30 juil. 2020

Tepuy




Venezuela. Une jeune femme se réveille au milieu de la jungle, seule, amnésique, blessée, reliée à un parachute. Autour d’elle, à perte de vue, la végétation… et le grésillement d’un talkie-walkie. Très vite, la jeune femme comprend qu’elle n’est pas aussi seule qu'elle le croyait : de drôle de prédateurs rôdent au cœur de la jungle, des miliciens armés jusqu’aux dents, et déterminés à déterrer des secrets depuis longtemps oubliés…
À quelques milliers de kilomètres de là, en Floride, le détective privé Clinton Fisher est embauché par le propriétaire d’un aérodrome pour retrouver un avion volé. Son enquête le mènera bien plus loin qu’il ne l’imagine, jusque dans les méandres des multinationales pharmaceutiques…



Pourquoi de livre ? L’appel entre la couverture sublime, l’éditeur connu et apprécié et le résumé prometteur ont poussé, dès sa sortie ce qui est rare pour être souligné, ce livre dans ma PAL. Il aura traîné moins de deux mois !

Tepuy nous offre un décor oscillant entre thriller et science-fiction - très légère, je vous rassure - original. Un tepuy est une sorte de relief, ou plutôt un énorme plateau d’un diamètre de plusieurs kilomètres, aux bords abrupts (en gros, la chute est mortelle) et qui présente tout un écosystème à part entière. Une source de recherche pour les biologistes en quête de trouvaille, une source d’imagination pour des auteurs en quête d’un nouveau terreau.
François Baranger s’engouffre dans cette brèche avec une conviction parfaite. Le début nous propulse dans ces conditions hostiles, aux côtés d’un personnage amnésique suite au crash de son avion. La tension gronde dès les premières pages et je peux bien avouer que j’ai été tenue en haleine une part importante du roman. Entre les choses étranges qui se terrent sur ce tepuy et le malaise général de l’héroïne et des personnages qu’elle rencontre, il y a de quoi entretenir l’intérêt.
Sauf que j’ai trouvé que l’intrigue, bien amenée avec un rythme rendu parfait par la précision des heures, est pour autant trop convenue. Aucun élément ne m’a surprise et si les choses s’enchaînent bien, c’en est presque un peu lisse. Par ailleurs, l’enquête qui se déroule aux Etats-Unis est à mon sens trop effacée. Certes, elle ne ferait pas énormément avancer les choses au Venezuela, peut-être aurait-elle cassé le rythme, mais là aussi il y avait des personnages à bout de souffle dont l’état d’esprit aurait été intéressant à suivre.

Je critique l’intrigue de manière générale pour sa facilité. Cependant je souhaite faire ressortir l’étendue des capacités de l’auteur à semer quelques termes scientifiques, soutenus, dans la légèreté de son ton et de sa narration, de sorte à crédibiliser totalement son récit. Je ne sais si les choses présentées sont réelles ou non, et peu m’importe au final. Il a su donner corps à ce micro-système et on y croit sincèrement, ce qui est à mon sens primordial.

La fin ne m’a donc apportée aucune surprise mais me convient quand même. On retrouve le ton léger, avec un petit pincement au coeur de quitter certains. Et les derniers mots laissent une opportunité vers un ailleurs… ou un retour dans l’univers, qui sait ?

L’amnésie du début a quelque peu freiné mon attachement envers certains d’entre eux. Puis j’ai su apprécier le trait de caractère indépendant et aventurier de Ruzena, la pilote et professionnelle des sensations fortes. Elle envoie du punch et une envie de se battre qui participent au rythme de la narration. Le petit jeu de son comparse Chris ne m’a laissé aucune surprise, et ce dès sa première parole. Je n’ai donc jamais su l’apprécier. Quant au frère de Chris, Edward, il a ce côté discret qui équilibre parfaitement avec le tempérament de Ruzena, si bien qu’ils forment un couple très mignon.
Côté nord-américain, j’ai bien évidemment apprécié le détective, Clinton Fisher, et proprement détesté les gros portefeuilles qui n’ont plus de coeur. Je note néanmoins un petit changement d’appréciation pour Jim, peut-être la chose qui m’a le plus surprise !

La couverture, également signée François Baranger, m’a permis de bien visualiser l’environnement dans lequel on évolue, en plus d’être magnifique. C’est super d’avoir accepté que l’auteur puisse lui-même illustrer son roman. Bon, après le talent ne s’invente pas, il écrit aussi bien qu’il dessine et cela aurait été con de passer à côté de cette merveille visuelle !

Et donc je reviens sur la notion des genres auxquels on se confronte dans ce roman. Si le thriller est omniprésent et pourra ravir les fans du genre, l’étiquette science-fiction que je me sens capable de coller sur ce livre ne rendra pas forcément compte de la discrétion du genre dans ce roman. Car si sa présence fait progresser l’intrigue en étant au coeur de l’action, ce n’est pas non plus ce qui forge l’intérêt ni du propos ni de l’intrigue, malgré une technologie à la pointe ! Tout ça pour dire que ceux qui n’aiment pas forcément voguer dans le futur proche ou lointain n’ont pas de bile à se faire, c’est trop discret pour vous gâcher la lecture.



J’en attendais peut-être beaucoup, ou bien je m’attendais à quelque chose de différent. Je pense avoir moins aimé ce livre que prévu, même si j’ai tout de même su l’apprécier. Le rythme est constant et ne manque pas de panache, débutant dès les premiers mots au travers les pensées et sensations d’une femme amnésique. Le milieu hostile et les secrets des uns va amener une tension percutante, accélérant le rythme de lecture. J’ai été happée, malgré une intrigue par trop convenue et des personnages qui manquent de peps en dehors de l’héroïne principale. J’ai bien aimé et il me tarde de découvrir Dominium Mundi, qui me semble bien plus original dans son récit.



14/20





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