16 févr. 2017

Le Cycle des Princes d'Ambre, tome 1 - Les neuf Princes d'Ambre


   
Ambre est un royaume médiéval ; comme tous les autres il possède une capitale, un palais, une cour, une famille royale et des intrigues. Mais Ambre est aussi bien plus : lieu mythique considéré comme le centre de l'univers. Seul lieu réel, tous les autres n'en sont qu'un reflet, dans l'ombre, comme la Terre. Considérée comme très intéressante par la plupart des princes d'Ambre, elle leur sert de résidence secondaire, voire de cachette. Car la vie d'un prince ou d'une princesse n'est pas de tout repos. Seuls dépositaires du pouvoir quasi divin de se déplacer entre les mondes, ils n'en restent pas moins humains : au mieux rivaux, ils sont le plus souvent ennemis jurés. En effet, depuis la disparition mystérieuse d'Obéron, le père de cette grande famille, le trône est vacant et la succession des plus agitée.



         Choisi dans ma PAL pour le challenge Destockage de PAL en duo par Lianne, je dois dire qu’il me tardait de découvrir cette saga mythique de Fantasy. J’ai assez rapidement déchanté.
      
       Le début est on ne peut plus intéressant. Le personnage que l’on appréhende de l’intérieur par une perception subjective se réveille dans un hôpital et découvre qu’il est victime d’une amnésie totale. Il ne sait plus qui il est, comme il s’appelle, etc. Autant dire qu’une avalanche de questions nous tombe dessus et qu’on ne se fait pas prier pour suivre les premiers pas de Corwin, puisqu’il est révélé qu’il se prénomme ainsi, dans sa quête d’identité.
       A partir de là se découpent les prémices d’une quête initiatique où le personnage doit réapprendre son monde, retrouver des liens avec d’autres individus, savoir surtout comment il a bien pu être interné dans cet hôpital. C’est ici qu’apparaît le premier défaut. Parce que malgré son handicap, Corwin se débrouille « vachement » bien pour retomber sur ses pattes, et si c’est cohérent avec son statut – on comprend rapidement qu’il est comme supérieur au commun des mortels, va-t-on dire – c’est tout de même moyennement crédible à mes yeux.
       Sans vous en dire plus sur la suite, je peux me permettre de révéler que le décor est complètement délaissé. Ce n’est pas important au regard de l’intrigue et des personnages, mais j’aurai aimé qu’ils soient abordés avec plus de sérieux, que le lecteur puisse se représenter le monde des Ombres ou même d’Ambre. Or, c’est relativement vide. L’auteur s’interroge avant tout sur les couleurs des différents univers plus que les formes, et si nous sautons à pieds joints dans le domaine du merveilleux, je n’ai pas réussi à apprécier cet aspect de l’œuvre.
       Pour revenir une dernière fois sur l’intrigue de manière générale et non détaillée, tout va trop vite. Y’a un enchaînement de décisions et d’actions qui nous amènent trop rapidement à la fin du livre, ce qui était déjà prévisible au vu du nombre de pages (environ 250). Il devient alors difficile de prendre le temps d’assimiler les divers degrés de l’intrigue, les personnages comme leur position dans la hiérarchie fraternelle (j’évite de me mouiller dans cette périphrase).
       La fin survient trop rapidement et ne donne malheureusement pas une envie énormissime de lire la suite. On s’inquiète pour l’état de certains personnages quand d’autres nous laissent totalement indifférents. C’est probablement l’auteur qui a choisi de rendre cet effet, mais je dois dire que j’ai eu du mal à y trouver mon compte. Lirai-je la suite ? Sûrement puisqu’elle est déjà dans ma PAL et que les tomes sont courts, mais ce ne sera pas tout de suite (et je suis heureuse de ne pas les avoir achetés en intégrale !).
      Au final, la seule question qui m’intrigue consigne le Roi, Oberon, dont on apprend le sort au cours de l’intrigue, ce qui permet de poser une énigme concrète.

       Les personnages foisonnent et en même temps sont peu nombreux. Allez comprendre ! En réalité, c’est simple : peu de pages par conséquent peu de personnages. Pourtant, Roger Zelazny nous balance une foule de noms liés à Corwin qu’on n’a pas le temps d’assimiler. Je rappelle qu’on découvre tout en même temps que le protagoniste. Pourtant, si lui si retrouve suffisamment, j’ai eu particulièrement du mal à retenir qui est qui, d’autant plus que certains personnages sont nommés mais apparaissent une fois ou deux, voire pas du tout. Difficile de les replacer dans le contexte en connaissant cela…
       Tous les personnages sont mystérieux, en cela tout est clair. Hormis Corwin (et encore, je le compte dans le panier avec les autres), on connaît peu de choses d’eux si ce n’est leur position géographique et leur position dans cette guerre. Eric semble le tyran sanguinaire des livres stéréotypés du genre quand Corwin se pose comme le héros qui va sauver Ambre. Sauf que Corwin, s’il semble plus sentimentaliste depuis son séjour dans le commun des mortels, devait également être un parfait salaud dans son enfance. Comme tous les princes et princesses d’Ambre. Difficile d’éprouver de l’attachement pour n’importe lequel d’entre eux quand on sait cela.

       Le style est très synthétique. Pas de tournure poétique, de figure de style, de fioriture. Roger Zelazny écrit de manière claire et concise, allant droit au but. Et je n’ai pas forcément accroché à sa plume.

       En conclusion, dans l’ensemble ça se lit et je suis contente d’avoir enfin entamé cette saga, ce monstre de la Fantasy classique. Mais de trop nombreux défauts ont réfréné mon plaisir, comme le caractère assez homogène des personnages ou encore l’absence de description viable. Le monde d’Ambre n’est pas assez travaillé, Zelazny préférant se concentrer sur son intrigue, qui s’enchaîne à une allure impossible. C’est un choix comme un autre, mais j’ai eu un mal fou à y adhérer.



12/20




Les autres titres de la saga :
01. Les neuf Princes d'Ambre
02. Les Fusils d'Avalon
03. Le Signe de la Licorne
04. La Main d'Oberon
05. Les Cours du Chaos
06. Les Atouts de la Vengeance
07. Le Sang d'Ambre
08. Le Signe du Chaos
09. Chevalier des Ombres
10. Prince du Chaos
- saga terminée -

4 commentaires:

  1. C'est juste le début, en fait l'intrigue principale n'a qu'a peine commencé dans ce tome ou Corwin commence son périple dans ce monde qui si il reste très mystérieux (oui ça reste du merveilleux jusqu'au bout donc on n'a jamais de vrai explication claire, c'est du "magique") se développe petit à petit, on va en apprendre plus sur la création du monde, sur ses règles, sur leur père et les différents enfants. Sur le passé de Corwin aussi et ce qu'il va découvrir de lui même.
    Bref je t'avais prévenu que ce premier tome n'était pas du tout le meilleur de la série :P

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est vrai, tu m'avais prévenu et pourtant, je m'attendais tout de même à quelque chose de plus différent. En fonction de ce que tu me dis là, je vais essayer de pousser plus loin la découverte mais je sens que ça ne sera pas pour tout de suite (ça va être la folie dans les noms quand je me lancerai ^^). D'un autre côté, je crains le pire car Sia a lu les deux tomes suivants et elle a continué à être mitigée donc... Je me ferai ma propre opinion mais je ne m'attends pas à des merveilles XD

      Supprimer
  2. Je confirme les propos de Livre en Livres.
    Ce premier tome est clairement un tome d'introduction.
    L'intrigue n'est qu'à peine esquissée.

    Quant au fait que les descriptions sont "délaissée", ça se comprend bien à la lecture de la saga, où il ne faut pas oublier, comme le dit ton synopsis, seul Ambre est "réelle", les autres mondes n'étant que de reflets.
    Et avec son amnésie, d'Ambre, Corwin ne se rappelle pas grand chose.

    En tout cas, je te conseille de continuer de lire la suite, et de ne considérer ce premier tome que comme un "simple" tome d'introduction... Les intrigues n'étant que de l'apéro ^^.

    Par contre, concernant la plume, c'est un style d'écriture qui continue à perdurer tout au long de la saga.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je me doute bien que la plume évoluerait peu dans la suite ;-)
      Pour la suite, oui, j'ai cru comprendre qu'il faut que je m'accroche pour en découvrir plus. Heureusement que Zelazny a esquissé un mystère autour d'Oberon, c'est probablement ce qui va me pousser à lire le second tome !

      Supprimer