent sans même qu’on ne s’en aperçoive. C’est agréable de voir à quel point l’intrigue nous emporte avec une facilité déconcertante. Alors oui, le rythme bat son plein pour notre plus grand plaisir et les pages s’avalent comme des petits pains. De surprises en surprises, l’attachement envers les personnages naquit, et par conséquent la compassion et la crainte.
       La fin atteint un pique de tension. La guerre est là, des personnages qu’on ne voudrait pas voir combattre s’enrôle dans l’armée d’un dux bellorum (chef de guerre en latin) renommé et aimé. Et puis l’espoir,  celui du renouveau et de l’amour, de la délivrance et de l’affranchissement. On traverse de multiples étapes lors de ce premier tome, et les émotions fourmillent pour notre plus grand bonheur.

       Bien sûr, c’est une lecture jeunesse et certains obstacles sont franchis avec une facilité peu crédible. Mais si on garde en tête que cette saga se destine à un jeune âge, le plaisir est obligatoire.
       Il ne faut pas laisser de côté un détail important. Certes cette saga est jeunesse, pourtant la mort rôde et happe ses proies sans que les autres puissent réagir. Je ne peux pas dire que j’ai pleuré à ma relecture (et je n’ai pas le souvenir d’avoir versé ma petite larme lors de ma première découverte) pourtant je fus affectée, indéniablement.

       Les personnages font également leur carton et diversifient l’histoire en lui donnant de l’épaisseur.
       Azilis, avant tout. Elle a vécu des événements tragiques depuis sa naissance, pourtant cela n’excuse en rien ses petits caprices et sa volonté de fer. Je conçois qu’elle a grandi en tant que domna habituée à donner des ordres, pourtant son indifférence à l’égard des êtres humains m’a exaspérée. Pourtant, je ne peux renier que c’est ainsi qu’agissait les riches citoyens romains, ce qui ajoute un bon point à cette saga : le respect de la civilisation antique. Dans l’ensemble, j’ai trouvé cette héroïne agaçante au début et puis elle mûrit et s’assagit au cours de son voyage, si bien que j’ai fini par l’apprécier, surtout qu’elle prend enfin part pour la cause des plus faibles, ou des blessés de guerre pour être exacte.
       Kian a tout du chevalier-servant par excellence. Habitué à servie, il sait ce dont a besoin sa « maîtresse » sans qu’elle ait besoin de lui demander. Plus tard, sa personnalité va se développer et le côté guerrier, caché jusqu’à lors, va prendre un engouement qui servira à accroître la tension. C’est sans conteste mon personnage préféré.
       Aneurus possède le portrait-type du barde par excellence. Voix de ténor, des paroles d’or, il aura néanmoins sacrifié ses rêves et sa jeunesse pour se repentir pour obtenir la clé de la victoire. Ce qu’on apprend sur lui, pour affligeant que cela soit, ne le rende pas moins humain. Un personnage construit qui me manquera dans la suite.
       La fin de ce tome présente également de nouveaux personnages, pas encore suffisamment exploités pour en faire son opinion. Arturus, Myrddin, Caius (ou Kai), tous sont porteurs de belles promesses et j’ai hâte de me plonger dans la suite (même s’il faudra pour cela attendre la LC suivante !).

       La plume, sans être poétique, dévoile une énergie efficace et vivifiante. J’ai pris plaisir à chaque fois que je rouvrais le livre car je savais que cette lecture ne sera pas prise de tête. Bien sûr, le style s’adapte à un jeune âge, il ne faut pas s’attendre à du lexique soutenu et à des phrases très complexes. Pourtant la présence du vocabulaire latin démontre le sérieux de la construction et la recherche de l’auteur. C’est pourquoi je le conseille à tous les amoureux de la période antique.

       Je m’arrête rarement sur le point typographique d’un roman, pourtant l’objet livre est issu merveilleusement bien conçu. La lecture est rendue fortement agréable par un interligne bien espacé et une police d’écriture détonante. Les chapitres sont courts, ce qui accélère encore notre rythme de croisière. Et la police des titres de partie est sublime !

       En conclusion, un très bon introductif ! Si le personnage éponyme est un tantinet agaçante, elle gagne en maturité, il ne reste plus qu’à dérouler le tapis ! L’auteure jalonne avec brio son roman de vocabulaire latin, ce qui permet d’intriguer les amoureux ou les curieux de ce domaine sans trop en faire. Dans l’ensemble, l’intrigue est portée par un vent d’aventure et de rebondissements, ayant pour un rendu un récit efficace et des personnages attachants. Je le recommande surtout aux plus jeunes, et j’attends de mon côté la suite avec impatience !



16/20



Les autres titres de la saga :
1. L'épée de la liberté
2. La nuit de l'enchanteur
3. Le sortilège des vents
- saga terminée -

2 commentaires:

  1. Ooooh, ça me donne bien envie tout ce que je lis là dis-donc ! :0
    *tu-vas-me-ruineeeer*

    ça donne envie de prendre tous les tomes d'un coup... ! Rien que pour la beauté des couvertures, et des résumés. ♥ C'est vraiment sublime. Mais alors savoir que l'histoire l'est tout autant... Arg. ♥

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    1. Mais je suis là pour ça *sifflote* XD

      En général, les éditions Rageot sont une valeur sûre en matière de résumé comme d'intrigues légères et entraînantes. D'abord les Ewilan de Pierre Bottero, et là Azilis de Valérie Guinot. Franchement, n'hésite pas, c'est la lecture idéale quand on veut être dépaysé tout en douceur ! ;-)

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