9 avr. 2019

Aeternia, tome 2 - L'envers du monde




C’est l’heure du duel décisif entre les deux camps qui s’entredéchirent pour la cité mère de Kyrenia. Deux champions vont s’affronter sur le sable de l’arène, un combat qui peut faire basculer le destin d’un peuple entier. Mais quelques heures à peine avant le coup de gong, le culte du Prophète a perdu son champion. Qui affrontera le Corbeau, redoutable gladiateur du Temple ?
Déchirée par les luttes de pouvoir, la plus grande cité du monde est au bord de la guerre civile. Le culte millénaire de la Grand déesse, menacé par celui d’Ochin qui se répand comme un raz-de-marée, n’a plus qu’un recours : la violence. Entre complots, combats et trahisons, chacun lutte pour sauver sa place et parfois sa vie…



Pourquoi ce livre ? Je redoutais énormément cette lecture. Si le premier tome fut une lecture excellente, à de multiples reprises on m’a certifié que les fins de saga de cet auteur étaient assez décevantes. Aeternia ne compte que deux tomes, j’ai mis deux ans, à quatre jours près, pour finir ce diptyque pourtant court…

Le début ne commence pas si mal. Au vue de la fin du précédent volume, j’étais persuadée que l’auteur allait reprendre là où il nous avait laissés. Que nenny ! Nous voilà projetés dans un souvenir de Desmeon, raconté plus tard dans l’intrigue. Voilà de quoi nous replonger dans les travers de cet univers, en exposant le héros et sa situation. Très vite toutefois, nous reprenons le cour des événements. Leth Marek, le champion du nouveau culte religieux, vient d’être assassiné et son corps n’est pas encore totalement refroidi que les offrandes pleuvent. Et Desmeon, second héros de cette histoire et gladiateur d’origine, change de statut, allant de mercenaire à champion d’Ochin, alors qu’il n’a aucune croyance.
De là, tout s’affole, tout s’écroule, tout écœure. Gabriel Katz insuffle avec violence sa vision de la religion, des sectes qui vampirisent des innocents dans le but de les envoyer à l’abattoir et ainsi obtenir plus de pouvoir. J’ai grimacé à plusieurs reprises sous la violence des descriptions, qui ne laissent pas indifférents : si vous ne grimacez pas, l’effroi vous affectera malgré tout. Parfois, j’ai ressenti comme l’impression que l’auteur en faisait trop. Pourtant, tout détail contribue à rendre les scènes cohérentes, réalistes, on y croit, on s’y voit, donc ça fonctionne. De plus, ces scènes d’horreur rendent le propos comme la lecture plus percutants, inscrivant la saga profondément dans les souvenirs. Je peux vous assurer que je n’y étais pas préparée et que je m’en souviendrais longtemps !
Les rebondissements fleurissent partout. Dans cette guerre entre le Temple, vieux culte inscrit à Kyrenia rendant hommage à la Déesse, et Ochin, culte naissant, les plus forts s’arrachent la part belle quand les plus faibles sont remisés au rang de simple bétail à sacrifier. Les révélations sont fortes, les rebondissements donnent du rythme, ça nous happe et nous entraîne jusqu’à cette fin, ouverte, frustrante. Finalement, je craignais cette lecture mais elle ne m’a pas déçu, n’ayant rien à lui reprocher si ce n’est le trop plein de déchaînements violents.

Les personnages sont toujours aussi forts, piquants, grinçants, drôles ou à baffer. Desmeon reste mon personnage préféré. Il a cette humour qui décoiffe, même dans les situations où il risque sa vie. Pourtant on découvre une autre facette de sa personnalité, quand le découragement est total. La coquille se creuse et la vie s’échappe par tous les pores. Varian change également. S’il recherche toujours le pouvoir, ce conflit religieux semble lui mettre une claque entre les esgourdes.
Nessirya, la jeune prêtresse métisse, a confirmé mon antipathie envers elle. Si ses grands sourires présentent un caractère jovial et tolérant, c’est finalement une ruse pour tromper l’ennemi, comme le ferait un serpent. L’un de ses derniers actes m’a sincèrement donné envie de la tuer !
Une pensée pour Leth Marek qui, même dans la mort, est utilisé à toutes fins… C’est horrible, j’ai grincé des dents en découvrant son sort.

Finalement, aucune figure manichéenne ne se présente ici. Gabriel Katz parvient à nuancer les caractères de sorte à ce qu’elles apparaissent dans une certaine neutralité. Loin d’être désagréable, j’ai bien apprécié cette surprise qui s’opposait aux rumeurs entendues çà et là quant à ses fins de saga.

La plume est toujours efficace. Si le rythme est déjà soutenu au regard des chapitres qui se tournent tout seul, étant donné l’action qui s’y déroule, la légèreté de la plume, la simplicité du lexique, permettent une lecture fluide et limpide, que rien n’arrête (si ce n’est la reprise du travail). D’ailleurs, il me reste un pauvre chapitre à lire et je n’au pas eu le temps de m’y atteler entre midi… Je suis restée frustrée toute l’après-midi !



Je redoutais cette lecture, je n’aurai pas dû. Gabriel Katz, loin de détruire les bases de ce culte naissant, lui confère de la matière tout au long du déroulement de son intrigue, présentant les bons et mauvais fonds d’une croyance au travers de son existence, si courte est-elle ici. Les personnages sont forts, attachants ou repoussants, les méchants sont nuancés de sorte à ce qu’ils ne fassent pas trop machiavéliques.. L’intrigue est rythmée, portée par une plume fluide et efficace. Ma dernière mention sera pour la violence des faits, qui empêchent un public jeune d’accéder à ce second volume. Je le dis franchement : âme sensible s’abstenir !



17/20




Les autres titres de la saga :
1. La marche du prophète
2. L'envers du monde
- saga terminée -


2 commentaires:

  1. Il faudrait aussi que je finisse cette série... seulement 2 tomes en plus c'est rare !

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    1. Oui, tout à fait ! Puis les deux tomes se valent donc si tu as aimé le premier, y'a aucune raison que tu n'apprécies pas le second, même s'il bascule vraiment dans la violence ;)

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