10 mars 2017

Le Feu de Dieu


   
Prévoyant la catastrophe, Franx a convaincu les siens de fortifier le Feu de Dieu, une ferme du Périgord, conçue pour une autonomie totale de plusieurs années. Mais le cataclysme le surprend à Paris et pour rejoindre sa famille, il entreprend une impossible odyssée, à pied dans des ténèbres perpétuelles en compagnie d'une autre survivante, une petite fille muette. Pendant ce temps, dans l'arche transformée en bunker, sa femme et leurs deux enfants se retrouvent sous la menace d'un dangereux paranoïaque qui a pris possession des lieux...


     Choisi par Kyradieuse pour son challenge Pioche dansma PAL, je dois dire que je redoutais à moitié cette lecture après la déconvenue autour de Graines d’immortel. J’ai eu la malchance de tomber sur une nouvelle déception, et je commence à me dire que ce grand nom de l’Imaginaire français n’est pas du tout fait pour moi, alors que ses idées ressemblent pourtant à Ayerdhal, un auteur que j’affectionne particulièrement…
       Je vous préviens, cette critique risque de contenir quelques spoils.

       Ce récit relate l’effondrement de l’humanité par un enchaînement d’effets climatiques présentés dés le premier chapitre de l’œuvre. Ma déconvenue a débuté dés lors que l’auteur décrivait brièvement les multiples failles apparaissant dans notre civilisation, la température en chute libre sur l’espace de quelques heures, etc. Tout se passe si rapidement, si brutalement, que j’ai ressenti un gros manque de crédibilité dans l’ensemble de ces catastrophes naturelles, si bien que je partais dés le début sur une mauvaise impression.
       La suite est tout l’inverse de cette dépêche. L’intrigue se dilate en deux parties enchâssées. La première évoque le long périple de Franx, coincé à Paris pour un enterrement lorsque le drame mondial s’est produit. Lui qui avait protégé sa famille en déménageant loin de toi dans le Périgord, l’ironie du sort l’a placé loin de sa famille alors qu’il avait calculé que les phénomènes climatiques ne surviendraient que dans deux mois. La seconde partie se focalise sur la famille abandonnée, Alice et leurs deux enfants, Zoé et Théo. Accompagnés d’un pervers qui ne vise qu’à profiter de la situation en l’absence de Franx, ils vont vivre l’impossible en espérant le retour de leur mari et père, dont ils n’ont aucune nouvelle.
       Franx sera lui aussi confronté aux déboires de l’humanité dans ce genre de moments. Entre les rats affamés, les cannibales, les humains qui s’entretuent pour un kilo de nourriture ou de chaleur, et la petite fille muette qui le suit, c’est à se demander comment la folie ne le gagne pas. Pourtant, c’est également là des phénomènes anthropologiques courus dans ce genre d’intrigue, donc rien de nouveau qui fasse rêver.
       Le début était long, le reste n’est que lenteur. Pierre Bordage souhaite donner le maximum de lui-même en ajoutant quelques effets comme des journaux intimes, permettant de mieux comprendre la psychologie des personnages, ou encore ce fameux pervers qui complexifie l’intrigue en ajoutant du piquant… Malheureusement, je n’ai rien découvert de neuf dans cette lecture pourtant prometteuse. Ce sont des thèmes et déboires que nous retrouvons suffisamment dans ce genre d’univers, que ce soit en livres ou en films.

       Les personnages sont bien construits et cohérents dans la durée mais mon appréciation positive envers eux s’arrête là. Je n’ai pas aimé le comportement d’Alice, ses enfants m’insupportent et même Franx ne ressort pas indemne de cette épreuve, ayant un comportement parfois obscène si on le juge en prenant en compte sa famille qui l’attend. Jim est une tête à claque, et l’auteur le porte à l’apogée de l’horreur humaine, une apogée qui frise le stéréotype du « bonhomme ».
       Théo, fils de Franx, et Systia, qui accompagne ce dernier, sont quant à eux plus étranges, du fait du mutisme de la seconde et du comportement déplacé du premier. Le mystère plane et c’est surtout cela qui m’a fait tenir jusqu’à la fin.

       L’écriture est quant à elle sympathique. Du point de vue stylistique, je ne rechignais jamais à ouvrir le bouquin. Les phrases sont belles, froides, mais cela correspond parfaitement à l’univers glacial et enneigé. Pas de doute, on plonge d’emblée dans les descriptions et on les imagine parfaitement. La plume fut pour moi le point fort du livre, même si c’est bien maigre…

       En conclusion, ce fut une triste lecture, où seule la plume et un petit mystère autour de deux personnages ont su me faire tenir jusqu’à la fin. L’univers est trop banal, les obstacles sont courus d’avance dans ce type d’intrigues et les personnages ne dégagent rien si ce n’est une tension perpétuelle. Je ne fus pas du tout emballée et j’ai du mal à croire que Pierre Bordage est un auteur fait pour moi. Je persisterai quand même avec d’autres titres à la moyenne plus élevée sur Livraddict…



08/20



2 commentaires:

  1. Je n'ai pas trop l'habitude de lire ce genre de romans donc le côté banal ne m'a pas autant dérangé.
    J'en garde un plutôt bon souvenir, qui m'a donné envie de découvrir d'autres titres plus connus de l'auteur.

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    1. Oui, je comprends que certains adhèrent plus facilement s'ils ne sont pas habitués. Et je ne doute pas que d'autres oeuvres de l'auteur soient plus intéressantes (faut juste que je tombe sur les bonnes :P). En tout cas, j'espère que l'auteur te plaira encore, à l'avenir :)

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